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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 18:50


 


Voilà donc, habillés comme il se doit des scintillants atours de la rigueur scientifique, les résultats du grand sondage récemment lancé ici même.

Je tiens d'ores et déjà à remercier chaleureusement les 154 personnes qui ont cru bon prendre sur leur temps de loisirs afin de cliquer sur l’une des 7 réponses proposées à la question « Qu’écoutez-vous lorsque vous écrivez ? », et j’imagine avec un effroi rétrospectif l’irréductible dilemme qui a pu parfois s’emparer d’elles lorsqu’il leur a fallu choisir entre « du trash-speed-metal » et « l’intégrale d’Annie Cordy remastérisée en 48 bits » (c’est toujours le problème lorsque l’on possède une trop grande ouverture d’esprit).

Passons si vous le voulez bien à l’analyse des réponses (si vous ne voulez pas, passons plutôt au salon, nous y serons plus tranquilles pour prendre le café).

Partant du postulat que ce qu’on écoute va de près ou de loin influencer notre travail, il est dès lors aisé de tirer quelque enseignement pratique de ce petit sondage. Nous notons de prime abord qu’une majorité, certes relative, écoute avant toute chose le silence (qui lui-même est souvent relatif, surtout lorsqu’on habite à deux pas du périphérique). Ces gens-là ont raison, ces gens-là sont indubitablement sur la bonne voie. En effet, l’idée vous serait-elle venue, jeunes garnements, de passer votre Bac de Français avec un Walkman sur les oreilles ? J’en entends déjà qui s’exclament, au nom de la sacro-sainte inspiration : « Ah oui ! Mais attention c’est pas pareil du tout, le bac de Français c’est du travail, alors que l’écriture, c’est de l’Aaaaaaaaaart » Et ils insistent bien sur le « A » de Art, histoire qu’on comprenne bien à quel point on est à côté de la plaque. Vaste plaisanterie en vérité ! L’écriture est peut-être de l’art, si ça vous chante, mais c’est avant tout un travail ! Pour lequel une concentration maximale est nécessaire. Si vous n’avez pas conscience de cela, vous vous exposez à de terribles désagréments que nous allons découvrir bientôt…

Poursuivons avec le deuxième du classement. « Vos envies », avec 27,92% de votes. Ce résultat tout a fait honorable prouve une fois de plus qu’une part non négligeable des personnes interrogées répondent la plupart du temps absolument n’importe quoi. Car effectivement, on n’écoute pas ses envies, du moins pas avec un lecteur de CD ou un iPod. Il était donc grotesque de choisir cette réponse, et je m’empresse de préciser que la sévérité de mon jugement n’est en rien altérée par le fait que c’est moi qui aie rédigé le sondage en question.

Passons vite au troisième, car je sens que mes nerfs me lâchent.

Ainsi, 13,63% des écrivains en devenir écoutent du « trash-speed-black-metal ». C’est une véritable surprise, d’autant que j’ignorais jusqu’à présent l’existence d’un tel style musical, qu’on imagine intuitivement pour le moins vigoureux et un tantinet brutal, tant dans la forme que dans le fond. Forcément, la question se pose : peut-on, en écoutant du « trash-speed-black-metal » écrire autre chose que « AAAAAAAAAAAAArrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrgggggggggggggg RRRReuuuuuuuuuhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh NNNiiiaaaaaaaaaaaaaaaaaaarrrrrrrrrg… » (si vous êtes dans ce cas de figure et que vous souhaitez répondre, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous. Abstenez-vous toutefois d’écouter votre musique préférée en le rédigeant).

Nous découvrons ensuite que 9,74% écoutent l’Adagio d’Albinoni. Mais il est fort possible, à l’heure où j’écris ces lignes, que le chiffre soit tombé à 4, voire à 3%. Car il est scientifiquement prouvé que l’écoute répétée de cette œuvre musicale entraîne des ouvertures compulsives de fenêtres, de veines et de robinet de gaz. Un conseil donc, réservez plutôt cette chose à la rédaction de votre testament, à condition que vous n’ayez ni trop de biens ni trop de famille : le temps vous ferait défaut et on se battrait chez le notaire pour savoir, en définitive, à qui reviennent les couverts en argent hérités en leur temps de la tante Yvette (celle qui avait de la moustache et qui sentait le café au lait).

Quelle n’a pas été ma stupeur de découvrir que 7,14% des écrivains fréquentant ce blog écoutaient NRJ, cette sympathique radio dont le seul but avoué a toujours été l’élévation des âmes de notre belle jeunesse. Voilà en vérité une nouvelle proprement incroyable et tout à fait encourageante pour l’avenir de la littérature française. Pour être honnête, je pensais qu’une seule personne aurait coché cette case : Victoria Canard. Mais c’eût été de sa part une boutade, car Victoria n’écrit pas (ou alors elle me l’a caché…) sinon des mails, sauf en ce moment, du moins pas à moi… Mais c’est une autre histoire !

A l’inverse, j’ai du mal à cacher ma déception face aux pauvres 3,24% que recueille « Mes voisins qui s’engueulent ». Pourtant quel formidable gisement fictionnel que ces prises de bec à jet continu, entrecoupées de claquement de talons hystériques sur le plancher et de vaisselles brisées sur le mur. Bon, évidemment, si le jet est vraiment continu, ça finit par énerver, et alors là, adieu l’inspiration, bonjour les idées de meurtre. Une solution que vous suggère amicalement : passez-leur, en continu et à très fort volume, l’Adagio de Machin-Chose (en ayant bien sûr pris soin de vous équiper de bouchons phoniques efficaces).

