Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CONTACT

(cliquez sur la photo)


 

21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 14:50

J’ose le dire, j’aime Houellebecq. Je trouve que c’est un auteur important, même dans ses livres en partie ratés comme “La possibilité d’une île”. Cet intérêt n'est pas nouveau, il remonte pour être précis à 1994, date à laquelle j’ai découvert, par hasard, “Extension du domaine de la lutte” premier roman paru chez Maurice Nadeau, éditeur mythique et honteusement sous médiatisé. Le succès qui est venu un peu plus tard, basé en partie sur des malentendus stupides entretenus par les média (les scènes de sexe, les jugements sur l’Islam...) n’ont pas altéré mon jugement, ni en bien ni en mal, et j’ai continué sur ma lancée, à ne m’intéresser qu’au texte proposé. Et j’avoue que j’y ai toujours trouvé quelque chose, duisons un regard porté sur notre société que je ne trouvais pas ailleurs, surtout exprimée de manière aussi singulière, à la fois pleine de désespoir et de drôlerie.

Et puis début septembre est sorti “La carte et le territoire”. L’ensemble de la presse, avec une belle unanimité qu’elle n’avait jusqu’alors jamais connue, se perd en dithyrambes : le roman serait profond, intelligent, audacieux, drôle, bref un chef d’oeuvre absolu qui ne pouvait, cette fois, louper le Goncourt tant convoité depuis des années.

C’est donc avec une certaine fébrilité mêlée tout de même d’appréhension que je me suis jeté sur“La carte et le territoire”.

J’avais raison d’appréhender un peu. Car il s’agit d’un roman moyen, gris, terne, sans véritable ligne directrice, et il faut bien le dire, on s’ennuie donc souvent à la lecture de ces 440 pages, à aucun moment relevées par la vision distanciée, cruelle et drôle à laquelle Houellebecq nous a habitué dans ces précédentes productions. On a comme la désagréable impression qu’il a écrit tout ça en pilotage automatique, offrant ainsi une version délavée de son écriture. D’un point de vue narratif, en outre, il possède un défaut d’importance : le personnage Jed Martins, artiste de son métier, ne possède aucune motivation véritable, et on a la fâcheuse impression que tout lui tombe tout cuit dans le bec. C’est un héros mou qui ne suscite aucune tension, aucune opposition, bref, il est inintéressant, voire parfois antipathique, et il faut attendre la dernière partie du roman pour le voir prendre vie un tantinet, lorsqu’il rencontre un personnage (le flic) qui lui est totalement opposé.

Quant aux moments de rigolade tant vantés par la critique aux anges, j’avoue que je cherche encore… Il ne suffit pas de mettre en scène des personnages publics, comme Beigbeider, Jean Pierre Pernaut (ou Houellebecq en personne) dans des situations plus ou moins grotesques pour amuser le lecteur. C'est même un procédé assez vulgaire et facile, qui de plus n’apporte rien au roman.

Alors forcément on s’interroge sur l’engouement massif de la presse, et c’en est presque comique de parcourir, après lecture du livre, certaines critiques au bord de l’extase (“Houellebecq, un génie”...) parues ici et là, tant le décalage est considérable.

Si vous ne connaissez pas encore Houellebecq (mais est-ce possible d’au moins ne jamais en avoir entendu parler, surtout ces dernières semaines ?) je vous conseillerais plutôt de vous rabattre sur ses titres plus anciens, comme “Rester vivant” (Librio, 2 euros), recueil de textes, et son premier roman “Extension du domaine de la lutte” (J’ai lu, dans les 4 euros), et de réserver “la carte et le territoire” comme cadeau de Noël à votre belle-mère.

 Houellebecq.jpg

 A gauche, Michel Houellebecq, habillé en tapis d'éveil

Partager cet article

Repost 0
Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
commenter cet article

commentaires

jean-yves 30/06/2011 18:46



J'ai lu il y a déjà longtemps Extension du domaine de la lutte. Le propos m'a paru pertinent et j'ai bien aimé les personnages. Mais il y a les passages pseudo-scientifiques qui sont pénibles à
lire. Ensuite j'ai lu Les particules élémentaires, ou j'ai retrouvé les mêmes aspects qui m'ont plu.


J'aurais bien lu les suivants mais ce qui m'a arrêté, c'est justement les annonces médiatiques précédant la sortie des romans. J'y ai vu un copinage qui m'a paru suspect. Le pire, ç'a été à la
sortie de... je ne me souviens plus du titre, l'avant-dernier, je crois. Soi-disant qu'il y avait une polémique alors que le livre n'était même pas dans les librairies! L'intention commerciale -
manipulatrice - était manifeste et du coup je ne lis plus ce type. Même ceux qui dénoncent les tares de notre société ne peuvent s'empecher d'y succomber quand ça les arrange. Dans le dernier, il
paraît qu'il n'y a que des femmes belles, sympas, séduisantes... Il a même laissé tomber sa misogynie et son anti-féminisme. Quel intérêt, alors?



gamberini 26/11/2010 21:58



Ne finissez pas votre article très intéressant par une phrase idiote sur les belles mères   J'en suis une et ravie en plus!



Aloysius Chabossot 05/12/2010 00:11



Vous êtes une phrase idiote sur les belles-mères ?


Et ravie de l'être, en plus !


Mince alors...



valentini 23/11/2010 19:56



 


Oeuf de Colomb, boeuf


 


(aux chasseurs d'autruches qui trempent leurs propres plumes dans du goudron)


 


Je n'ai pas d'opinions sur les hypermarchés,


s'ils sont le ventre mou de sociétés à chier,


les panzer-divisions du crédit revolving,


néo-roman du docteur Pong et mister Ping!


Arrêtons d'éditer d'aussi tristes aveux,


une bonne idée est d'y foutre le feu.



sol 22/11/2010 18:14



 Pour faire court, j'ai lu et je me suis fait chier. Pourtant d'habitude je suis plutôt client. Quant à lui filer le Goncourt pour ça...Hahahah.



gowitt 14/11/2010 19:50



Alors M. B.D on fait une petite crise ? J'oserais dire  un caca nerveux, mais vous en avez tiré la primeure. A défaut de me baiser le front, baisez donc mon fondement, cela sera peut-être
salutaire à mon caca nerveux. Ne vous donnez plus la peine de répondre ni de m'écrire, vous m'êtes antipathique et je n'aime pas les cuistres de votre espèces. Vos recommandations
littéraires mériteraient de figurer sur un déversoir de papier à caca nerveux, et l'idée de publier un roman sous votre tutelle tient de la bonne plaisanterie. Adieu M. Brice.



Aloysius Chabossot 14/11/2010 20:19