Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CONTACT

(cliquez sur la photo)


 

20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 16:47

Pour avoir une idée, il est totalement improductif de s’asseoir en attendant qu’elle daigne apparaître. Ca ne marche jamais, et c’est très énervant. Les idées sont rebelles, on ne les commande pas.
Aussi arrivent-elles toujours au moment le moins opportun. Il faut le savoir et se préparer à cette fatalité. Deux exemples très répandus : vous êtes sur le point de vous endormir, vos pensées s’entremêlent dans une douce confusion propice à l’émergence de la création : une idée survient, inattendue et volatile. Si vous avez pris soin de déposer un calepin sur votre table de chevet, cette idée est à vous. Dans la cas contraire, vous pouvez lui dire adieu : plus jamais elle ne vous fera l’honneur de sa visite. Il en va de même dans les transports en commun ou tout autre endroit totalement inadapté à la prise de note. Pourquoi les idées ressemblent-elles dans leur comportement à des enfants capricieux ? Nous n’en n’avons pas la moindre idée, et ce n’est d’ailleurs pas le sujet de ce petit opuscule. Mais nous savons une chose : le moment venu, mieux vaut avoir dans sa poche intérieure le fameux petit calepin accompagné de son petit stylo. Les idées qui émergent ainsi peuvent être de plusieurs sortes : idées d’histoire, de rebondissement, de dialogue, de personnage. Inutile de faire le tri, il faut tout noter, cela peut servir un jour sans qu’on le sache encore. Tout au plus est-il conseillé d’installer une signalétique simple afin que l’on puisse se retrouver dans cet amalgame sans queue ni tête (Un « P » pour personnage, un « D » pour dialogue, etc.)
Ce faisant, au fil du temps, vous avez rassemblé une grande quantité d’idées qui une fois triées, classifiées et ordonnancées, fournissent un semblant de piste pour une éventuelle histoire.
C’est-à-dire la rencontre mouvementée entre un / des personnages et des événements. Une histoire, c’est avant tout ce que l’on fuit dans la vie réelle, des ennuis, des complications, des problèmes, des trahisons, des mésententes, des dangers de toutes sortes. Et pour que toutes ces tracasseries donnent le meilleur d’elles-mêmes, il faut les confronter à un personnage qui les mette pleinement en valeurs. Prenons un exemple. Un boxeur qui s’apprête à monter sur le ring pour combattre un adversaire particulièrement redoutable, quoi de plus normal et par la même de plus désespérément banal ? Remplaçons à présent le boxeur par un expert comptable. La situation prend aussitôt un autre intérêt.
Vous nous direz que cette situation est absurde et de ce fait irrésoluble Nous nous empresserons de vous répondre : non. Dans la fiction, rien, absolument rien n’est irrésoluble. C’est une loi infaillible. Pour la simple raison que, au contraire de la vie réelle, c’est vous qui décidez de tout. Bien sûr, les solutions trouvées pour résoudre l’irrésoluble sont plus ou moins élégantes. C’est, entre autre, dans cette épreuve que l’on reconnaîtra le bon écrivain: savoir faire et élégance avant tout.

Partager cet article

Repost 0
Published by Aloysius Chabossot - dans Comment écrire un roman
commenter cet article

commentaires

jean-yves 05/09/2011 17:43



Bonjour,


pour ceux et celles qui ont plein de choses à dire mais aucune idée d'histoire, il y a un moyen bien simple: reprendre une histoire déjà existante. Le plagiat n'existe que sur la forme, pas sur
le fond. Comme ça, leur génie pourra s'accomplir en renouvelant les thèmes de l'histoire...



mimo 22/08/2009 06:18

bonjour, j'ai un soucis, pleins d'idées dans la tête, beaucoup de sujets, d'histoires, vécues ou imaginées, j'ai toujours tout noté, je ne fais que prendre des notes sur tout et même sur des choses anodines de la vie, je ressens une énergie dès que je tapote ou je je gratte la plume, et la possibilité d'écrire sur des sujets qui pourrait être très intéressant. Ma propre vie étant dépourvue de tranquillité, ayant vécu des choses désastreuses et extraordinaires, j'ai cette envie irrésistible d'écrire. Cependant j'ai un problème et un problème de taille ; après plusieurs essais, je me suis rendue compte que je ne savais pas construire un livre, car il me manque tout simplement les fondements, le ciment pour inviter le lecteur à plonger dans l'histoire, je me suis bien dit que le premier pas était celui qui comptait le plus, j'ai bien essayé de faire ce premier pas, mais rien à faire.... je sais toujours pas marcher ! c'est étrange, comme on peut vivre toute une vie avec un rêve... j'ai l'impression que je ne le réaliserais jamais, alors à travers mes voyages et mes rencontres humaines, chaque fois , se sont tissées dans mon piètre esprit des bribes de ce qui aurait pu être qq chose de bon à lire. Quand je pense à un certain auteur qui après une mise au placard dans l'administration a profité d'une longue maladie pour jaillir et devenir un écrivain renommé, quand je pense à un autre qui n'a pas achevé son dernier livre parce qu'il s'est donné la mort en écrivant "ma mère"... alors qu'il avait tellement de choses avant, ça fait un tantinet flipper l'écriture..., quand je pense à une autre en l'occurrence moi qui a une imagination débordante, mais un manque cruel de culture et un esprit bordélique, j'aurais trop peur d'écrire "c'est beau une ville la nuit.." roman totalement décousu mais vendu grâce à la célébrité de celui qui l'a écrit.... Je ne jalouse pas, non bien loin de là , mais je me sens frustrée de ne pouvoir coucher toutes ces histoires sur Mon papier...... je vais pas retourner à l'école prendre des cours littéraire à mon âge tout de même.... ! Merci de me rassurer, de me répondre, dois je : oublier mon rêve d'écrire, ou dois je persister dans ce rêve.....? :-) bonne journée. Mimo

