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Pour les fétichistes de la pâte à papier, disponible en librairie :

Ce blog comprend plusieurs parties: tout d'abord une série d'articles qui peut vous permettre de mener à bien l'écriture d'un roman. Libre à vous de suivre ou pas les conseils que vous y trouverez. Il n'y a pas de recette miracle. Il a y cependant un certain nombre de choses à éviter qu'il est utile de connaître avant de se lancer dans une telle entreprise. Aucune langue de bois ici, mais plutôt une vision de la problèmatique, certes parfois très colorée, mais qui a le mérite de la franchise.
 
Ensuite, la possibilité pour l'auteur en devenir de déposer des textes courts afin que les internautes donnent leur avis ("Avis sur texte")
Enfin, des articles traitant de l'actualité littéraire, vue sous un angle original (ou qui tente de l'être).

Nous attendons évidemment vos réactions.

Aloysius Chabossot 


Bouche à oreille

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Jeudi 21 février 2008
J'ai été interrogé par Thomas Chauvineau de France Inter samedi dernier dans le cadre  de l'émission Eklectic. Ce grand moment de bonheur radiophonique (je m'avance un peu, je n'ai évidemment pas entendu le résultat)  passera sur les ondes  samedi 23 à 11 heures. Enfin, à peu près... En fait je crois que c'est plus près de la fin de l'émission, c'est-à dire midi... En fait j'en sais rien...

En fait, ça n'a pas beaucoup d'importance !


EDIT :
Si vous avez malheureusement raté ce moment  inoubliable, voici l'occasion de vous rattraper à bon compte :  cliquez ICI pour télécharger le fichier RAM  de l'émission (il faut realplayer ou mieux : Windows Media Classic).

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Lundi 11 février 2008

Aujourd’hui, un lecteur insatisfait. Le courrier commence directement.

 Immense écrivain et poète, doté d’une culture prodigieuse et d’une qualité de réflexion incomparable, je suis à la tête d’une œuvre colossale qui ne compte pas moins de 85 volumes, tous édités dans les plus prestigieuses maisons d’édition (mais dont vous n’avez bien sûr jamais entendu parler, insignifiant inculte que vous êtes) à un nombre d’exemplaires frisant la démence. Mes thèmes de prédilection sont très variés : promenade dans les bois, dîner entre amis, sortie en boîte, cinéma, et j’aime à les essaimer dans la profusion des genres que m’offre l’écriture : essais, romans, poèmes, épopées, liste de courses, cartes postales, rapports financiers… Tout est bon pour moi tant mon inspiration, que dis-je, ma voracité créative, ne connaît aucune limite.
 Par ailleurs, afin que le tableau soit achevé, je dois à la vérité de dire que le jour de ma naissance les Dieux se sont donné rendez-vous autour de mon berceau afin de parer ma personne de toutes les vertus que la terre puisse décemment porter. Ainsi chacune de mes apparitions en public est l’occasion de manifestations grotesques d’adoration mystique tout à fait déplacées, j’en conviens. Néanmoins, il m’arrive parfois, lorsque je me sens d’humeur badine, d’accorder quelques instants d’attention à une créature repérée pour sa beauté dans le tas informe de larves idolâtres qui rampent à mes pieds. A ce titre on ne compte plus mes conquêtes féminines, toutes des créatures de classe internationale qui me tombent dans les bras avec toute l’insolence de leur jeunesse, dans l’unique et fol espoir que je leur lise de ma voix chaude et délicatement timbrée quelque extrait de mon œuvre pris au hasard des pages, tandis qu’elles se prélassent, un verre de pink champagne à la main sur une peau d’ours fraîchement dépecée (mais lavée).
 Après cela, dire que je côtoie les grands de ce monde apparaît comme purement accessoire, mais pourquoi après tout le cacher ? Oui, les problèmes gastriques de Jacques Attali n’ont plus de secret pour moi, oui j’ai offert sa première guitare à la fille adoptive de Johnny (celui-ci s’est d’ailleurs exclamé à l’ouverture du paquet cadeau : « Mais elle est bien trop petite pour jouer au tennis ! »), oui, c’est moi qui ai recueilli les dernières paroles de François Mitterrand sur son lit de mort (« tu peux ouvrir la fenêtre, j’ai… » Il n’a pas eu hélas le temps de finir, mais connaissant mon François, je pense qu’il avait chaud). Oui tout cela est vrai, et le reste aussi.Mais que sont l’amour, la gloire et la beauté lorsque qu’une petite chose insignifiante se refuse à vous, injustement ? Et quelle est cette chose infime qui ose encore me résister ?Allons ne fais pas l’innocent, Chabossot, infâme crapule pétrie de la plus abjecte des jalousies, pourfendeur du véritable génie par la seule volonté de sa rancœur tenace.

Des faits ! Des faits ! Nous y voilà ! Depuis que tu as ouvert ta rubrique « Avis sur texte », vieillard priapique et analphabète, je n’ai eu de cesse de t’envoyer quelques-unes de mes sublimes créations dont je pensais que tu les livrerais aussitôt à l’admiration bêlante de la foule extatique qui te sert de lectorat. Mais en lieu et place d’une publication qui aurait serti d’un joyau de la plus pure espèce le misérable blog où se répand la répugnante diarrhée verbale qui te tient lieu de prose, un petit mail laconique et mesquin où l’on pouvait lire « Vos poèmes sont ennuyeux ». Ennuyeux, mes poèmes ? Ah crapule ! Je te mets au défi :

Ose donc publier ces quelques vers que je viens de composer en l’honneur de ma bien-aimée, ose affronter, homme pleutre, les trombes de commentaires superlatifs qui envahiront aussitôt ta minable gargote numérique !

Monsieur, je ne vous salue pas

 Vanceslas de Tiffubery de la Gouillardière

PS : Voici le poème :

 

Mon canard

 

Mon canard est le plus beau des canards

Et quand je le vois gigoter dans sa marre

Majestueux et fier comme un coq de bruyère

J’ai le cœur qui bondit dans la verte clairière

Et je lui cours après, déposer un baiser

Sur son beau bec fin, délicatement ourlé

 ____________

 


Cher Vanceslas,
 

 Sachez que de confiance, j’admire le grand auteur que vous êtes, et le rouge de la honte me monte au front à l’idée de n’avoir jamais entendu parler, pauvre inculte que je fais, d’une telle sommité des lettres.Toutefois, si le contenu de vos 85 volumes ressemblent de près ou de loin au poème que vous avez eu la bonté de transmettre, je n’aurai qu’un conseil à vous donner : prenez le maquis. Car en ce moment même, il est plus que probable qu’un bataillon armé de Green Peace soit à vos trousses, avec comme motif de condamnation: « Participation active à la déforestation de l’Amazonie pour des motifs irresponsables et futiles ".

En effet, que dire de vos vers ? Comparer un canard à un coq de bruyère, oui, effectivement, il fallait l’oser. Mais vous auriez cependant pu l’oser en toute intimité, sans déranger personne, non ? 

Votre bien dévoué, 

AC

   

PS : Ah !Oui, un deuxième conseil tout de même : vraiment, prenez le maquis. Car si votre « bien-aimée » apprend incidemment que vous la comparez à un « canard » qui « gigote dans sa marre », croyez bien qu’à côté des sévices qu’elle vous fera endurer, le peloton d’exécution de Green Peace vous semblera comme une savoureuse gâterie.

canard.jpg
 
 Madame de Tiffubery de la Gouillardière au bain

 

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