Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CONTACT

(cliquez sur la photo)


 

15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 16:57

« On ne prête qu’aux riches », et dans le domaine éditorial, il semblerait que l’adage se vérifie plus que jamais. En effet, le Figaro vient de publier le palmarès des 10 romanciers français qui ont le plus vendu en 2009, et figurez-vous… que c’est très sensiblement le même que l’année passée. Car, à part Marie Ndiaye qui fait son apparition pour cause de Goncourt surmédiatisé, en lieu et place de Le Clézio (qui devait sa place au panthéon à un prix Nobel surmédiatisé), on retrouve nos bons vieux destructeurs de forêt habituels, au premier rang desquels parade – je vous le donne en mille : le sémillant Marc Lévy !

Alors bien sûr, tous les esprits bien-pensants vont pouvoir s’en donner à cœur joie et entonner leur refrain favori sur la décadence de l’esprit français et la déliquescence de notre littérature. D’ailleurs, les lecteurs du Figaro ne s’en privent pas !

Sur Marc Lévy : « Oh mon Dieu! C'est bien triste!!!! Appeler cet homme un auteur!!!??? »

Sur le palmarès : « On est effondré en lisant ce palmarès qui est celui de la littérature de gare dans le meilleur des cas. Cela montre que les lecteurs français sont moutonniers et n'ont aucune curiosité en dehors de ces "best-sellers" encensés par les médias! »

Oui, tout cela est bien triste… Heureusement, un « étudiant dans les métiers du livre » remet un peu les choses à leur place : « Je vous rappelle que les gens cherchent davantage un divertissement que de la culture lorsqu'ils lisent. Et la lecture est une activité plus louable que d'autres... A bon entendeur... » Il a bien raison ce garçon ! Après tout, les « gens » pourraient aussi ne pas lire, et passer leur temps devant TF1, M6 et Direct 8 ! Et puis, simple remarque de bon sens : ce n’est pas parce que Pancol, Musso et consorts vendent leurs productions par semi-remorques entiers qu’on n’a pas le droit de lire Claude Simon, par exemple. Et aussi : cracher sur les palmarès, sur les gros vendeurs et finalement sur ceux qui les lisent, c’est s’acheter une « distinction » (dans le sens bourdieusien du terme.. oui je sais : la grande classe !) à très bon compte, se dire qu’on se situe bien au-dessus de cette plèbe, stupide et conformiste, éblouie par les grossières techniques du marketing comme un lapin par les phares d’une voiture.

Pour ma part, je pense avoir trouvé la solution : je ne lis que des auteurs morts, si possible depuis longtemps. Pas de palmarès, pas de campagne de pub, pas d’interview à la télé ou à la radio : ils reposent en paix, et pour le lecteur, c’est drôlement reposant. Ainsi, au milieu du silence médiatique, il ne reste plus que la musique des mots.

La seule qui vaille.


 guillaume-musso-12625.jpg

 Guillaume Musso, le Poulidor des Lettres françaises

Partager cet article

Repost 0
Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
commenter cet article

commentaires

méla33 26/01/2010 11:36


Non justement il n'est pas mort...Cette tentative humoristique ayant lamentablement échoué, je m'abstiendrai d'expliquer la "blague", ce serait encore plus pathétique. Je sors.


Aloysius Chabossot 27/01/2010 09:33


Mais non ! Revenez !


méla33 25/01/2010 23:13


Et mince! Dois-je comprendre que lire Barbara Cartland ne m'aidera pas à briller en société?! Si j'avais su que la mort d'un auteur n'était pas gage de talent, j'aurais choisi Paul Loup
Sullitzer!


Aloysius Chabossot 26/01/2010 11:16


Parce qu'il est mort, Paul Loup ?
(qui n'a d'ailleurs écrit aucun de ses livres, son "ghostwriter" attitré étant Lou Durand, qui lui est bien vivant (enfin je crois))


méla33 23/01/2010 19:53


Ne lire que des auteurs morts... ok mais imaginons... Gavalda, Musso, Pancol et Levy  meurent (ensemble de préférence, dans le crash du jet qui les emmenait au salon du livre de Mourlin les
Oies) et ben résultat: on est dans la merde!


Aloysius Chabossot 25/01/2010 16:24


Vous mettez le doigt sur un vrai problème : doit-on lire tous les écrivians morts sous prétexte qu'ils le sont (morts) ?
Non bien sûr. Un bon auteur, une fois mourru, reste un bon auteur. Un mauvais auteur, pour sa part, devient un auteur oublié.


robert 18/01/2010 14:31


Poulidor de la litterature peut-etre, mais un Poulidor qui n'a pas de mal pour payer ses factures de fin de mois....


Aloysius Chabossot 19/01/2010 09:08


Je ne vois pas trop le lien, là...


valy christine oceany 17/01/2010 13:14



J'ai eu aussi longtemps la même idée en tête. Lire que les auteurs disparus. Et puis, voila, je suis tombée sur Murakami ( il n'est pas mort mais pas dans le palmarès non plus) très bon écrivain,
et sur Martin Winckler, français vivant à Montréal, donc, invisible sur les médias français, hors compétition médiatique.
Pour être sincère, je n'ai rien alors là rien lu de ce mr Levy, ni Musso, ni Angot. J'ai feuilleté les livres en librairie et...je les ai rangé à leur place, sur l'étagère.


J’ai acheté un Jourde par curiosité, mais je n’arrive pas à me plonger dedans.


Je crois que le lecteur français est moutonnier, oui. Il aime le confort, donc, il lit ce qu'on lui propose sans chercher plus loin. Je répondrais à cet étudiant :  si le palmarès sera
composé par les livres de Camus, Zola, Murakami, Tolstoï, Dostoïevski, Jaenada, Fanté, etc, ils liront ces auteurs là et l'on dira pareil, tant mieux du moment qu'ils lisent.
  




Aloysius Chabossot 18/01/2010 09:30


Oui, mais il s'agit là du palmarès des meilleurs ventes, et non pas des meilleurs auteurs.
Par ailleurs, je pense que tous les publics sont, par définition, moutonniers, quelle que soit leur nationalité (Et je n'ai pas honte de dire que je fais parfois partie du troupeau, il arrive qu'il
y ait de bons bergers ! :)