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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 12:16
L'auteur de ce texte est un jeune imbécile au parcours plutôt chaotique : après un baccalauréat de gestion, obtenu avec la mention, il est allé chauffer les bancs de l'Université de Gestion commerciale, avant de se rendre compte qu'il était plus littéraire que vendeur. Il a donc fait tout ce qui était en son pouvoir pour intégrer la prestigieuse faculté de langues et de lettres de La Rochelle, où on l'attendait donc à arriver en septembre 2007. Mais c'était sans compter sur le fait qu'il s'est découvert une passion incontrôlable pour la charcuterie dans l'été. Puisque vous avez tout suivi, vous savez donc que vous avez en face de vous un grand malade, qui se prend à la fois pour un comptable, un interprète et un charutier, le tout en même temps, et qui, en plus, écrit des textes à n'en plus finir. A vous de juger de son état de santé mentale.

P.S. : Avant de juger l'auteur un peu trop vite, sachez aussi que, accessoirement, c'est moi, l'auteur.



       Un jour, alors qu'il était dans sa chambre pleine de journaux jaunis par le temps, recherchant sur internet les dernières informations transmises, Sylvain aperçut une souris bizarre se faufiler dans sa chambre : le rongeur était vert et bleu à pois marron. Le jeune garçon de 13 ans, poussé par sa curiosité, décida de l'attraper pour mieux l'examiner. La souris le vit se lancer à sa poursuite.

       Pour le semer, elle zigzagua entre les deux écrans d'ordinateurs posés sur son large bureau, pénétra dans l'armoire pleine de vêtements et en ressurgit par un petit trou dans le fond. Sylvain, déboussolé, regarda dans tous les sens et aperçu la fine queue du rongeur disparaître dans le miroir. Surpris, le jeune s'approcha d'un pas craintif de son reflet. Fait étrange : ce n'était pas lui qu'il voyait sur la surface froide, mais une nature luxuriante. De plus en plus stupéfait, il posa la main sur son miroir pour comprendre. A l'instant même où sa peau entrait en contact avec le verre, une autre main, translucide, elle, l'accrocha au pied pour l'expédier dans ce paysage. Il observa du mieux qu'il put, et se rendit compte qu'aucun être humain n'y avait jamais mis les pieds. Après avoir observé le lointain, il reporta son attention sur une absurdité comme il n'en avait jamais vue : un rocher avec des yeux. Assis sur ce rocher, un sorcier, facilement reconnaissable à son grand chapeau pointu, à son balai volant. Le plus surprenant étant encore que sa peau était assorti à ses vêtements, c'est-à-dire vert petit pois. Le seul élément de visible de son corps qui n'était pas vert était sa paire d'yeux, qui, eux, étaient rouges. Semblant s'impatienter, le nouveau venu s'exclama :

-          Bienvenue dans le monde de Fables !

-          Que c'est-il passé ? Qu'est-ce que ce monde de dingue ? Et d'abord pourquoi voles-tu ? Où est-on ?

-          Tu m'écoutes quand je parle ou quoi ? Je viens de te dire : « Bienvenue dans le monde de Fables !!!!! »

-          Ah ! Ok ! Merci ! Et ce n'est pas la peine de me percer les tympans ! Il me reste une question : que fais-je là ?

-          Bonne question. Mais à mon avis, la soureuse qui vient d'apparaître n'est pas totalement étrangère à tout cela.

-          La quoi ?

-          La soureuse : une souris verte et bleue à pois marron. C'est très bon, mangé avec de la crème fraîche. Les soureuses ont l'habitude de jouer des tours au gens pas très malins dans ton genre.

-          Pas très malin ?

-          Arrête de vouloir paraître intelligent ! j'ai dû te répéter tout ce que je t'ai dit au moins deux fois !

-          Mais où est elle partie, cette souris ?

-          La Soureuse est partie dans les bois, là bas, au nord.

-          Je dois la suivre !

-          Dans ce cas là, j'y vais aussi. Avec ton intelligence, tu ne tiendras pas deux minutes tout seul ici !

-          Je n'aime pas trop ta façon de parler, mais je crois que je n'ai pas le choix. Alors allons-y !

