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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 12:03

 

 evil becq

Je sais...

J'assume...

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 14:26

C’est un vieux clou rouillé sur lequel Melle Wrath, pour ne pas la citer, tape allégrement depuis des années sans laisser deviner aucune trace d’un début de lassitude : “Pour être publié, il faut avoir du piston” et son corollaire : “Les manuscrits envoyés par la poste ne sont pas lus”.

Ce leitmotiv très simple (voire simpliste) a l’air de convenir à de nombreux apprentis écrivains qui trouvent là une explication bien pratique à leur échec éditorial, et les dispense de toute remise en question vis-à-vis de leur production, forcément géniale.

Notre but ici n'est pas de les contrarier (s’ils sont heureux ainsi, c'est le principal) mais plutôt d’apporter un bémol à cette belle certitude.
Le bémol, en l’occurrence, s’appelle Antonia Kerr. Antonia, à 22 ans, vient de publier chez Gallimard son premier roman “Des fleurs pour Zoë”. Pourtant, Antonia n’est pas fille d’académicien, ne louvoie pas dans le petit milieu germanopratin de l’édition (elle habite en province), n'est pas présentatrice vedette à la télé, ni actrice en vue... Bref, Antonia est juste une inconnue qui a envoyé son manuscrit à différents éditeurs...PAR LA POSTE ! (oui, je sais, c'est horrible), et pour qui ça a marché.

Mais soyons réalistes : il y a une raison très simple pour expliquer sa réussite : son roman est excellent, et dès les premières pages, on comprend pourquoi l’éditeur l’a distingué des centaines d’autres manuscrits arrivés par la même voie.

 

Interview express d’Antonia

Quand avez-vous commencé à écrire ?
C'est un peu cliché, mais j'ai commencé tôt (à quinze ans).

Concernant votre roman, quand avez-vous commencé à le rédiger ?
Il y a quatre ans.

Quel en est le thème (ou un petit résumé, si vous préférez…)
Très rasoir. Une histoire d'amour entre un homme et une femme.

Vous êtes éditée chez Gallimard. Comment cela s’est passé : envoi par la poste, ou bien connaissiez-vous quelqu’un dans cette maison, ou avez-vous été recommandée ?
Encore très rasoir, j'ai été publiée par la poste (je vis loin de Paris). Alors oui, on lit les manuscrits envoyés par la poste chez Gallimard !

Vous a-t-on demandé de réécrire certains passages, ou l’a-t-on pris « tel quel » ?
Non, mon éditeur m'a dit de ne rien changer, simplement de retravailler certaines phrases.

A combien de maison avez-vous adressé votre manuscrit ?
Neuf maisons, les principales. J'ai reçu deux réponses positives.


kerr

 

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 15:24

 

Nous avons pu nous procurer en exclusivité les premières pages de l’autobiographie de Justin Bieber, prévue pour début octobre au Etats-Unis.

 Je suis né  à Stratford, Ontario le 1er mars 1994. A cette époque, Bill Clinton était président des Etats Unis depuis 93, et il pensait sans doute déjà à son second mandat qui débuterait très précisément le 20 janvier 97, après des élections plus que serrées. Vous vous dites sans doute que cette mise en perspective historique ne présente pas le moindre intérêt et vous aurez parfaitement raison, d’autant plus que je suis canadien. Néanmoins, cela m’aura permis de noircir quelques lignes sans trop de problème. Mais revenons à moi, car c’est avant tout pour ça que vous avez acheté ce livre, public adoré, je t’aime.

Quelqu’un a dit un jour : “ On ne naît pas star, on le devient” Je ne sais plus s’il s’agit de Mickael Jackson ou de Pierre Bérégovoy, mais l’un ou l’autre ils avaient tort. Pour ma part, aussi loin que le flot impérieux de mes souvenirs me mène, j’ai toujours arboré cette tête à claque sur laquelle repose une grande part de mon succès. Et franchement, je trouve ça génial. Souvent on me demande : mais d’où te vient ce charisme colossal qui habite ta personne de la tête aux pieds, et aussi cette coupe de cheveux, est-ce que c'est un coiffeur qui te l’a fait ?

Rassurez-vous, je vais dans ce livre répondre à toutes les questions que vous vous posez sur moi et à d’autres auxquelles vous n’avez pas pensé, comme “Combien coûte une livre de charbon dans le Connecticut”? Et on va passer un chouette moment tous ensemble, vous à me lire, et moi à écrire ce livre, même si on ne fait pas toutes ces choses en même temps. Ce n'est pas grave finalement, car ce qui compte avant tout, c'est l’amour de mes fans, et réciproquement.

