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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 14:25

Le manque de temps est l’un des principaux arguments que les prétendants à la littérature avancent lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi ils sont bloqués depuis 5 ans sur le milieu du second chapitre de leur grand œuvre, précisément au moment où Tatie Olga découvre Brutus, l’épagneul breton du voisin, la queue coincée dans le grillage du poulailler. Et lorsque je parle des arguments qu’ils avancent, c’est bien sûr une façon de s’exprimer puisqu’en général, personne ne songe à leur demander où en sont leurs travaux d’écriture, dans la mesure où tout le monde s’en fiche (sauf peut-être Brutus, qui commence à trouver le temps long, sans parler de cette douleur à la queue de plus en plus insupportable).

La solution à ce problème vient – enfin – d’être apportée à la très récente foire du livre de Bruxelles par Nicolas Ancion, jeune romancier liégeois de 39 ans. En 24h chrono, et sous la surveillance aiguisée du public (sans doute un peu moins vers 3 heures du matin), il a réussi à écrire un polar intitulé «Une très petite surface», dès à présent disponible en téléchargement sur le Net.

Jeunes postulants à la gloire littéraire les pieds empêtrés dans le tapis du deuxième chapitre, vous savez ce qu’il vous reste à faire : vous enfermer à double tour dans votre chambrette avec pour seul compagnon un ordinateur en état de marche et 30 litres de café. Vingt-quatre heures plus tard, vous tiendrez entre vos mains ébahies (oui, les mains peuvent s’ébahir, c’est même assez courant) le fruit de vos efforts, que vous n’aurez plus qu’à adresser aux plus grands éditeurs (qui l’attendent déjà en se rongeant les ongles d’impatience).
Et puis surtout : Brutus vous en sera éternellement reconnaissant (sauf s’il meurt à la fin).

 

PS1 : J’ai lu quelques pages du roman en question (pas celui avec Brutus, l’autre) et je dois avouer que c’est assez bluffant, compte tenu du temps imparti. Bien sûr, certains tatillons ne manqueront pas d’observer que l’ouvrage ne compte que 84 pages, que c’est écrit bien gros et qu’il serait plus juste en l’espèce de parler de longue nouvelle. Les tatillons ne sont jamais contents.

PS2 : Les tatillons (toujours eux) avanceront que cet « exploit » n’est pas nouveau, puisqu’il a déjà été accompli en 1927 par Georges Simenon, écrivain prolixe s’il en est.

Les tatillons auront tort. Si l’affaire (Simenon devra écrire un roman sous les yeux du public, enfermé dans une cage de verre) est bien conclue entre Eugène Merle, directeur de plusieurs journaux parisiens et l’écrivain, elle ne réalisera pourtant pas, pour des raisons qu’on ignore (pourtant il y avait une somme rondelette à la clé). L’épisode dit « de la cage de verre » marquera pourtant les esprits et sera directement versé au compte de la légende simenonienne, à tel point que plusieurs journaux ont cru bon relater l’événement alors qu’il n’a jamais eu lieu. 


http://www.cyberpresse.ca/images/bizphotos/435x290/200911/27/127418-enfermes-ancienne-cage-singes-homme.jpg 

Amélie Nothomb travaillant sur son prochain roman 

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Published by Aloysius Chabossot - dans Comment écrire un roman
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commentaires

comme-un-dimanche-sans-papier-toilette.over-blog.n 18/11/2010 20:48



Un peu à la sauce de la technique de la coquille de noix ou de la colle au cul.



alexandra 18/05/2010 18:10



Pour l'histoire du mec qui s'enferme dans sa chambre pendant 24H pour ecrire un livre,je signale que ce n'est pas possible dans tout les cas.He oui, je suis restée 3 heure a ecrire mon roman, et
je n'ai écrit qu'une page! Autre cas, j'ai passé 2 heures a ecrire, j'ai ecris 5 pages (pour infos, j'ai ecris 50 pages, j'en ai vu des cas...).


Conclusion:Pour écrire un roman, de temps en temps,on a besoin de réfléchir, au noms des personnages et à leurs apparences comme à l'histoire elle meme.


Contre-conclusion:Si une personne a bien réfléchit, elle peut ecrire son roman facilement et rapidement, lele si cela signifie qu'elle a deja refléchit avant...



Aloysius Chabossot 25/05/2010 09:41



J'ai lu plusieurs fois votre commentaire... Je ne sais toujours pas si vous plaisantez ou pas.



sophie 11/04/2010 19:07



Une fois j'ai passé 24h enfermée dans un bus Eurolines. Mais j'ai rien pu écrire à cause du mal des transports. Faudra que j'essaie la cage.



Aloysius Chabossot 12/04/2010 10:06



si vous n'êtes pas claustrophobe.



HELENA GRANTHAM 13/03/2010 23:28


On fait tout un cas des écrivains... j'écris des romans, nouvelles et contes (une semaine pour pondre une nouvelle de 40 pages) juste histoire de raconter une histoire sympa pour des lecteurs
pas regardant sur ci et ça...  qui lisent vite et aiment lire.

Et pourtant, je ne me suis jamais considérée comme "écrivain"... plutôt comme écrivante... (oui, je sais, on l'a certainement déjà dit)


H.G




Helena Grantham



Aloysius Chabossot 15/03/2010 09:44


Vous pondez des histoires pour des lecteurs pas regardant, d'autre peaufinent des récits pour des lecteurs qu'ils imaginent exigeants. L'essentiel est que chacun s'y retrouve et que tout le monde
soit content.


Pierre-Louis 11/03/2010 12:26


Bon il faut que je m'y mette, ça fait 3 heures que je dis ça....