 

       Les deux compagnons démarrèrent donc, se dirigeant vers l'orée du bois. A peine entrés dans sous les arbres, un léger tintement se fît entendre. Le sorcier vert parut tout à coup beaucoup plus tendu qu'un instant auparavant. Sylvain lui demanda ce qu'il se passait, mais il répondit que tout allait bien. D'ailleurs, le tintement s'éloignait déjà et était passé à la frontière de l'inaudible, et le vieil homme se calma.

       Une centaine de mètre plus loin, le bruit léger s'intensifia, et Iglesia (c'était le nom du sorcier, Sylvain l'avait appris en discutant avec lui) parut s'affoler à nouveau.

       Cette fois-ci, le jeune homme insista pour savoir ce qui se passait, mais son compagnon lui répondit à nouveau que tout allait pour le mieux. Seulement, à la seconde même où il finissait sa phrase, le tintement grandit, à tel point que les deux compagnons de routes durent se boucher les oreilles. Lorsque ce vacarme fut le plus insupportable, Sylvain distingua des scintillements furtifs dans les arbres, et qui ne semblaient pas être dû à des reflets du soleil.

       En observant mieux, il vit que les scintillements avaient une étrange forme humaine. En écoutant mieux, il comprit que les tintements étaient en fait des voix suraigües qui piaillaient en continu. Malheureusement pour lui, il ne saisit ce dernier détail que lorsque des milliers de minuscules voix crièrent à l'unisson : « A l'attaque ! »

       Toutes les minuscules fées fondirent alors sur Sylvain et Iglesia, pour leur tirer les cheveux et les oreilles, pincer leurs joues où encore nouer leurs lacets entre eux pour les faire tomber.

       Nos deux héros parvinrent tout de même à avancer, mais ce harcèlement continu leur fit perdre le sens de l'orientation, et Sylvain comprit encore une fois trop tard où elles tentaient de les mener : une gigantesque mare de boue collante et puante.

       Ce qui devait arriver arriva : les jeunes gens atterrirent tête la première dans la fange, sous les trillements de rire des fées.

 

-          Tu savais ce qui se passait, n'est- ce pas ?

-          Oui, mais si on ne prête pas attention aux fées, elles n'attaquent pas. C'est parce que tu as écouté ce qu'elles disaient qu'elles nous ont harcelés. Elles détestent les malpolis.

-          Mais je ne savais même pas qu'elles parlaient ! Je cherchais juste à savoir ce que c'était que ce tintement !

-          Peut-être, mais toujours est-il que tu les as énervées. Et ne comptes pas sur moi pour les calmer. Je déteste ces petites pestes. Tu n'as qu'à te débrouiller tout seul !

 

Prenant son courage à deux mains, Sylvain s'adressa donc aux fées déchaînées :

-          Excusez-moi de vous avoir écouté, mais je ne comprenais pas d'où venez ce joli chant ! Je pensais entendre un concert de clochettes !

-          Traites-nous d'idiotes, pendant que tu y es !

-          Excusez-moi encore une fois, mais dans le monde d'où je viens, il n'y pas de fées, et je n'ai compris que trop tard que vous étiez des personnes intelligentes. C'est pour cela que je n'ai pas pu savoir que vous parliez.

-          Dans le monde d'où tu viens ? Tu viens d'un autre monde ?

-          Eh bien oui, c'est une soureuse qui m'a mené jusqu'ici, en traversant un miroir...

 

Le tintement se mua en bourdonnement comme il finissait sa phrase.

 

-          Un être venant d'un autre monde, amené par une soureuse ? Ce pourrait il que ce soit...

-          Impossible, il a l'air beaucoup trop bête...

-          Eh j'ai entendu ça ! protesta Sylvain

-          Et en plus il nous comprend lorsque nous parlons dans notre langue.

-          Et n'oubliez pas qu'il est arrivé avec lui...

-          On devrait lui en parler alors...

-          Tout à fait d'accord !

-          Dans ce cas... Sylvain, nous avons une mission à te confier.

-          Une mission à me... une minute, comment connaissez vous mon prénom ?

-          Ne nous interromps pas ! Tu vas devoir sauver le minipeuple du minityran !

-          Minipeuple ? Minityran ?

-          Je t'ai dit de ne pas nous interrompre ! Ramènes le Sel de roche, et anéantis le minityran !