Et pour commencer, je vais vous révéler un secret, je vais vous dire pourquoi j’écris ce livre. En fait, tout vient de Scooter Braun. Scooter est mon agent, et j’ignore si c'est son vrai nom, surtout depuis que l’on m’a révélé qu’en France ça voulait dire Motocyclette Marron. Mais franchement je m’en fiche un peu, car ce type est vraiment cool, c’est lui qui m’a découvert sur youtube et qui a su immédiatement déceler l'énorme potentiel artistique qui se cachait en moi. Au début, il a cherché la bonne formule. Il a d’abord voulu m’imposer comme sosie de Mickael Jackson dans le circuit des animations commerciale en hypermarché, et une tournée était même prévue dans le sud Dakota. Mais mes parents n’étaient pas très chauds, et puis j’ai fait une rougeolle. Et là pour la première fois de ma vie je me suis mis à douter de moi, de mon art, de la raison de ma présence sur terre et franchement c’était pas cool. Heureusement ce bon vieux Scooter était là pour me soutenir... Mais je réalise que je n’ai toujours pas répondu à la question que je m’étais moi-même posée : pourquoi ce livre ?

La semaine dernière, Scooter m’a regardé droit dans les yeux, a posé ses mains sur mes épaules et m’a dit :” Man, c’est cool, tu as la belle vie, tu peux manger au Macdo autant que tu veux et tu as une chambre super-cool avec la Wiiet la playstation 3 branchée sur un écran plat de 81 cm de diagonale. Mais regarde un peu l’avenir en face : bientôt ta voix de petit chanteur à la croix de bois va bientôt laisser place à un bruit de chasse d’eau graillonneux, tes fans vont grandir et vite se rendre compte que tu n’es qu’un braillard à moumoute de plus qui répéte 50 fois « Baaaaby » dans ses chansons… Tu sais ce que sont devenus les Poppys, man ? Ou les Bay City Rollers ?  Ou Jairo ? Moi non plus, et c'est bien le problème. Alors avant de finir comme Macaulay Culkin, il va falloir penser à engranger un maximum de pognon avant que le monde t’oublie une bonne fois pour toutes.Man, tu vas écrire ta biographie”.

Bien que partageant dans les grandes lignes son analyse, je m’insurgeais cependant (car je suis un peu rebelle) : “Man, j’ai 15 ans, ma bio va faire 3 pages !” Et là il m’a répondu : “T’inquiète pas pour ça, dude ! De toute façon, tes fans sont trop ankylosés de la cervelle pour  faire la différence entre un Harry Potter et une liste de course. Alors tu raconteras tout ce qui te passe par la tête, ça fera l’affaire”.

Et c'est précisément ce que je suis en train de faire.

justin-bieber-first-step-2-forever.jpg

Il s'agit du premier tome, qui couvre la naissance de Justin jusqu'à sa première érection.

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 11:45

La nouvelle est tombée sans crier gare sur mon téléscripteur : Jean-Louis Courjault s’apprête à sortir un livre !  Ma première réaction a été de m’exclamer : “Chouette alors ! “ car je fais partie de ceux pour qui la parution d’un ouvrage, quelle que soit sa nature, ne peut être que synonyme d’allégresse incontrôlée et de réjouissance sans fin. Jean-Pierre Pernaud écrit un dictionnaire des métiers oubliés ? Picrate à gogo !  Justin Bieber s'attelle à sa biographie ? Big Mac à volonté ! Régine nous raconte ses années ménopause ? Lignes de coke pour tout le monde !

Passé un petit moment d’euphorie tout à fait légitime,  j’ai eu toutefois une seconde réaction : “Mais qui est Jean-Louis Courjault ?” J’étais d’autant plus circonspect que la sonorité de ce nom prononcé à voix haute ne provoquait en moi aucun des réflexes pavlovien qui assaillent généralement mon être à l’audition d’un patronyme fleurant bon le strass et la paillette : salivation abondante, tremblements compulsifs, truffe humide (et j’en passe). Faites d’ailleurs le test par vous-même : dans la liste suivante, où se trouve, selon vous, l’intrus :

-Lady Gaga

- Loanna

- Maradonna

- Carlita

- Jean-Pierre Courjault

Alors ? Edifiant, je ne vous le fais pas dire.

Bien évidemment, je n’allais pas en rester là. Mettant à profit ma sagacité coutumière, je suis parti à la recherche de renseignements sur ce fameux  JL... Eh bien figurez-vous qu’il s’agit de l’époux légitime de cette femme qui, probablement pour de solides raisons pratiques mais dont le fondement nous échappe encore un petit peu, avait déposé dans la partie "congélateur" de son frigo 3 nouveaux nés qui, hélas, n’ont pas survécu à l’expérience.  Une bien triste mésaventure que la presse, avec un sens de la formule qui l’honore et qui contribue à sa grandeur, n’avait pas tardé à désigner comme “l’affaire des bébés congelés”.

Rappelons que JL, lors du procès, a dit et répété, concernant les étranges coutumes de conservation de sa femme, qu’il n’avait rien vu, rien entendu, bref, qu’il ne s’était jamais douté de rien.

