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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 19:30

Le train s'arrête enfin dans un sifflement de ferraille (assez classique pour un train). Le spectacle qui nous attend à l'extérieur de la gare me soulève les tripes : à perte de vue, tout n'est que ruine, malheur et désolation. Quelle connerie la guerre, comme l'avait si finement observé le poète.

Non, je plaisante.

Pour sortir de la gare, nous devons emprunter un chemin encadré de barrières sur lesquelles s'agglutinent une cinquantaine de retraités, appareil-photo en main, l'œil clignant nerveusement dans le viseur, l'index frémissant prêt à s'abattre sur le déclencheur. On aime la littérature à Brive ! Ou du moins, les têtes connues de la littérature. Car des visages vaguement familiers, vaguement entrevus, d'accord, mais de vedettes : point. Pas de quoi la ramener lors de la soirée photo du club du 3ème âge. Du coup, les flashs restent en berne, et ce n'est pas aujourd'hui qu'on attrapera une conjonctivite.

A l'extérieur, un type me tend un papier. Pensant qu'il veut un autographe, je m'en empare avec une joie à peine contenue et commence à chercher mon stylo. Mais non, il s'agit d'une délégation de cheminots de la CGT qui manifeste contre leurs conditions de travail.. Pris de court, j'empoche le tract, l'air penaud.

Pas moins de quatre cars ont été affrétés pour transporter tous les éminents scripteurs parisiens à leur hôtel respectif, qui sont d'un standing très variable selon la magnificence et le prestige supposé de l'éditeur. Chez Gallimard, par exemple, on est logé dans une sorte de palace rococo. Chez Milan , on est à l'hôtel Ibis, ce qui reste très convenable. (Pour les éditions Chabossot, j'avais imaginé planter des tentes sur les bords de la Corrèze, mais l'idée n'a pu se concrétiser, faute de tente).

Je m'installe à l'arrière d'un bus et observe les arrivants. En fait, les écrivains ne se démarquent absolument pas d'un groupe de touriste moyen embarquant pour le circuit des châteaux de la Loire, si ce n'est peut-être, le nombre surprenant de chapeaux en feutre qui ornent les têtes. Dans un virage en épingle à cheveux, j'aperçois avec effroi les trois cars qui nous précédent : et si d'un coup les conducteurs devenus fous écrasaient leur champignon respectif, et si tout le monde volait dans le décor ? C'est la littérature française et contemporaine dans sa presque intégralité qui s'en trouverait subitement anéantie. A cette vision d'horreur, je suis à deux doigts de tourner de l'oeil. Heureusement, l'engin vient de s'arrêter devant l'hôtel Ibis. Un petit groupe descend, je fais une pause au milieu de parking et empli mes poumons du bon air de la campagne, avant de me rappeler que nous nous situons en centre-ville. La halle Georges Brassens se trouve à 500 m de là, et le programme qui m'a été transmis par mail m'indique que nous y sommes attendus vers 16 h pour entamer la première séance de dédicace. Je prends possession de ma chambre, range les multiples tenues d'apparat que j'ai apporté dans mon énorme valise Samsonite dans une armoire de style "Mélaminé 1er", me brosse les dents, réajuste le noeud de ma cravate, puis pars enfin à la rencontre de mon large public.

En chemin, une pensée m'assaille... Je n'ai toujours pas croisé mon Frédo... Qu'à cela ne tienne, l'inauguration officielle est à 19h, il sera forcément là pour serrer quelques louches et tapoter le crâne du préfet.

Je fais mon entrée dans la halle Georges Brassens qui, en temps normal, accueille le fameux marché de Brive. Là, pas de canards, d'oeuf, de laitues ou de cochons, mais des stands, partout, avec des piles de livres qui encombrent les tables. Etonnant, non ? Je finis par trouver l'emplacement de Milan qui se situe dans l'espace réservé à la jeunesse. L'idée de passer trois jours au milieu d'abominables enfants hurleurs et capricieux ne m'enchante pas plus que ça, mais Emilie, la sémillante responsable marketing des éditions m'apprend qu'on m'a trouvé une petite place dans la partie "adulte", ce qui fait tout de même plus sérieux, et me propose sur le champ de m'y accompagner. Il s'agit d'un stand regroupant divers éditeurs, de ces "petites maisons" qui n'ont pas forcément les moyens d'envoyer tout un staff d'auteurs encadrés d'attachés de presse/gravure de mode pour ratisser les boîtes de nuit du coin (suivez mon regard...) Du coup, on trouve un peu de tout ici et le prix Médicis2008 Jean-Marie Blas de Roblès (Là où les tigres sont chez eux) côtoie sans plus de manière d'obscurs auteurs spécialisés dans le secret des Templiers et autres fariboles (dans le genre « méthode pour devenir un brillant écrivain »....).