 

A la fin de la syllabe « ran », Sylvain s'est senti aspiré vers le haut : des centaines de fées le tiraient pour l'extraire de la boue, et l'envoyer voltiger au dessus de la cime des arbres. Après quelques secondes d'apesanteur enivrantes, la gravité reprit ses droits, et s'appliqua à le rappeler au sol de manière accélérée. S'attendant à une chute cuisante, il se roula en boule, pour atterrir en souplesse sur le sol pierreux... et rebondit dessus comme sur comme sur un trampoline.

En se relevant, il vit une fée, le toisant à deux mètres de lui : « Crois moi, si tu veux retourner dans ton monde, tu n'as pas intérêt à échouer ! »

Et elle repartit en volant vers la forêt.

Sylvain fit alors un bilan de ce qui venait de lui arriver : se retrouvant projeté dans un univers qu'il ne connaissait pas, il devait maintenant chercher un Sel de roche dont il ignorait jusqu'à l'aspect, pour détrôner un minityran qu'il ne connaissait pas mieux, afin de libérer un minipeuple encore plus énigmatique. Et en plus il avait perdu Iglesia, qui aurait pu lui apporter une aide précieuse.

Alors qu'il se morfondait sur sa situation plus que désastreuse, il aperçut un éclair vert et bleu teinté de marron filé entre les fourrés : la soureuse !

Cette fois-ci, il ne la laisserait pas filer ! Bien décidé à la poursuivre sur des kilomètres, rusant pour la dénicher dans des endroits impossibles à détecter pour l'œil humain, il se précipita dans les buissons où venait de disparaître le rongeur... pour le découvrir sagement assis sur son derrière, semblant attendre que Sylvain approche. Le héros la prit dans ses bras, pour se rendre compte que le petit animal était assis sur un petit flacon étiqueté, avec une sorte de poudre blanchâtre à l'intérieur. Se sachant dans un monde tout à fait absurde où la pierre la plus dure se transforme en caoutchouc si elle le veut, c'est sans surprise qu'il lut sur l'étiquette, griffonné d'une main hésitante : « Sel de roche ».

Ça faisait toujours ça de moins à faire. La soureuse juchée sur son épaule et le bocal de Sel de roche dans la main, Sylvain reprit donc son chemin, pas réellement sur de la direction à prendre.

 

Une heure plus tard, il tournait en rond, depuis qu'il s'était perdu dans la montagne. Il sentit la première goutte tomber lorsque son ventre commença à lui signaler qu'il avait faim. Seulement la goutte n'était pas venue seule : elle précédait seulement toutes ses sœurs jumelles qui venaient du nuage noir qui surplombait le mont. Heureusement pour le jeune homme, la soureuse repéra aussitôt une cavité à fleur de rocher. L'antre semblait profonde et humide, mais il pouvait rester à l'entrée. En cherchant dans les coins de rochers, il découvrit des vivres, prouvant que le lieu avait déjà été visité. Tenaillé par la faim, il mordit dans ce qui ressemblait à une cuisse de poulet, lorsqu'un grognement sourd surgit du fond de la caverne, précédant la chose qui venait de se réveiller. Et la chose en question avait grossièrement la forme d'un ours, avec une dentition de loup, et à la place de la fourrure une épaisse armure de pierre.

Sylvain n'eut pas à réfléchir longtemps avant de comprendre qu'il ferait mieux de courir, et d'ailleurs ses jambes avaient du le comprendre avant lui puisqu'il galopait déjà hors de la caverne. Son premier contact avec la soureuse lui revenant en mémoire, il slaloma entre les énormes rochers qui bordaient la montagne, sauta par-dessus un buisson, avant de s'apercevoir que celui-ci cachait un énorme gouffre. Ne sachant toujours pas voler depuis la forêt des fées, il tomba.

Cette fois-ci, point de sol rocailleux pour l'accueillir, seulement une rivière de lave. Croyant une nouvelle fois son heure arrivée, il ne prit pas la peine de se roule en boule comme la première, mais rebondit tout de même sur la surface brûlante, sans aucun dommage pour lui, ni pour la soureuse qui était restée accrochée à son épaule, et encore moins pour le Sel de roche qu'il gardé bien enfermé dans son bocal, lui-même maintenu dans le poing du jeune garçon.

Sautant sur ses pieds, il vérifia d'abord si la créature ne l'avait pas suivi, et apparemment, la grosse bête n'avait pas osé sauter.

