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Bouche à oreille

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Mardi 7 août 2007
ATTENTION ! CETTE SECTION EST FERMEE;
N'ENVOYEZ PLUS DE TEXTE, S'IL VOUS PLAIT.
MERCI DE VOTRE COMPREHENSION.



Beaucoup de personnes m’envoient des textes que je n’ai hélas pas toujours le temps de lire, et encore moins de commenter comme je le voudrais. 

Aussi, je propose, pour les plus courageux d’entre vous, d’ouvrir une rubrique « Avis sur texte »  où vous pourrez soumettre un de vos récits (nouvelle ou extrait de roman) à l’appréciation des internautes. 

Le format devra être relativement court, pas plus de 3000 signes (plus long, cela décourage la lecture). 


Pour plus de clarté, il n'y aura qu'un texte par post. 

Si vous désirez vous présenter, et/ou présenter votre texte, faites-le au tout début du document, je mettrai cette partie en italique.
Il va sans dire que les commentaires (dont les miens) devront être un tant soit peu argumentés et totalement dépourvu de méchancetés gratuites. 

Le but est de faire progresser l’auteur, en appuyant parfois où ça fait mal, certes, mais jamais en essayant de lui enfoncer la tête sous l'eau. Et les compliment ne sont bien entendu par exclus !

 





Doisneau


NB : Les textes publiés n'apparaitront pas en page d'accueil, mais directement dans la partie "Avis sur texte"

Pour les lecteurs : N'hésitez pas à fouiller au delà des premières pages; des textes intéressants s'y cachent, qui parfois ont reçu très peu de commentaires...


 

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Lundi 6 août 2007
J'ai 64 ans et je suis d'origine libanaise. Jusqu'en 2004, je n'avais écrit que du courrier commercial et administratif. Dès la retraite, encouragé par le benjamin de la famille, je me suis mis à écrire quelques courts textes autobiographiques et un peu de poésie.

- Voici un souvenir d'enfance :
 


 C'était en 1950...

 

J'allais sur mes sept ans. C'était en 1950, à Kankan en Guinée (française), par une de ces chaudes nuits de saison sèche où la température avoisinait le 40° C.
Dans la cour, en plein air, notre père avait fait installer des plateformes en bambou où, enfants, nous dormions par groupes de deux où trois. Les deux grands, Sami et Annie, sur l'une, Michel, Irène et moi sur l'autre puis Brigitte dans son berceau. Quatre poteaux de bois, entre lesquels étaient tendues des tringles de fils de fer, supportaient les grandes moustiquaires qui nous protégeaient de toutes les bestioles de la nuit.
Irène, active et souvent téméraire, qui supporte bravement la douleur physique, a toujours eu peur du noir et de l'orage. Elle dormait près de moi et je devais lui tenir la main, pour la rasséréner, pour qu'elle puisse s'endormir.

Le petit déjeuner, au petit matin, quand il y avait un semblant de fraîcheur, était à chaque fois une petite fête. Nous avions l'impression de pique-niquer, là, entre les fleurs et le jardin potager.

L'éclairage était assuré par une lampe à pétrole sous pression. Ses 500 lux fournissaient une lumière suffisamment vive dans un rayon de trois à quatre mètres. Pour les chambres et les déplacements, une lampe "tempête" suffisait.

Une main me caressait le front, j'entendais doucement prononcer mon nom. Ouvrant les yeux, je vis, penché sur moi, mon père qui me réveillait... chut !... Etonné, je regardais tout autour, ne comprenant pas ce qui se passait.
Sami, prompt à bondir, comme d'habitude, repoussait les moustiquaires de côté pendant qu'Annie se frottait les yeux. Ghazi rechignait un peu...

- Qu'est-ce qu'y a... qu'est-ce qu'y a ?... Irène, un peu effrayée, venait de se réveiller elle aussi.
- Chut ! chut !
... Ne pas réveiller maman, ni Brigitte.
Il devait être près de deux heures du matin.

Nous venions de comprendre. S'allongeant entre nous, Annie au creux d'une épaule et Ghazi au creux de l'autre, notre père, sur le dos, nous montrait le ciel du doigt.
C'était une de ces nuits africaines qu'aucune lumière parasite ne venait troubler. Et là-haut, devant nos yeux écarquillés, en une immense jonchée de diamants, la voie lactée, scintillant de tous ses feux, nous offrait le plus prodigieux des spectacles.
Le sourire jusqu'aux oreilles, immobiles et émerveillés, nos yeux débordant d'étoiles, nous avions l'impression d'assister à un miracle.

- Vous voyez là-bas, chuchotait notre père, c'est la croix du sud, et là, presque au-dessus de nous, ce grand chariot, c'est la Grande Ourse, et aussi ce petit chariot, la Petite Ourse...

Notre imagination, en mille péripéties, vagabondait du Lion au Scorpion et de l'Aigle au Dragon...
Un bonheur immense nous emplissait. Inconsciemment, nous comprenions que notre père venait de nous faire le plus merveilleux des cadeaux. J'ai encore en mémoire ce sentiment de tendresse que j'éprouvais pour lui.

Aujourd'hui encore, chaque fois que je lève les yeux vers la voûte étoilée, je me souviens !

Abidjan, Le 20 avril 2005
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