D’où mon questionnement légitime : qu’est-ce que peut bien raconter, durant 250 pages, un témoin qui n’a rien vu ? C'est un peu comme si Marcel Lupiot, domicilié en Meuthe-et-Moselle, entreprenait de nous narrer dans les moindres détails le 11 septembre 2001 à Manhattan, alors qu’à cette date précisément, il était cloué sur un lit d’hôpital suite à une malencontreuse chute de tracteur. Ou comme si Bigeard écrivait un manuel des bonnes manières. Ou Nicolas Sarkozy un traité de syntaxe. Ou Benoît 16 un manuel d’éducation sexuelle. Ou Marc Lévy un roman.

Malgré ce paradoxe, il faut bien se rendre à l’évidence : le livre sortira bien le 30 septembre, chez Michel Lafon, et ça va s’appeler : “Je ne pouvais pas l’abandonner”. Heureusement, le grand éditeur a daigné lever un voile sur le mystère du contenu : "Il [JL] raconte notamment comment il s'en est voulu de n'avoir rien vu, comment il a rencontré des experts du déni de grossesse pour tenter de comprendre et pourquoi il soutient sa femme". 

Et là, bien sûr, tout devient clair.

Première partie : JL raconte son fascinant quotidien d’avant le drame avec sa femme Véronique, sans omettre de rappeler toutes les deux pages que vraiment, il ne voit rien mais ce qui s’appelle rien.

Deuxième partie : Tandis que sa femme est en prison, JL rencontre des “experts en déni de grossesse”. Là, prévoir une compilation de tous les articles parus depuis deux ans dans la grande presse sur le sujet.

Troisième partie : c’est le quart d’heure émotion, on sort les violons  et on écoute JL nous raconter qu’il aime toujours sa femme et que malgré des défauts qu’on ne peut nier ( notamment une sous estimation de l’espérance de vie du bébé en milieu polaire) c'est pas la mauvaise fille, dans le fond.

Effectivement, le compte y est : nous avons bien nos 250 pages remplies jusqu’à la marge de vide abyssal, prêtes à être servies à une poignées de gogo en mal de sensation faitdiversiennes et nauséabondes !

Mais gaffe, mon Michel ! Tu n’es plus dans le coup ! Car le témoignage de JL risque de faire pâle figure comparé à l’affaire de Villers-au-Tertre : 8 bébés enterrés dans le jardin, et un mari qui a tellement rien vu que JL, à côté, il passerait pour un voyant extralucide.

Mais si ça se trouve, avec le sens de l’édition qu’on lui connaît, Michel Lafon a déjà signé un contrat en béton avec le mari. Le bouquin pourrait s’appeler “Je ne pouvais pas l’abandonner 2 - le retour”

 courjault.jpg

JL travaille déjà sur son nouveau livre : "Je suis le fils caché de Georges Marchais"

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6 août 2010 5 06 /08 /août /2010 11:38

En règle générale, Stéphane Guillon ne me fait pas trop rire. En tout et pour tout, il a dû m’arracher quelques sourires lorsque je tombais sur sa chronique matinale à France Inter. Mais bon, lorsqu’en juin il s'est fait virer de cette même station, j’ai trouvé comme beaucoup que le pouvoir (ou tout au moins la direction de France Inter) abusait un peu.

Mais lorsque j’ai appris que Guillon écrivait un livre sur ses déboires avec la station, j’ai réalisé qu’en définitive, tout cela répondait à une logique parfaitement huilée...

Pour comprendre le processus, il est nécessaire de remonter deux millénaires en arrière. Souvenez-vous : Jésus, la trentaine, est à la tête d’une petite secte prometteuse mais encore marginale. Toutefois les romains, qui comme chacun le sait n’aiment rien moins que les troubles à l’ordre public, veulent s'en débarrasser car les prêches du leader fichent la pagaille sur les marchés. Ca tombe bien, un associé de Jésus, un type louche répondant au nom de Judas, vend son patron aux romains pour une poignée d’euros. Jésus est aussitôt arrêté, puis cloué à une croix sur laquelle il meurt dans d’atroces souffrances (ce qui ne l’empêchera pas de revenir quelques jours plus tard à la grande stupéfaction de tous). Bref...

Imaginons à présent que les Romains, au lieu de le supprimer,  aient laissé tranquillement notre ami Jésus donner toutes les conférences qu’il voulait, tout en permettant à qui le désirait  d’adhérer à la secte...  Eh bien c'est très simple : aujourd’hui, pas de croix dans les églises, ni autour du cou, pas d’évangiles avec une fin dotée d’un suspense à couper le souffle, pas de “Passion” de Mel Gibson...  En somme, pas de religion, seulement une secte qui aurait tant bien que mal survécu jusqu’à notre époque et qui serait peut-être, ironie du sort, épinglée par la commission parlementaire chargée d’étudier les dérives sectaires en France. En résumé, si la religion catholique a pu s’imposer de par le monde, c’est paradoxalement grâce à ceux qui la combattaient, les romains. Sans eux, la religion catholique vidée de ses symboles et de sa dramaturgie n’aurait jamais existé*.