Marchant sur la lave comme sur un sentier de promenade, il atteint enfin une berge de pierre solide, où il aperçu de petits êtres qui travaillaient sous la surveillance zélée d'autres personnages tout aussi petits, à la manière des Egyptiens de l'Antiquité. D'ailleurs, un « pharaon » se tenait sur un trône, d'où il observait Sylvain dans toute sa hauteur.

-          Que fais-tu dans mon royaume, géant ?

-          Je cherche quelqu'un qui pourrait se faire appeler le minityran.

-          Il n'y a pas de minityran, ici, seulement un roi tout à fait normal qui gère son royaume d'une manière tout à fait juste et équitable, c'est-à-dire en fournissant travail et nourriture en quantité plus que suffisante à son peuple.

-          Qu'appelez vous « quantité plus que suffisante » ?

-          Eh bien cent cinquante heures de travail par semaine et par personne, et un bol de cailloux par mois et par famille.

-          Et vous appelez ça suffisant ? Vous ne mangez qu'un bol de cailloux par moi ?

-          Non, moi je mange à peu près autant que vous. Mais c'est normal, il faut garder la qualité du sang royal, tout de même...

-          Donc, vous êtes bien le minityran...

-          Je ne vous permets pas de m'insulter ! Gardes, saisissez vous de ce singe monté en graine !

-          Ah non, je me suis déjà fait avoir par les fées, alors le tyran des gnomes, il va se calmer !

 

Ce disant, une idée lui traversa l'esprit : il attrapa le minityran par la barbe (qu'il avait très longue), et introduisit le gnome dans le bocal de Sel de roche. La réaction fut instantanée : le minityran fut réduit en poudre, de la même couleur que le Sel de Roche. Sylvain eut une seconde d'hésitation, puis se tourna vers le minipeuple, qui l'ovationnait, pour le remercier de les avoir libérer de leur tyran.

     Ils lui indiquèrent la sortie la plus rapide, mais refusèrent de le suivre le long de ce tunnel. Il comprit pourquoi : la sortie de ce tunnel était la grotte où il s'était abrité durant l'orage. Pour preuve : la créature qu'il avait réveillée à son premier passage l'y attendait, les babines retroussées en un sourire carnassier.

Une fois encore, les jambes du héros réagirent avant sa tête, et le portèrent à vive allure hors de la grotte. La poursuite dura longtemps, et le mena dans la forêt d'où il était parti. A peine avait-il pénétré dans les sous-bois que deux branches s'abattirent : une repoussa le monstre qui le suivait, l'autre le projeta dans les airs, pour l'expédier dans une mare de boue qui ne lui pas totalement étrangère. D'ailleurs, Iglesia l'y attendait encore. Se relevant pour la énième fois de la journée, il tendit le bocal de Sel de roche aux fées, en s'excusant :

-                       Il n'est pas tout à fait intact, j'y ai dissout le minityran...

-                       C'est parfait, ne t'inquiètes pas ! Maintenant, ouvre le bocal et verse-le dans la mare !

 

Ne comprenant pas le regard horrifié d'Iglesia, Sylvain s'exécuta, et versa le Sel jusqu'au dernier grain. Une réaction chimique eut alors lieu : la boue se mit à bouillonner et à chauffer... C'est alors que le héros compris le regard du magicien, un peu aidé par le cri de ralliement des fées : « A table ! »

 

C'est à ce moment là que Sylvain s'est réveillé, la forme des touches de son clavier imprimée sur sa joue. Sa sœur tambourinait sur la porte de sa chambre, en hurlant de sa petite voix stridente : « A table ! Et va chercher du sel à la cave, la salière est vide ! »

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Published by Aloysius Chabossot - dans Avis sur texte
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commentaires

Edwin 20/12/2009 10:49


Bonjour, j'écris moi même mais n'ai aucun droit pour critiquer ainsi vous ferez ce que vous voulez de ce que dirai. Je trouve que l'histoire est trop rapide, bien que cela soit un rêve le héros
produit beaucoup trop de chose en trop peu de temps. Le héros a aussi une chance incroyable qui parait peu crédible (même pour du fantastique)et tombe exactement sur les bonnes personnes au bon
moment. Sinon, j'ai bien aimé le style d'écriture (La figure de style sur la pluie est bien trouvée).
Amicalement