Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CONTACT

(cliquez sur la photo)


 

28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 17:01

Lundi 28 juillet

 

Après une nuit agitée (les moustiques sont revenus avec la chaleur et j’ai encore oublié d’acheter une bombe. J’ai donc dû exterminer à la main les trois spécimens extrêmement pugnaces et belliqueux qui batifolaient sournoisement dans l’espace aérien de ma chambre, et ce jusqu’à une heure indue), je me léve à 8h15, puis après un bon bol de cacao, je m’installe à mon bureau dans le but d’y écrire un nouveau roman (la rentrée littéraire est pour bien tôt, et il est grand temps que je me mette au travail).

Sur les coups de 10 heures, alors que j’entame mon troisième crayon à papier (avec les dents) mon frère Théophraste passe sa grosse tête molle d’indigent intellectuel par l’entrebâillement de la porte. Une grande ligne profonde lui barre le front, ses yeux éprouvent la plus grande peine à se fixer sur un point précis : il est manifestement soucieux.

-         Aloysius, je suis allé sur les statistiques du blog tout à l’heure. Les chiffres sont alarmants. Les internautes quittent le navire et pour te dire les choses crûment, on n’est pas loin du naufrage. Et les recettes publicitaires vont suivre le même chemin, fatalement. Il faut se ressaisir, Aloysius, mettre des photos d’Amélie Nothomb ou de Marguerite Yourcenar nues, trouver un truc pour remonter la pente sinon on fonce droit dans le mur !

Je l’interromps d’un signe de la main et l’informe dans la foulée que le blog ne contient plus aucune publicité depuis des mois, en conséquence de quoi il est devenu bien illusoire d’en attendre un quelconque revenu. La tête toujours coincée dans l’entrebâillement de la porte, il digère lentement la nouvelle. Le silence s’installe à nouveau, je peux enfin reprendre le machouillage de mon crayon, mais la trêve s’avère de courte durée.

-         Aloysius…

-         Quoi encore ?

-         Si on achetait un petit animal de compagnie ? Je m’ennuie ici, et ça m’occuperait bien de remplir sa gamelle et de caresser son doux pelage, ou son plumage, je ne sais pas encore. Et puis je lui enseignerai des tours et si j’ai le courage je lui apprendrai à parler et les télévisions japonaises feraient la queue devant le pavillon pour le filmer et je…

-         Fais ce que tu veux, mais fiche moi la paix, j’ai un roman à écrire.

La porte se referme aussitôt, mais il est trop tard, l’apparition inopinée de mon frère a eu raison de ma concentration. De rage je jette mon crayon à moitié mâché dans la corbeille à papier et décide pour me calmer un peu d’aller acheter une livre de carottes chez M. Evrard, l’épicier.

En chemin, je tombe sur Mme Caillaux, qui a entreprit il y a quelques années d’écrire un roman de science fiction. Cette opulente épopée, prévue en plusieurs volumes a pour objectif de raconter les aventures d’une poignée de pionniers embarquées dans une fusée carburant au butane en partance pour Cothégor, une planète de couleur lie de vin issue de l’imagination détraquée de Mme Caillaux et située juste à droite de Neptune. Pour l’instant, sa bande d’aventuriers remplit les formalités d’aéroport. Il faut dire qu’elle n’en n’est qu’à la page 4. Peu importe. Ce qui m’importe en revanche, c’est que Mme  Caillaux ne cesse de me demander des conseils sur la marche à suivre pour mener à bien sa mission, qui n’est pas de rejoindre Colthégor mais de pondre ses ineptes billevesées manuscrites. Détail aggravant : les effrayantes œillades de diplodocus énamouré qu’elle me lance en me parlant de son projet. Pris au dépourvu, je mime une extinction de voix et rentre chez moi à toutes jambes, sans avoir acheté mes carottes.

 

Là devrait se trouver une réflexion profonde sur l’existence, mais je n’ai rien trouvé qui n’est déjà été dit, et de manière bien plus gracieuse.

Partager cet article

Repost 0
Published by Aloysius Chabossot - dans Le journal de l'été
commenter cet article

commentaires

Filleke 31/07/2008 19:51

Mozilla et moi aussi inondée par la pub, cher monsieur Chabossot. Mais nous ne vous en voulons guère, imaginant à peine que vous puissiez être l'origine de ces invasions...

Quant aux statistiques de votre blog qui descendent, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même. N'aviez-vous pas, un temps, fait vos adieux ?
Certains naïfs vous ont cru...

Aloysius Chabossot 31/07/2008 21:30


Oh vous savez, c'est Théophraste que ça tourmente ! Pour ma part...


Victoria 30/07/2008 12:17

Cher Aloysius afin de vous rendre service je suis toute disposée à vous envoyer des photos de moi très très dénudées...sans prétention aucune je pense que cela pour vous ramener plus de lecteurs que celles de Marguerite Yourcenar ! Votre frère serait satisfait...non ? Enfin toutes les méthodes sont bonnes pour essayer de vous séduire Cher Aloysius... Pardonnez cette légèreté dont je fais preuve mais vous me faites carrément craqué ! P.S. continuez à nous faire sourire avec vos petites histoires familiales...Vous avez une amoureuse ?

Daniel Fattore 29/07/2008 15:07

Pour la réflexion profonde, prenez votre temps. Ca vous fera un feuilleton de vacances.

Aloysius Chabossot 30/07/2008 12:03


Excellente idée, Daniel !


Pffftt... 29/07/2008 11:00

"C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles egyptiens
Péniblement

A porter mille fois son point sur le "i"
Sous la chaleur et sous le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ? {x3}

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un légo avec du vent

La faiblesse des tout-puissants
Comme un légo avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un légo avec des dents
Comme un légo avec des mains
Comme un légo

Voyez-vous tous ces humains
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront ?

Car si la Terre est ronde
Et qu'ils s'y agrippent
Au-delà, c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes

{x2:}
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un légo mais sans mémoire {x3}

Pourquoi ne me réponds-tu jamais
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage ?

A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un légo
Comme un imputrescible légo
Comme un insecte mais sur le dos

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans

On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit {x3} "

voici réflexion profonde sur l'existence...pas de moi hein?
mais c bien de partager...
vous serez pas fâché hein AC que je fasse un coup de pub pour Alain sur votre blog ? :)
sinan ouais une foto de vous tout nu...ça nous aideré tous à devenir de brillants écrivains...ça nous donneré l'inspiration c sûr !
A la revoyure cher professeur!

Maudit-bic 28/07/2008 22:10

Jeune paresseux.
Défonce-toi (la cervelle), pour écrire un livre number two. Crois-tu que la publicité pour une deux portes familiale Citro-zen à chariotte autotractée en option avec landau intégré te fera vivre éternellement ?
C'est une honte.Y a plus d'jeunesse.
Mais que fait la police ?

Aloysius Chabossot 30/07/2008 12:05


J'ignore ce que fait la police, mais je veux préciser une chose : le publicités qui apparaissent sur mon blog ne sont pas de mon fait, et en conséquence, jene touche aucune rénumération dessus. Je
dis ça pour ceux qui pourraient penser que je ne suis qu'un vil profiteur avant tout motivé par l'appat du gain !