Bon. Quel rapport avec Stéphane Guillon ?

J’y viens.

Stéphane Guillon s'est toujours positionné comme un humoriste provocateur, irrévérencieux, iconoclaste. Ce positionnement, lourdement souligné, demontré, illustré  à chaque intervention de sa part, télévisuelle ou radiophonique, tout le monde l’avait effectivement bien assimilé.  Alors bien sûr, de temps à autre, quelques dents grinçaient, des menaces à son encontre étaient proférées, mais ça n’allait guère plus loin. Il manquait donc quelque chose à Stéphane Guillon pour que son statut d’humoriste-provocateur-irrévérencieux-iconoclaste soit définitivement légitimé et installé pour les siècles des siècles.

Et ce quelque chose, France Inter lui a offert sur un plateau en le foutant à la porte.

Oui mais bon... quel rapport avec Jésus ?

Je récapitule sous forme d’équation simple pour les esprits un peu lents :

Jésus = Guillon

Les Romains = la direction de France Inter

Maintenant, reste à savoir si les petits malheurs de Stéphane Guillon narré dans son prochain livre (On ma demandé de vous virer! Editions Stock, dispo en novembre)  auront autant de succès que les Evangiles (éditions diverses, dispo depuis un certain temps dans toutes les églises).

 *Cette idée n'est évidemment pas de moi. Elle a été développée par le grand écrivain argentin JL Borgès, dans sa nouvelle Trois versions de Judas. “Borges présente trois hypothèses sur la véritable nature de l'apôtre délateur. Dans la première, Judas reflète Jésus et consent à faire un sacrifice équivalent à celui de la divinité qui en s'incarnant passa de l'éternité à la mort. Dans la seconde Judas est victime d'un "ascétisme hyperbolique et même illimité" qui lui fit se juger indigne d'être bon et renoncer au royaume des cieux. Dans la troisième, Dieu pour nous sauver s'est fait totalement homme, "mais homme jusqu'à l'infamie", et s'incarna non en Jésus mais en Judas”. (http://www.davidcollin.net/textengros.php?ID=47).



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Philippe Val est mon Judas à moi




EDIT du 9/08 : J'apprends que Didier Porte écrit un livre sur le même sujet. C'eût été dommage de s'en priver, en effet. Mais attention au schisme ! Mauvais pour une religion débutante !


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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 14:19

Ne dites pas le contraire : beaucoup d’entre vous rêvent de devenir le prochain Rimbaud. D’abord parce que ce type avait la classe et puis aussi, il faut bien le dire, écrire des poèmes ça prend quand même moins la tête que de pondre un roman.

Seul souci : personne n’édite de poésie. Le prochain Arthur est-il donc condamné à se morfondre au fond de son trou, ignoré de tous ?
Que nenni ! Car il existe une solution récemment testée avec un indéniable succès par Jonathan C. Hirschberg. Rappel des faits : Jonathan est un brillant jeune homme ayant participé à l’émission “Secret story”, troisième édition, sous le sobriquet/diminutif de Jon (rappelons que son secret était : « J’ai un QI supérieur à la moyenne », mais il n’était pas précisé s’il s’agissait d’une moyenne générale ou de celle des candidats).

 L’exposition médiatique qui en a découlé a permis à notre ami de bénéficier d’une reconnaissance non négligeable auprès d’un public friand de belles-lettres et de vers raffinés. Aussi, une fois retourné à la vie civile, après avoir échoué en finale (un poète ne peut être un winner), Jon a immédiatement contacté “son” éditeur (édition La Bruyère, exclusivement du compte d’auteur), et fort de son prestige nouvellement acquis, lui a suggéré de publier au plus vite son recueil de poèmes. Mais laissons la parole à Jon : "Cela faisait quatre ans que mon éditeur les avait dans ses tiroirs. On a trouvé que c'était le moment opportun pour les éditer”. Le moment opportun, c'est le moins qu’on puisse dire. Curieux tout de même de la part de La Bruyère, puisque pour un éditeur à compte d’auteur, c’est TOUJOURS le moment opportun pour publier, dès lors que le gogo écrivain finance l’opération.
Mais passons : le livre sort enfin, et nous ne résistons pas à l’envie de reproduire ici “la présentation de l’éditeur”, agrémenté, cela va de soi, de quelques commentaires:

