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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 22:03

Le Salon du livre, c’est un peu comme le salon de l’agriculture, sauf que les produits du terroir sont remplacés par des livres, et les bovidés/ovidés parqués dans des étables de pacotilles par des auteurs assis à des tables, occupés à griffonner sur la page de garde de leur chef d’œuvre des choses absconses destinées à des personnes qu’ils ne connaissent même pas.
Cette vision à la froideur clinique mais néanmoins frappée au coing du bon sens m’est tout simplement dictée par une pratique assidue dudit salon durant de longues années. Néanmoins, cette fois-ci cet événement mondain revêtait un caractère inédit et puissamment euphorisant dans la mesure où je me trouvais pour la première fois à la place de la vache placide qui meugle en regardant passer les badauds.
J’arrivais donc sur les coups de 14h, accompagné de la pétillante Victoria Canard qui m’avait fait l’honneur de sa lumineuse présence, et me dirigeais vers l’entrée VIP, brandissant à qui voulait la voir la fameuse carte d’accréditation sur laquelle étaient inscrites en lettres capitales : « Professionnel ». Avisant une file d’attente longue comme un bras de mer, je glissai à Victoria : « Vous allez voir, grâce à mon passe-partout de professionnel, nous allons passer devant tous ces manants ! » Et je partais aussitôt dans un rire démoniaque dont certains se souviennent encore, les poils du coup tout hérissé et la peau de poulet sur les bras.
En fait, non. Il s’agissait de la queue des professionnels, que nous rejoignîmes, contraints et la tête basse, un peu honteux de nous être gaussés du bas peuple dont – il fallait s’y résoudre - nous faisions bel et bien partie.
Je vous passe les détails (le monsieur de la sécurité refusant obstinément  de laisser entrer Victoria sous le fallacieux prétexte qu’elle n’avait pas d’invitation, j’ai dû traverser tous le salon en courant pour lui en trouver une) nous finissons par arriver sur le stand Milan, où je prends place à ma table, une pile de mon ouvrage soigneusement rangée devant moi.
Et puis j’attends…
Comme il fallait s’en douter, la patience de Victoria Canard atteint rapidement ses limites et c’est comme hypnotisée qu’elle se dirige vers la boulangerie « Chez Paul » que la providence a eu soin de placer à quelques enjambées de notre stand.
Sur ces entre faits une demoiselle se présente à moi (dont hélas, trois fois hélas, j’ai oublié le nom) et sort de son sac un exemplaire de mon ouvrage. Inquiet je m’enquiers de savoir si elle l’a volé, mais elle me rassure aussitôt : elle l’a acheté il y a quelque temps déjà, et l’apporte exprès pour que je gribouille dessus.
« Voilà une séance de dédicace qui commence bien » me dis-je. Las, Victoria revenue entre-temps de son expédition boulangère me glisse à l’oreille que Marc Lévy, Anna Gavalda et Harlan Coben viennent d’arriver (ils sont drôlement bien renseignés chez Paul). En quelques minutes, les travées se vident et ne restent bientôt plus, en guise de chaland, que quelques papiers gras mollement agités par l’air conditionné. Connaissant le peu d’intérêt que les papiers gras portent en général aux séances de dédicace, je me dis cette fois-ci que l’affaire est bien mal engagée. Contre toute attente, deux jeunes hommes, l’air cependant soupçonneux, marquent un arrêt devant ma table. Désignant la couverture du livre, l’un d’eux demande sur un ton suspicieux : « C’est sérieux ?» A peine ai-je le temps de déclamer la première phrase de mon argumentaire que Victoria s’écrie, la bouche pleine de sandwich jambon-gruyère : « Ché vachement drôle ! ».Les deux la regardent… puis se regardent.
Puis nous tournent le dos et se dirigent d’un pas dédaigneux vers le stand de Pif-Gadget qui propose des abonnements tout à fait compétitifs à l’occasion du salon.
J’émets prudemment quelques doutes quant à la pertinence de cette intervention, mais Victoria n’en n’a cure et continue, imperturbable, de dévorer son sandwich.
Le temps s’égrène lentement…
Une dame me sort des ma torpeur en me secouant l’épaule : « Dites, c’est pour les enfants, ce livre ? », mais un grossier personnage lui passe devant et demande à brûle-pourpoint : « Vous pouvez m’indiquer le stand de Marc Lévy ?». Poliment je lui réponds que non, mais que je peux lui indiquer l’accueil qui pourra lui indiquer où se trouve le stand de Marc Lévy.  Je m’apprête à me rendormir lorsque qu’une annonce retentit dans les haut-parleurs du salon « En raison d’une vérification technique, nous prions nos aimables visiteurs de se diriger vers la sortie la plus proche ». Dans un éclair de lucidité salvateur, je comprends sur-le-champ que cette prétendue « vérification technique » n’est rien d’autre qu’une terrifiante alerte à la bombe, et qu’on va tous mourir. Mu par un admirable instinct de survie, je prends Victoria Canard par le bras et nous courrons ainsi durant 50 minutes en direction de la porte de Versailles, avant de nous réfugier dans une sanisette Decaux juste à côté du périphérique. Vers 21 heures, estimant que le risque est suffisamment éloigné, je risque une tête à l’extérieur. Tout paraît normal. Lorsque je veux informer Victoria Canard que nous sommes enfin hors de danger et que nous pouvons rejoindre en toute quiétude la bouche de métro la plus proche, je m’aperçois qu’elle a disparu.
 