Je m'assois donc derrière ma table. Devant moi, une cinquantaine d'exemplaires de mon bouquin, à ma gauche un journaliste qui a écrit plusieurs ouvrages sur "le mystère de Rennes-le-Château", à ma droite Caroline Sers, une jeune romancière des éditions Buchet-Chastel qui compte déjà trois romans à son actif. Nous échangeons quelques paroles aimables tout en observant le public déambulant devant le stand, qui de son côté nous observe également. Curieuse impression d'être au zoo, côté bestiole... Reste à savoir quel type : grand fauve majestueux ou autruche ridicule. En parlant de grand fauve, j'aperçois à ma droite un groupe plus dense que les autres qui avance entouré d'une nuée de photographes se déplaçant à reculons avec force gesticulation.

Serait-ce…?

Je regarde ma montre (ou plutôt celle du voisin) : 19 h passées ! Il est donc là, forcément, dans l'oeil du cyclone. Je me lève : effectivement, j'aperçois le crâne outrageusement capilarisé de notre night-clubber national. Il avance d'un pas de maréchal cacochyme, l'oeil perdu, un sourire mièvre aux lèvres et un verre de... grenadine ou de vin rouge je ne sais pas exactement, à la main. J'ai l'impression d'assister au passage d'une étape du tour de France cycliste. Heureusement que ce n'est pas le cas, car Frédo aurait sans doute été contrôlé positif.

Je m'explique.

Dans le train qui nous a amenés jusqu'à Brive, figurait un wagon spécial réservé à l'usage exclusif des VIP, où l’on pouvait trouver bien évidemment notre ami, accompagné d'Amélie N et quelques autres du même acabit. Comme vous ne l'ignorez plus, ce tortillard est un véritable lieu de perdition pour quiconque aime goûter plus que de raison les plaisirs de Bacchus. Ce que n'a pas manqué de faire mon Frédo. Résultat : il s'est mis consciencieusement minable tout le long du trajet pour finalement atterrir (?) en gare de Brive saoul comme un petit cochon. Les organisateurs venus l'accueillir l'avaient drôlement mauvaise, d'autant que le choix de Beigbeider, maintenant que la municipalité avait basculé de droite à gauche lors des dernières élections, était loin de faire l'unanimité et le bonheur de tous. Car enfin quoi, l'écrivain jet-setter, même s'il avait commis la campagne de Robert Hue aux avant-dernières élections présidentielles, était encore loin d'épouser les oripeaux du parfait écrivain de gauche (sauf pour le caviar). Furibond, le staff a accompagné notre ami proseur incapable de mettre un pied devant l'autre à son hôtel, l'a abandonné les bras en croix sur son lit puis à tourné les talons.

Mais c'était sans compter sur la puissance de récupération de la bête qui, à l'heure dite, était bel et bien présent pour se pavaner dans les allées du salon, accompagnée du maire et de quelques sommités locales terrorisées à l'idée qu'il gerbouille sur les micros au moment du discours inaugural. Mais finalement, tout s'est très bien passé. Et dès le soir même, Fredo était en boîte (enfin, dans LA boîte de Brive), où il a fait le "DJ" pour tous ses amis jusqu'à plus d'heures.

De mon côté, la fin de journée a été nettement moins mouvementée. Aucune tendinite en vue, dans la mesure où je n'ai signé aucun livre. Le soir, l'équipe Milan s'est rassemblée pour manger dans un excellent restaurant (sans foie gras cette fois) puis chacun a sagement regagné sa chambre d'hôtel. Allongé sur mon lit et sentant l'inspiration monter, je me suis emparé de mon stylo et de mon calepin, puis j'ai écrit un roman jusqu'à 6 heures du matin. En fait, c'était mon intention initiale, mais j'avais perdu mon stylo, alors je me suis rabattu sur la télévision. « Chouette, me suis-je dit en me frottant les mains d’un air concupiscant, j'ai Canal+ et nous sommes samedi, à moi les délices du stupre et de la lubricité, à moi l'extase de la volupté, bref, à moi le film coquin !". Après avoir étudié longuement le fonctionnement de la télécommande, je tombe enfin sur ladite chaîne. En lieu et place des cochoncetés espérées, on avait droit à une sorte de clip publicitaire pour le yoga tantrique, visiblement commandité par une association gay californienne, sensé faciliter la compréhension du corps de l'autre afin de décupler les sensations lors de l'acte charnel. Pour ma part, je suis tout prêt à m'investir dans la compréhension du corps de l'autre, à condition cependant que l'autre en question ne porte pas de moustache.