Lanterne rouge du classement, nous trouvons l’intégrale d’Annie Cordy remastérisée en 48 bits, qui recueille un piteux 2,59%. Le plus stupéfiant n’est pas tant ce chiffre ridicule qui tutoie dangereusement le score de Marie-Georges Buffet aux dernières élections présidentielles que le terrifiant constat suivant : 2 personnes sur 154, en âge de lire et écrire à peu près couramment, écoutent Annie Cordy, et qui plus est, son intégrale. Alors que, vous en conviendrez aisément, un bon « Best of » aurait largement fait l’affaire (La pétulante fantaisiste d’origine belge n’a pas produit que des chefs d’œuvres, surtout dans les années comprises entre 1978 et 1991, que les spécialistes (ceux qui font autorité, pas les autres) s’entendent pour qualifier – à juste titre – de « période noire » de l’artiste).

Je vous embrasse tous sur le front et vous dis « A bientôt ! »

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Published by Aloysius Chabossot - dans Comment écrire un roman
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commentaires

Vassago 05/03/2011 21:10



Oui ! Le métal, que se soit du thrash, du speed-métal ou du black-métal, est tonitruant.


 


Le commentaire n5 a évoqué Baudelaire et la passion, ce poète et cet état d'âme sont on ne peut plus associables au métal dit "extrême". Baudelaire évoque la déchéance et tout ce qui la précède
et s'ensuit, et c'est justement ce qui est le plus ressenti dans le métal : la déchéance. Ces cris qui pour beaucoup ne se résume qu'à du "AAAAARGH !!!" me font frissonner par les sentiments de
souffrance, de rage, de haine et de désespour qu'ils m'évoquent. Les guitatres et batteries tonitruantes m'évoquent le chaos et le tourment desquels peut être assailli l'âme lorsqu'il est la
proie de la passion. Je rappelle que le mot "passion" vient de "patio" qui veut dire "souffrance" en latin. Et pour avoir déjà vécu l'amour-passion, il n'a rien de doux et mène surtout au
tourment car sa puissance est telle qu'elle ne peut que nous écraser. La passion au sens propre du terme n'a rien à voir avec un amour à l'eau de rose.


 


Le métal, et surtout le métal extrême, est une musique incroyablement inspirante et qu'un si grand nombre de personnes l'aient choisi, bien qu'il y a sûrement certains qui l'on sélectionné pour
rire, ne m'étonne pas du tout, bien que le silence est le meilleur moyen de se concentrer. La musique facilite l'inspiration et le silence la concentration.



catherine J 19/10/2009 15:59


la noblesse vous fait dire: écrire c'est travailler .. l'erreur existe souvent de ne pas en prendre conscience
Mais les mots sont aussi :matières emmagasinées et la matière requière la vie, pas le silence ... pour que plus tard le silence décide de s'exprimer au travers des mots.
Si travailler est silence , l'inspiration, celle qui n'est que le premier jet ( la matiere de base ) comme de sortir la couleur des tubes sur une pallette avant de peindre, cette inspiration peut
naitre de tous les sons ( entre autres )qui jallonnent notre route , ils sont emotions , sensibilité , nuances, interpellation , réflexion , écoute ....alors oui la dispute des voisins , les bruits
du café, une symphonie ,un cri etc
à la severite de l'utopie de se vouloir éditer, j'y oppose l'apport personnel d'une conquête qui éloigne un grand nombre " d'écrivaillons" des maux de leur vie .. alors pourquoi pas leur utopie,
qui dérange-t-elle vraiment ?
Avez vous oublié vos premiers pas ?
Entendez vous parfois l'humilité sortir de votre silence ?
Concentration ne rythme pas avec affirmation car personne ne possède la même .
votre liberté je viens de la lire , la mienne vous ecrit ces mots !
Catherine


KroK 04/09/2009 14:08

Faisant partie des 15% écoutant du metal quand ils écrivent, je me permets cette petite précision :

Bien que bon pour la poubelle selon les paires d'oreilles non-averties, il n'y a pas le trash-metal mais le thrash-metal.

A bientôt ^^

Aloysius Chabossot 06/09/2009 18:45


Merci pour cette précision.
Et encore bravo pour votre bravoure !


Marjorie 11/06/2008 15:02

Bonjours,
bien que ce petit sondage ce révéle amusant, les commentaires semblent en parti superflu ( en "parti" car je n'ai pus m'empécher de rire à certain trait d'humour). D'aprés vous le trash-machin-métal ne serait pas approprié à la concentration ! J'ose CRIER (puisque l'on parle de métal) qu'il ne sagit là qu'une question de personnalité,parce que j'écoute du rock quand j'écrit (en ce moment aussi d'ailleur), et que je kiffe(voila un bien étrange mot...)! Lorsque je suis concentrée à l'ouvrage, le sol peut trembler, la radio hurler,ma lampe de bureau danser la samba (hein??), rien ne peut détourner mon attention.
Ce n'est pas pour autant que j'écrit dans de tel condition (la lampe ce fatigue!). Parfois, j'ouvre en grand la fenétre et je regarde le va et viens des étudients(bourré?),tend l'oreille au mumure du vent dans les branches et y surprend un écureuil mutant (sur le campus, les écureuils sont mutants à cause du syncotron et de la bouffe mc donald). Un peu de calme qui me permet... de remetre la musique à fond et de me remettre au "travail"(si ce mot n'annile pas la notion de plaisir que j'y trouve).
Sur ce, bonne vacance, joyeux noel et joyeuse Paques.

Aloysius Chabossot 18/06/2008 17:23


Cette histoire d'écureuil mutant est excitante en diable !
Mais vous avez raison, mes commentaires sont superflus (j'ai honte, maintenant que je réalise...)


charlotte 19/05/2008 16:44

Si je peux me permettre on écoute pas le silence non plus...