Aloysius Chabossot 24/08/2009 21:25


Non non, ne laissez pas tomber ! Déjà oublier "une ville la nuit", lamentable verbiage pseudo poétique écrit par une une des plus grande tête à claques du cinéma français, et concentrez vous sur
vous. ET puis lisez "la dramaturgie" pour construire des histoires (enfin, apprendre). J'ai la flemme de chercher; donc cherchez vous-même sur google : éditions du clown et de l'enfant, je crois.


Immo 22/08/2009 04:55

Très interessant comme idée...

Aloysius Chabossot 24/08/2009 21:26


oui, je trouve aussi


Héro Maraval 12/07/2009 14:07

Bonjour,
En temps que jeune écrivaillonne de presque 25 ans encore persuadée qu'écrire est sa vocation et qui pourtant n'arrive plus depuis un roman prétentieux et une Antigone en alexandrin (faut me pardonner j'avais 17 ans) à écrire quelque chose d'abouti, je voudrais vous poser une question qui me turlupine.
D'après vous que faire lorsqu'on a un style incroyable (je suis pleine d'humilité), un besoin inextinguible d'écrire, et pas la moindre idée d'histoire à raconter. Certes les idées ne manquent pas, tout est racontable ou presque, mais je n'arrive pas à trouver la moindre parcelle fictionnelle qui soit à mes yeux digne d'être racontée. Alors quoi, n'écrire que de la poésie ou des essais, c'est-à-dire se condamner à n'être jamais lue (déjà qu'avec le genre romanesque aujourd'hui c'est pas gagné, mieux vaudrait passer direct à la réalisation cinématographique) ? Ou prendre l'intrigue comme prétexte pour écrire, et s'exposer à des remarques telles que celle que j'ai reçue d'une maison d'édition pour mon roman d'adolescente stupide : "il est difficile de s'intéresser à cette histoire" ?
Je ressens un besoin immense d'écrire des pages sur les moucherons dans la lumière des phares ou la vase des flaques, mais construire un récit avec des phrases de transition, de cohésion du type "il ouvrit la porte" est une torture pour moi. Suis-je destinée à ne plus jamais écrire, et cela vaut-il mieux ? Que me conseilleriez-vous ?
En toute mégalomanie je suis persuadée bien sûr d'être l'écrivain du siècle (il me reste encore une dizaine d'année pour perdre cette belle illusion sans laquelle rien n'est possible), et je ne compte donc pas trouver la réponse ultime et unique chez vous. je voudrais juste vous demander ce que vous en pensez. Désolée de vous emmerder, mais comme ça je vous fourni à la fois la lettre d'admiratrice et celle de jeune écrivain éploré dont vous rêvez ! ;)

Aloysius Chabossot 15/07/2009 12:42


Cher écrivain du siècle,
Si votre style est comme vous le dites, alors vous avez parcouru la moitié du chemin. Reste à trouver une histoire "à laquelle il sera facile de s'intéresser". Comme je l'ai fait récemment, mais
pour d'autres raisons, je vous conseillerai donc de vous procurer le fort volume d'Yves Lavandier intitulé "la dramaturgie", aux éditions "le clown et l'enfant" (je sais...).
Bien que destinée à l'origine aux scénaristes, cette bible vous apportera quantité de pistes pour trouver et bâtir une histoire qui tienne la route. Maintenant, si après ça rien ne vous vient à
l'esprit, peut-être est-ce tout simplement que vous n'avez pas assez "vécu", comme on dit.


jo jaguar 24/02/2008 21:34

Oui c'est vrai, il faut avoir toujours sur soi un calepin ou un moyen d'enregistrement quelconque. Mais il faut surtout ne pas hésiter à écrire les idées les plus bizarres, des petites choses qui ne cadrent peut-être pas avec l'histoire que vous écrivez. Après il sera toujours temps de faire le tri. Mieux vaut trop que pas assez.
Moi je note beaucoup de choses, beaucoup d'idées nulles, des bouts de phrases que j'entends, que je lis, que j'invente et imbriquées les unes avec les autres, font apparaître d'autres idées.
Quelques fois même, je note une chose dont je dois me souvenir dans la vie réelle, un rendez-vous par exemple, peut créer autre chose simplement par le fait qu'elle se juxtapose avec autre chose dans mon carnet. C'est à vous de manipuler les mots les phrases comme vous le voulez ou comme votre carnet le veut.
C'est magique.