Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CONTACT

(cliquez sur la photo)


 

29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 08:38

Face à la demande générale (une personne) j'ai décidé d'ouvrir une nouvelle rubrique, "le coin du musicologue". Certains diront que tout cela n'a que peu à voir avec l'écriture d'un roman. Certains auront sans doute raison. Mais certains ne sont pas obligés de lire, et peuvent passer leur chemin d'un air dédaigneux. Pour tous les autres (au moins une personne, donc) : bienvenue dans cette nouvelle rubrique !


Le 19e siècle a eu Arthur Rimbaud, les années 80 Rony Emanuel.
Rony, Belge de naissance, a commencé très tôt sa carrière, sans doute pour disparaître plus vite. Et force est de constater que, dès 1981, on perd sa trace une bonne fois pour toute. Est-il, à l’instar de son illustre prédécesseur, parti en Ethiopie revendre des armes aux autochtones, où s’est-il plus modestement reconverti dans la gérance de superette aux envions d’Anvers… Nul ne le sait.
C’est bien dommage, car « Disco laser » laissait présager d’une belle carrière. Un peu comme s’il était conscient qu’il livrait là son chant du cygne, Rony laisse sans aucune retenue éclater tous ses talents : mélodie envoûtante, paroles qui laissent entrevoir une sensibilité à fleur de peau, le tout enveloppé d’une rythmique implacable et littéralement hypnotisante.
Rony chante les déboires amoureux du laideron acnéique au cœur trop tendre qui convoite la plus belle fille de la soirée (alors qu’il aurait été plus simple, et sans doute plus efficace de convoiter un laideron acnéique de sexe féminin, cela existe). Las, la belle ne cesse de jouer l’indifférente tout en tournoyant tel un derviche sur la piste de danse illuminée. Pourtant, Rony avait sorti le grand jeu en lui proposant de lui offrir un café crème (il avait économisé la monnaie du pain spécialement pour l’occasion). Mais rien n’y fait, et Rony se retrouve seul et stupide au milieu de la piste de danse. Toutefois, contre toute attente, la demoiselle sans doute prise de remords accepte finalement de rire et de danser avec notre héros, en lui précisant cependant qu’elle ne l’aime pas. Rony, bon bougre dans le fond, semble s’en contenter, et la chanson s’achève somme toute sur une note d’optimisme bienvenue et relativement euphorisante pour tous les laiderons acnéiques au cœur trop tendre.


  Pour écouter, "Disco Laser" cliquer sur cette boule à facettes

Partager cet article

Repost 0
Published by Aloysius Chabossot - dans Le coin du musicologue
commenter cet article

commentaires

Maudit-bic 11/04/2008 23:47

Dernier petit tour de Net avant de me coucher, mise en condition pour l'endormissement, et voilà Aloysius que par votre faute et le rythme dans la peau qui me caractérise, je vais passer la nuit à gigoter sur "tu es superbe, blablabla etc".

Fais-nous un truc bien de chez nous la prochaine fois. Je ne suis pas contre la danse des canards ou A la queue leu leu.

See you later alligator.

Dulac 08/04/2008 16:27

Bonjour. Je ne connais pas Rony, mais ayant été un adolecent acnéique durant les années 80, j'ai vécue une soirée identique. Il y avait cette fille ruperbe, avec quelques boutons sur le front, mais belle et pkeine de grace sur la piste où nous dansions. Les slows arrivent et, m'armant de courage, je lui propose de m'accompagner sur Still loving you. Elle baisse son regard bleu profond vers moi et me rit au nez. Tout penaud et sous les rires de mes copains, je cherchais une corde disponible prète à m'accueillir, quand elle m'appela. Elle accepta le slow, qui était passé à Somebody, et me dit qu'elle ne sortirait pas avec moi. 15 ans plus tard, nous avons eu 1 enfant, Ouarf!

Aloysius Chabossot 09/04/2008 08:42


C'est un véritable conte de fée que vous nous racontez-là. Mais est-ce que l'enfant né de cette union a lui aussi de l'acné ?


pascal cabero 04/04/2008 09:33

Merci pour cette audacieuse chronique. Comment avait-on pu vivre avant de découvrir Disco Laser? Pour moi, il y aura un avant et un aprés. La pertinence des arrangements, la virtuosité des musiciens, la production cossue mais distinguée ( qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler les grandes heures de la Motown ) et surtout la performance vocale de Rony tout simplement époustouflante d'humanité et de charisme. Non décidément, rien ne sera plus jamais comme avant. Mes doigts fébriles et tremblants d'émotion, tapotent un grand et respectueux merci pour cette découverte majeure...

Aloysius Chabossot 06/04/2008 21:17


J'espère que vous avez particulièrement goûté les transitions de batterie, style "je tombe dans l'escalier avec des cartons de vaisselles plein les bras"...


Daniel Fattore 02/04/2008 22:11

@Aloys Chabossot: Kolossal, en effet. Obsédant. Mais y'a pas à dire, le texte peut déranger le processus créatif. Pas vraiment de la musique d'ascenseur, quoi.
Ecoutez-vous de la musique quand vous écrivez vos ouvrages?

Pffftt... 02/04/2008 21:41

Ah ben nan Crystal, ben nan c pas possible de clore la rubrike...on feré koi de tout ce silence après ????