Poèmes à coeur ouvert
(c'est le titre, il est tout simplement magnifique, simple et poignant, j’avais une voisine en CE2 qui avait marqué la même chose sur la page de garde de son cahier Barbie.)
Littérature, Ecriture, Poèmes, voici la vraie passion de l’auteur : le jeu des mots, le « Je » des maux (Waow ! J’espère que vous situez le niveau, là ?), les souvenirs d’un vécu (oui, parce que les souvenirs tout court, ça faisait un peu sec), les émotions du temps révolu (je sens les larmes monter), des vers dédiés à nous tous, inconnus (ce qui offre un lectorat potentiel plus que convenable, vous en conviendrez).
Avec ce premier recueil de poèmes, l’auteur ne cherche qu’une « chose », émouvoir (première chose), intriguer (deuxième chose), partager son amour (troisième chose), comme si nous étions l’un de ses proches. (Et devenir l’un des proches de Jon, n’est-ce pas un peu le rêve de nous tous, inconnus ?)
Avec un style habile, l’auteur nous atteint en plein cœur. (Pour écrire des poèmes, ça peut être effectivement utile de posséder un style habile. Baudelaire avait un style habile, Verlaine aussi, mais ils ne nous atteignaient certainement pas en plein coeur, comme Jon).
En lisant ce recueil, le temps file (en faisant la vaisselle aussi, notez bien), les émotions s’installent et nous aident à réfléchir pour apprécier le Mieux et annihiler le Pire (Mon Dieu ! Des émotions qui, en s’installant, m’aideraient non seulement à apprécier le Mieux, mais en plus, tenez-vous bien, à annihiler le Pire (avec majuscule). Mais ce bouquin devrait être remboursé par la Sécu !)

Si vous êtes normalement constitué, c’est-à-dire doté d’un coeur qui bat, d’une âme sensible et accessoirement d’une carte bleue dont la date d’expiration n’est pas encore atteinte, vous devez déjà être occupé, en ce moment même,  à commander l’ouvrage sur le site des éditions La Bruyère (qui, dixit sa présentation “tout au long de ces 31 années d’expérience ont pu acquérir et renforcer leur savoir-faire en matière d’exigence éditoriale”).

Si vous êtes un sans-coeur, un cynique, et que vous pensez qu’il s’agit d’une vulgaire opération commerciale, lisez plutôt la déclaration de Jon, parue dans le journal Public du 30 avril 2010 :
"Je sais que certains vont me critiquer, mais l'écriture c'est ma passion. Ces poèmes, je les ai écrits entre 15 et 18 ans. C'était une façon de décharger mes émotions à un moment".

Alors, les sans-coeurs ? On doute encore de la sincérité de Jon ?

Et il ajoute : “Mais sur la couverture, je n'ai pas signé Jon de Secret Story. Avec ou sans l'émission, j'aurais de toute façon publié ce recueil".

Ah ! Vous voyez bien que ce n’est pas une minable opération commerciale ! (Même si c’était quand même “le moment opportun pour les publier”, voir plus haut).

Toujours pas convaincu ?
Vous me forcez à utiliser les grands moyens : la grosse Bertha, que di-je, la Bombe H.
Apprêtez-vous donc à apprécier le Mieux et à annihiler le Pire : voici deux extraits qui, comme dirait le poète, vont vous mettre sur le cul.

L’espérance
Où l’on apprend, au milieu de rîmes riches comme s’il en pleuvait, que le mot « espérance » est le vrai pouvoir.

C’est le mot évident qui nous permet de croire
C’est grâce ainsi à lui que nous voulons y voir
Sans en avoir conscience, c’est lui le vrai pouvoir
Et durant ton absence, je survis dans l’espoir

La folie raisonnable

(« Tu écriras un court poème en t’appuyant sur la définition du dictionnaire d’un mot que tu auras choisi » Test de niveau – CM2)

 Quand on parle Folie, c’est en terme incompris,
Puisque définition de cette interjection
Est donnée par la France, et son Académie
Comme une « iniquité »... « Passagère de l’esprit ».


Alors ? Pas sûr que le pire soit annihilé, mais on a bien rigolé, non ?

 

jon-tout-nu

Durant "Secret Story" Jon était contraint de dissimuler sa sensibilité à fleur de peau sous une apparence frivole.


Aujourd'hui, il peut enfin dévoiler sa véritable nature au grand jour :

jon

Serait-ce un gendarme et son fidèle gilet pare-balles occupé à verbaliser un couple de naturistes contrevenants sur une plage de Bretagne nord (les inconscients) ? Mais non, c’est Jon le poète qui cherche l’inspiration !


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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 12:05

Une nouvelle qui va réjouir les amateurs de littérature exigeante et novatrice : les mémoires de Victoria Silvstedt seront sur tous les étals des bons libraires pour la rentrée de septembre.