Elle refuse depuis de me parler, et j’ai appris par hasard qu’elle allait se rendre le week-end prochain au salon de l’érotisme avec un certain Maurice S.

  ac-au-salon2-copie-1.jpg

  Impossible de repartir avec une lampe, elles étaient vissées aux tables.

_______________________________________________________________________________________

Trêves de plaisanterie, un grand merci à tous ceux qui sont venus me voir :

 

-         Inconnue (si vous passez dans le coin, rappelez-moi votre nom !)

Antonia (qui fréquente le site, mais n'ose pas poser de commentaire... Allez Antonia, lancez-vous !)

-         Guiseppe Salamone (merci encore pour le café !)

-         Mélodie (qui ne connaissait pas le livre avant de venir au Salon !) (Mélodie et non pas Mélody... Merci Victoria...)

-         Stéphane Lavaud (le seul, le grand, l’unique)

-         François Martini, romancier (son site : http://fr.martini.free.fr/livres/index.html)

-         Lucile (qui n’a pas été sélectionnée pour un concours de nouvelles, mais qui le sera sûrement pour le prochain !)

-         - Sébastien Fritsch, romancier (« le sixième crime », « le mariage d’Anne d’Orval »)

http://sebastienfritsch.canalblog.com/

 

Je sais qu’il y en a eu quelques autres, mais ma mémoire brinquebalante me fait défaut. N’hésitez pas à vous manifester !

 

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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commentaires

Lucile 02/06/2009 22:23

Arf, ah bah zut alors! J'avais l'impression d'avoir déjà lu la majorité de l'ouvrage... C'est peut-être à cause de ce ton qui vous caractérise si bien! ;-) Quant à mon emploi du temps overbooké, je ne vous le fais pas dire! :D A bientôt!

Lucile 25/05/2009 22:43

Aloysius, mon très cher (je me permets, même si ça fait bien longtemps que nous ne nous sommes croisés...),

Je sais qu'un an c'est un peu long, et même que plus d'un an c'est encore plus long, mais j'ai fini par lire votre méthode (http://lameralire.blogspot.com/2009/05/tes-sur-que-tu-veux-ecrire-un-roman.html) et je me suis régalée. A cela point de surprise car j'adorais déjà les billets de ce blog... (Vous déduisez donc fort judicieusement que ce n'est pas le contenu de l'ouvrage qui m'a fait tarder dans ma lecture mais plutôt le fait que ledit ouvrage soit parmi une bonne centaine de ses semblables, criant mon nom pour que je les attrape d'abord...) Merci pour ce bon moment en tout cas, bon courage aux éditions Chabossot et tout et tout.

