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Présentation

Pour les fétichistes de la pâte à papier, disponible en librairie :

Ce blog comprend plusieurs parties: tout d'abord une série d'articles qui peut vous permettre de mener à bien l'écriture d'un roman. Libre à vous de suivre ou pas les conseils que vous y trouverez. Il n'y a pas de recette miracle. Il a y cependant un certain nombre de choses à éviter qu'il est utile de connaître avant de se lancer dans une telle entreprise. Aucune langue de bois ici, mais plutôt une vision de la problèmatique, certes parfois très colorée, mais qui a le mérite de la franchise.
 
Ensuite, la possibilité pour l'auteur en devenir de déposer des textes courts afin que les internautes donnent leur avis ("Avis sur texte")
Enfin, des articles traitant de l'actualité littéraire, vue sous un angle original (ou qui tente de l'être).

Nous attendons évidemment vos réactions.

Aloysius Chabossot 


Bouche à oreille

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Samedi 28 juin 2008

Chez un éditeur classique, plus de 50% du prix de vente d’un livre est consacré à la diffusion. Car il ne suffit pas d’être édité, encore faut-il être « accessible », c’est-à-dire présent sur les étales des librairies de France et de Navarre. C’est  précisément pourquoi des hordes de représentants grassement payés sillonnent l’immense superficie de notre territoire afin de caser aux libraires qui n’en peuvent mais les toutes dernières nouveautés. (« Comment j’ai réussi à soigner mon rhume » par Frédéric François, etc.) Enfin… tout ça se passe chez un éditeur classique… Chez Bénévent, éditeur déjà nettement moins classique, puisqu’il s’agit avant tout de « compte d’auteur » qui s’ignore ( Pour tout dire, c’est l’auteur qui ignore ou qui feint d’ignorer, car pour leur part, les éditions Bénévent savent très bien dans quel marigot elles évoluent…) la promotion revêt un tout autre aspect. En effet, chez eux on a choisi de s’en remettre au précepte biblique « Aide-toi, le ciel t’aidera » qui, à défaut de donner des résultats probants, permet de réduire sensiblement les coûts, puisque c’est l’auteur en personne qui est chargé de tout : démarchage auprès des libraires, commandes, etc. Soyons honnête cependant : une énorme promotion est tout de même assurée par les éditions Bénévent, puisque le livre apparaît sur leur site et peut même être commandé ! Sachant que l’auteur a tout de même versé quelques milliers d’euros pour la publication de son œuvre, on dira gentiment que c’est la moindre des choses !

FW, dont nous tairons le nom, en sait quelque chose, lui qui a imprudemment signé un contrat avec eux. Toutefois, rusé comme un lapin, il a enregistré sa conversation avec directeur de Bénévent, qui lui explique benoîtement les techniques marketing de la boîte.

Vous pouvez entendre cette instructive conversation en cliquant ICI

 

Du vent pour les benêts ?



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Vendredi 27 juin 2008

Je reproduis ci-dessous l’échange entre un aimable lecteur de ce blog et un directeur de collection de L’Harmattan, maison d’édition reconnue qui publie « 30 nouveaux ouvrages par semaine » selon son site Internet. A priori, il s’agit uniquement de compte d’éditeur. A priori seulement, puisque la lecture du contrat laisse apparaître à ce sujet une petite surprise…

Face au refus poli mais ferme de notre honorable lecteur de souscrire à de telles pratiques, le directeur de collection se justifie comme il peut, avec un argument aussi discutable que la phrase est alambiquée (ladite phrase est en gras et en italique, au cas où certains auraient du mal à trouver). Notons toutefois pour être tout à fait juste qu’il n’a pas tout à fait tort, dans le fond : le roman, français de surcroît, se vend très mal (sauf quelques exceptions que tout le monde connaît).

Cet échange de mail s’est étalé entre janvier et juin 2008.

Je précise que, bien évidemment, tout est vrai dans cet échange. J’ai juste enlevé les noms).

 Si vous aussi vous avez eu des échanges de mails instructifs ou cocasses avec un éditeur ou assimilé, envoyez-les moi pour que je les publie.

 ************

Cher Monsieur,

Suite à votre lettre du 30 janvier concernant mon roman, je me permets de vous demander si vous avez eu le temps de procéder à une lecture complète.
bien cordialement,

Cher Monsieur,
Je suis heureux de vous informer que parmi le petit nombre d'ouvrages que j'ai décidé de retenir, le vôtre a reçu un avis favorable à la publication.
Désormais, votre dossier passe par le service littérature qui vous expédiera un pli comportant vos contrats et d'autres informations. Celui-ci est très bousculé ces derniers temps, attendez donc patiemment ledit pli : il vous parviendra.
Je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

 
Cher Monsieur,
Bien reçu le contrat.
Je suis d'accord sur tous les points sauf un. Je ne souhaite pas m'engager pour l'achat de 50 exemplaires. En espérant que ce point n'invalide pas votre proposition de publication.
Bien cordialement,

 
Cher Monsieur,
Si je comprends votre point de vue, je ne peux le valider : l'achat des 50 exemplaires permet à l'éditeur de couvrir symboliquement une partie importante des frais et des risques qu'il engage sur la publication de textes que rien ne permet de penser qu'ils le soient sinon dans l'absolu, du moins à moyenne échéance, la vie des livres étant ce qu'elle est de notre temps.
Cette clause fait partie du contrat L'Harmattan pour tout ce qui est création littéraire, c'est-à-dire la partie la moins rentable de la maison et celle qui est, par essence, risquée. Si risquée que les romans sont devenus partout inéditables, ou s'ils le sont c'est dans la proportion de 1/3000 : le public français boude la production de ses créateurs romanesques.
Il n'est pas possible de revenir sur elle, car je ne vois pas au nom de quelle exception, une injustice serait commise à l'endroit des auteurs qui y souscrivent. De toute façon, un directeur de collection n'est pas en mesure d'amender une des parties du contrat.
Il vous appartient d'accepter ou de refuser, et l'éditeur dispose aussi de cette faculté.
Croyez-moi, cher Monsieur, bien cordial.

 

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