Pour ceux qui vivraient éloignés de la sphère intellectuelle parisienne, ou plus simplement qui n’auraient pas la télé, rappelons que cette digne descendante d’August Stindberg présente chaque soir en compagnie du nouveau philosophe Christophe de Chavannes « La roue de la fortune », jeu conceptuel aux forts relents métaphysiques. Disons pour être plus précis que Victoria, juchée sur des talons himalayens, découvre des lettres inscrites sur de gros cubes qu’on imagine en plastique, en faisant pivoter sur leur axe lesdits cubes d’une main experte et gracile. Accessoirement, elle découvre ses dents lorsque Christophe Dechavannes lit une des blagues inscrites sur ses fiches en bristol. On comprend dès lors que Victoria a des milliers de choses à raconter, et qu’un fort volume de mémoire ne sera pas de trop pour exposer toutes les fulgurances qui traversent sa cervelle lorsqu’elle arpente l’estrade de TF1. Toutefois, Victoria refuse que la lecture de son livre ne soit réservée qu’à une petite élite germanopratine habituée au maniement des concepts les plus ardus. Elle confie à l’hebdomadaire Téléstar : "Il s'agira d'un mélange d'autobiographie et de conseils pour les filles, pour qu'elles réussissent à s'affirmer, à y aller en force". Il faut donc s’attendre très bientôt à ce qu’une cohorte de winneuses nourrie aux recommandations de Victoria envahisse toutes les sphères de la vie publique et privée.
Fidèle à une réputation solidement établie de journalisme d’investigation sans concession, « Téléstar » a cherché à dévoiler le « background » littéraire de l’écrivaine bonnasse , qui répond, fine mouche : « Je suis nulle en littérature. La lecture, très peu pour moi ! D’ailleurs, je lis rarement ». Promesse d’un style plein de fraîcheur, bien éloigné des phrases méandreuses et rances auxquelles nous ont trop habitués les écrivains installés ! Néanmoins, n’allez pas imaginer que Victoria se désintéresse totalement de la grande littérature contemporaine. La preuve : ces jours-ci, un grand projet lui tient particulièrement à cœur : « Là, je vais m'attaquer à mon premier livre en français : c'est "Parkeromane" de Eric Naulleau. (...) J'aime bien parce que c'est facile à lire et c'est écrit en gros ».
Mais revenons à ce qui nous intéresse tous au premier chef : la bio de Vivi. Titre pressenti : « Victoria’s secret ». Toutefois, si le fabricant de slip à trou-trou cherchait à lui mettre des bâtons dans les roues, rapport à l’image de marque, notre grande cheminée blonde a d’ores et déjà prévu la parade avec un titre de rechange : « Dans la tête de Victoria ».
Franchement, difficile de résister à un programme aussi prometteur.
Sinon, Victoria, d’autres projets d’écriture ?
« Oui, un livre d’entretiens croisés avec Alain Badiou, ou Mickael Vendetta, je ne sais pas encore ».

 PS : les citations sont véridiques, sauf une.

 

 

victoria tf1
"Saperlipopette ! Serait-ce donc cela qu’on appelle un livre ?"

 

 

 

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 21:41

On connaissait la chik’lit, littéralement littérature pour les poulettes, on connaissait moins la littérature écrite par une dinde. Pour ma part je viens de découvrir cette exception culturelle en visionnant la vidéo ci-dessous.

Oksana est, comme chacun le sait, une « star du X ». Mais on a beau être une experte du tourniquet japonais, on n’en possède pas moins une véritable sensibilité littéraire, puisque Oksanna vient de sortir son deuxième roman. Afin de nous en vanter les mérites, elle est interviewé par « l’Observateur de l’Avesnois » (qui n’a jamais mieux mérité son nom). En toute franchise et liberté, elle nous parle de son roman, en commençant par un petit résumé au sein duquel j’ai relevé quelques phrases laissant subodorer que si elle écrit aussi bien qu’elle ne parle, cet opus est assurément un audacieux et ébouriffant chef d’œuvre.

 […] pour sauver l’esclavage des gens qui ne peuvent plus avoir accès à l’eau […]

[…]Il y a tous les problèmes qu’ils veulent défendre […]

« Si cet ultimatum n’est pas respecté au bout de 10 jours, paradoxalement à ça ils feront sauter la planète. »

 J’avoue que je n’ai pas compris tous les tenants et aboutissants de cette tumultueuse épopée, sauf que bientôt « on sera 9 milliards d’habitants sur terre » (oui, car il s'agit d'un "thriller écologique").

On apprendra ensuite quelle est la force irrépressible qui l’amène à noircir des pages et des pages, le soir au fond de sa chambrette, au lieu de s’adonner à de savantes galipettes sous l’œil de techniciens impassibles :

« C’est mon côté provoc’ qui me conduit vers la littérature ».

Cela dit, elle nous avoue qu’elle n’en n’a pas pour autant délaissé son ancien métier (qu’elle a choisi, lui aussi, guidée par son « côté provoc’ »).

Bon, on ne peut pas lui donner tort d’assurer ses arrières en continuant d’exercer un vrai travail dans une branche sérieuse et fiable.

La littérature est un domaine si aléatoire.


"J'adore montrer mes idées !"

PS : Le journaliste de "l'Observateur précise que le roman a été coécrit par Gilles Prou. Je suis un peu déçu car il a probablement tiré le style d'Oksana vers le bas.

 

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 13:52

Il se trouve actuellement sur le net une « affaire » qui doit en tout et pour tout passionner une cinquantaine de personnes (et être suivie de plus ou moins près par une centaine d'autres), mais qui possède le mérite de mettre en lumière des stratégies propres au monde des blogs, pleine d’enseignements pour ceux qui voudront bien les observer en prenant un tant soit peu de hauteur (ce qui ne devrait pas s’avérer une tâche trop compliquée).