P.S. : J'essaierai d'être un peu plus assidue à votre blog quand j'arrêterai d'être over-bookée... (Pffff!!) J'ai bon espoir d'y parvenir un jour.

Aloysius Chabossot 02/06/2009 10:11


J'ai lu la critique sur votrte blog, très sympathique, et je vous en remercie !
Cependant, je m'insurge sur un point : le livre n'est pas un simple copié-collé du blog, loin de là (on doit retrouver 20% du blog, pas plus).
En tout cas, merci d'avoir pris le temps de me lire dans votre emploi du temps overbooké ! ;)


genma 18/08/2008 18:13

Je sais que c'est pas le bon endroit pour exprimer mon amoooour de la bonne prose française, mais voilà:
Alors que je me promenais dans une librairie luxembourgeoise (vous savez, le petit grand-duché à peine visible entre la Belgique et la France) à la recherche de quelque chose à manger, et après être passé depuis longtemps devant la section des "meilleurs ventes", je tombe par le plus grand des hasards sur une étagère modestement intitulée "littérature". Et là, au fin fond du coin le plus reculé du monde je le rapelle, je vois PAF !
Guillaume Musso... PAF ! Marc Levy ! PAF ! Tous mes héros réunis !
Bon d'accord, il y avait aussi un Saint-Exupéry pour gâcher ma transe, mais bon, on peut pas attendre des Luxembourgeois qu'il ait le même bon goût que moi, et vous même j'en suis sûr...

Non, si j'écris ici c'est pour parler de moi euh je veux dire de "op der lay" C'est une maison d'édition luxembourgeoise dont je connais d'ailleurs le fondateur, qui édite des livres en langue luxembourgeoise (afin de préserver cette langue méconnue) ainsi que des cds. Je trouve d'ailleurs que sa musique est géniale et je conseille à tout le monde de l'écouter... bref. voilà un lien qui pourrait être intéréssant pour les intéressés qui s'y intéresseraient.
http://homepage.mac.com/gollolux/Menu9.html

Aloysius Chabossot 20/08/2008 01:55


et qui parlent cette douce langue qu'est le luxembourgeois !


paul 30/07/2008 00:43

Bonsoir,
Un peu tard pour écrire,mais je n'ai pas pu m'enpecher de vous répondre en voyant vos articles...
J'aime beaucoup votre style d'écriture qui m'a bien fait rire, et je pense qu'on vous l'a déja dit, mais vous avez du talent. Moi aussi, je me mets à la rude et non moins interessante, tâche d'écrire. vous me direz, à 19 ans on est encore bien trop jeune pour vouloir faire de sa vie une autobiographie faute d'expérience, mais c'est plus dans le besoin d'exprimer des ressentis et faire de mon personnage une sorte d'expérience humaine qui marqueraient les gens avant qu'elle ne tombe bien sûr dans l'oubli.Je ne prétends pas être naturellement doué, mais quand on aime quelquechose on a forcément du potentiel pour s'y accrocher...
J'aimerais vraiment prendre contact avec vous, ou tout au moins échanger mes idées avec vous pour savoir ce que vous pourriez penser de mes écrits...
voilà mon adresse : australian-stewball@hotmail.fr
A bientot

Aloysius Chabossot 30/07/2008 12:02


Merci pour vos compliments, Paul.
Pour prendre contact avec moi, vous pouvez cliquer sur la photo en haut dans la colonne de gauche.
Si vous voulez m'envoyer un texte, choisissez-en un assez court (2/3 pages).
Merci.


Kami 15/05/2008 13:24

Je crois comprendre que vous avez certain griefs à l'égard de ce cher Lévy. C'est uniquement pour cela que je suis encore ici, croyez le bien (quelle fausse bonne raisons).
Le vouvoiement n'est pas une marque de respect dû à votre âge ainsi qu'à votre statut privilégié d'écrivain (dont je ferais certainement parti très bientôt -me plais-je à pérorer avec une air pédant feint), non, c'est juste une habitude.
Ne prenez pas ombrage de cette remarque cela dit.