 Tout commence sur le blog de « Wrath », lancé il y a quelques années de cela par une jeune personne désirant se faire éditer. Au début, rien ne distingue ces pages de milliers d’autres pages rédigées par des auteurs en quête de reconnaissance : récit d’envoi de manuscrit, d’attente fébrile, de relance par mail, le tout entrelardé d’avis sur des films, des livres, etc. Les choses évoluent lorsque les lettres de refus s’empilent et qu’il s’avère que les manuscrits de « Wrath » ne trouveront définitivement pas d’éditeur.

Un refus peut être à juste titre ressenti comme une véritable agression par l’auteur, a fortiori lorsqu’ils se répètent. Pour se protéger de telles agressions, l’écrivain en devenir dispose de plusieurs solutions : abandonner (et admettre, malgré la blessure égotique que cela suppose, que l’écriture n’est décidément pas pour lui), persévérer, en se remettant au travail. Ou alors mettre en cause le système à l’origine du refus (et de la blessure). Cette solution, si elle s’avère par définition stérile, possède néanmoins l’énorme avantage de préserver l’égo de l’auteur : son talent n’est pas en cause, ce sont ceux chargés de l’évaluer qui sont dévoyés.

C’est cette voix que « Wrath » a choisie. Dès lors, la grande majorité de ses billets sera consacrée aux turpitudes du monde de l’édition. Personne ne trouve grâce à ses yeux : les écrivains édités, des lèches bottes sans talent qui ont fait jouer leur carnet d’adresses, les grosses maisons d’édition, occupées exclusivement à publier des livres mal écrits et sans intérêt pour gagner de l'argent (sic), les petites, peuplées de minables incapables. A défaut d’être subtil, le message est simple, efficace et peut se résumer à deux mots : dans le monde de l’édition, tous pourris. Le mot d’ordre finit par attirer de plus en plus d’écrivains en devenir qui ne sont pas loin, à quelque nuance près, de penser la même chose. Les billets sont courts, le contenu directement puisé dans les pages « livres » des différents quotidiens et magazines nationaux, mais toujours présentés de telle sorte qu’ils viennent alimenter et justifier la thèse de l’auteur (« Tous pourris », donc). Les commentaires s’étoffent, les débats naissent, parfois intéressants, souvent stériles. Qu’importe : « Wrath » jouit à présent d’une certaine notoriété – pas toujours flatteuse il faut le reconnaître – dans le petit monde de la blogosphère littéraire.

J’ignore les qualités d’écrivain de cette jeune personne, mais une chose est sûre : elle est loin d’être bête. D’où la tentation, à mon avis, de systématiser et de radicaliser jusqu’à l’outrance un discours « anti-éditeur » qui n’était, à l’origine, que la manifestation d’un ressentiment naturel. Au risque de tomber dans un discours trop radical, d’où est exclu toute tentative de réflexion.

Mais le véritable enjeu se trouve ailleurs. Car ce faisant, « Wrath » occupe une « niche » encore inexploitée dans la blogosphère littéraire : la dénonciation « sans aucune concession » du monde supposément corrompu de l’édition. Beaucoup on remarqué qu’en agissant de la sorte, notre bloggeuse adoptait une attitude suicidaire qui réduisait à néant toute chance de se voir un jour éditée.

A tout bien réfléchir, ce n’est pas si sûr. Car certains éditeurs, afin de s’assurer un minimum de vente, aiment à s’appuyer sur une notoriété, quelle que soit son origine.

Et cette notoriété « bankable », « Wrath » est en passe de l’obtenir avec l’affaire « Dantec ». Résumé : il y a quelque temps notre bloggeuse accuse dans un de ces billets le romancier de faire appel à des « nègres » pour rédiger ses romans. Les sources de cette accusation sont, encore à ce jour, obscures et leur véracité difficilement vérifiable. Le billet en question provoque un certain nombre de réactions plus ou moins offusquées, puis tout finit pas se tasser. Jusqu’à ce que l’affaire rebondisse de façon inespérée lorsque l’accusé lui-même, Maurice Dantec, prend sa plume et répond à « Wrath sur le blog des éditions Léo Scheer (lui-même depuis longue date en délicatesse avec la bloggeuse, suite au refus de son manuscrit). Passons sur le contenu de cette « réponse » complètement déplacée et puérile (Si Dantec se sent diffamé, qu’il prenne les services d’un avocat, ce sera sans doute plus efficace que ce déversement de bile) pour nous intéresser aux retombées médiatiques de « l’affaire ».

Les réactions et commentaires qu’elle a suscités offrent à « Wrath » un surplus de visibilité fort bienvenu, qui pourrait laisser à penser que tout était prémédité depuis le début (tout comme les attaques envers Gilles Cohen-Solal, éditeur chez Héloïse d’Ormesson, qui lui aussi a refusé le manuscrit de Wrath). Nous serions donc en présence d’une stratégie intelligemment menée et il faut l’avouer assez gonflée (car les risques juridiques sont bien réels).

Reste à présent à observer comment tout cela évoluera. Un éditeur alléché par l’odeur du buzz va-t-il se rapprocher de notre bloggeuse ? (On imagine d’ici le bandeau : «  Le premier roman de celle que les éditeurs détestent »). Peu importe d’ailleurs la qualité du roman proposé, puisque seul le buzz servira de moteur aux ventes.

Mais étant donné l’intégrité affichée de Wrath, il semble peu probable qu’elle puisse un jour tomber dans une de ces petites manipulations éditoriales qu’elle-même ne cesse de dénoncer à longueur de post…

Une question se pose alors : à quoi aura servi toute cette stratégie ?

Tout cela donne mal à la tête, je retourne me coucher !

Le blog de WRATH

Le blog de Léo Scheer
J'avoue que ne comprends pas vraiment le positionnement de cette éditeur, sauf à l'expliquer par la recherche du "Buzz" à tout prix. 

(Surtout, pensez à prendre une aspirine avant de cliquer sur les liens)

07/03/2010 : Suite à une menace de procès en diffamation de la part de "Wrath", les éditons Léo Scheer ont supprimé de leur blog la lettre de Dantec. Fin de l'histoire ?



Martine Reine du Buzz

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 15:34

Les mauvaises langues soutiennent que Nicolas Sarkozy n’est pas un président très « littéraire ». Pour preuve, le récent palmarès dressé par Didier Jacob dans le Nouvel Observateur, où il arrive bon dernier, juste après Mouamar Khadafi, (à l’origine de cette révélation dont on n’a pas fini d’entendre parler : « « Shakespeare était un Arabe qui s'appelait en réalité Cheikh Spir »).

Et si, avec sa syntaxe audacieuse et son vocabulaire de 500 mots, notre président n’était rien moins qu’un précurseur, affichant sans complexe sa modernité face au style ampoulé et poussiéreux de ses prédécesseurs ? Certains grincheux (gauchistes dans l’âme) avanceront qu’il méprise « La princesse de Clèves ». La belle affaire ! Soyons honnête : il est bien difficile de ne pas lui donner raison. Car pour un chef d’oeuvre, la « Princesse » manque singulièrement de rythme et d’action ! 

En vérité, Nicolas Sarkozy aime la littérature, mais il n’a tout simplement pas le temps, avec les hautes fonctions qui l’accaparent, de perdre du temps à lire des considérations alambiquées sur la psychologie amoureuse ou autres. C’est pour cela qu’il a demandé à sa fidèle plume Henri Guaino de réecrire pour lui les grands classiques de la littérature, afin de les rendre enfin intelligibles et intéressants pour l’homme moderne. Henri Guaino, en fidèle serviteur, s’est immédiatement mis à la tâche, en s’attaquant à l’un des fleurons de notre littérature, « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust. A en juger par l’extrait que nous avons pu nous procurer, le résultat est tout à fait épatant : le grand écrivain, enfin débarrassé de toutes les scories qui encombrent sa prose, devient l’égal d’un Gérard de Villiers, la profondeur en plus. Petit plus non négligeable pour un chef d'Etat soucieux de protection environnementale : "La recherche" dans son intégralité, une fois passée entre les mains expertes du collaborateur élyséen, ne compte plus que 90 pages. C'est autant d'arbres que l'on n'abattra pas!

A terme, l’objectif est de lancer une grande collection « Nicolas Sarkozy présente les chefs-d'œuvre de la littérature » qui devrait peu à peu remplacer dans les bibliothèques de France les ouvrages concernés.

Voici donc l'extrait : 

"Je me suis longtemps couché de bonne heure. Pourquoi ? Eh bien, je vais vous le dire, sans aucun tabou, de vous à moi. Des fois, j’avais même pas le temps de me dire « je m’endors » que j’étais déjà endormi. Et puis je me réveillai, allez, une demi-heure après, et je croyais avoir encore mon livre entre les mains. Le plus drôle, c’est que je pensais vraiment que j’étais, moi, en toute sincérité, le sujet duquel parlait le bouquin.

Cette conviction profonde, cette conviction légitime et juste, je l’avais pendant, allez, cinq secondes, mais laissez-moi vous dire que ça suffisait pour que je ne réalise pas tout de suite que la bougie était éteinte. Bon, après je retrouvai mes esprits, bien sûr, et puis je me disais : « Mais quelle heure il peut être ? » et alors il y avait un train qui passait dehors. Et je vais même aller plus loin : un train qui passait en sifflant Après, je vais vous dire ce que je faisais : je me collais la tête sur l’oreiller et je jetais un œil à ma Rollex : pas loin de minuit ! Ben enfin quand même ! Minuit, ça fait tard. Alors bon, je me rendormais."


Pour lire l'extrait original cliquez ICI


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"J'espère que ça finit bien"

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