De toute façon, il était déjà bien tard. Un peu dépité, je suis rentré dans mes draps et j’ai éteins la lumière (ou le contraire, je ne sais plus).

Le lendemain, une rude journée nous attendait.


 Tout comme Frédo, Sébastien Follin nourrit une véritable passion
pour les excès cappilaires (et pour la littérature aussi, bien sûr).

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 20:15

Suite à mon petit sondage, où une majorité s'est clairement dessinée pour que je rende compte en ce lieu de mon périple à la foire du livre de Brive-la-Gaillarde, je tiens à présent mon engagement (et ne félicite pas, au passage, tous ces gens qui pensaient -honte à eux - que Brive avait été rayée de la carte lors de la Seconde Guerre mondiale).
Autant l'avouer tout de suite, le titre de cet article, s'il a pu éventuellement servir de cri de ralliement à quelques participants, ne présente que peu d'analogie avec ma réalité à moi (si ce n'est peut-être, rayon "folie furieuse", les 15 minutes durant lesquelles, dans la chambre d'hôtel, je me suis escrimé avec ma télécommande pour trouver Canal + ).
Alors pourquoi un titre aussi fanfaron qu'éloigné de la réalité ? Tout simplement pour générer un max de visite et, par voie synchrone de conséquence, un max de com. Car si ces trois jours m'ont apporté un enseignement, c'est qu'il faut se montrer prêt à tout pour arriver à ses fins…
Mais ne grillons pas les étapes, et prenons plutôt les choses là où elles ont débuté, c'est-à-dire à la gare d'Austerlitz.
Persuadé comme d'habitude d'être terriblement en retard, j'arrive rougeaud et essoufflé aux abords du quai 21 où le fameux "train du livre" attend patiemment sa cargaison d'auteurs parisiens en tout genre. Je ne prête qu'une attention distraite à la cinquantaine de quidams occupés à discuter un verre de café dans une main et un croissant dans l'autre tout en battant de la semelle le sol bétonné, pour consacrer toute mon énergie à trouver une place assise.
Je parcours donc les wagons déjà bien remplis d'individus plutôt volubiles et manifestement ravis de faire partie du voyage. Las, les rares tables libres sont toutes réservées, et mon côté optimiste prenant toujours le dessus dans ce genre de situation, je m'imagine déjà passer le voyage coincé à l'intersection de deux wagons, abrutis par le bruit des roues sur le ballaste et le claquement incessant de la porte des toilettes délivrant au passage son lot d'odeurs putrides. A force d'arpenter les allées, je finis toutefois par tomber sur une tablée pour ainsi dire déserte, à l'exception d'une place, occupée par un homme encravaté, aux allures affables de voyageurs de commerce. Après avoir reçu une courtoise bénédiction, je m'installe enfin. Quelques secondes plus tard, les deux derniers sièges sont pris d'assaut par deux dames qui, à peine le manteau quitté, comment à discuter entre elles. Le train s'ébranle finalement et bientôt le spectacle grisâtre de la banlieue parisienne exhibe ses reliefs puissamment sensuels sous mes yeux encore rougis de sommeil.
Nous roulons depuis une petite demi-heure lorsqu'on nous propose un apéritif. Vin de figue ou vin de noix, tout cela n'est pas pour me déplaire, peu importe l'heure, et je m'empresse d'accepter le gorgeon. Mes trois compagnons de table déclinent pour leur part, et je me retrouve à siroter mon verre avec l'impression tenace d'un alcoolique anonyme venant de faire son outing. Dans la foulée, on nous apporte l'entrée. Je ne vous ferai pas le détail du menu, parce qu'à dire vrai, on s'en fiche un peu, vu que nous sommes sur un blog littéraire (notons juste au passage que le choux farci aux ris de veau et au foie gras, couplé au doux balancement du train, a un peu de mal à passer).
Enhardi par mon vin de figue et un ou deux verres de bordeaux, je commence à lever le nez et à observer avec mon acuité légendaire les gens aux alentours. Certaines têtes me disent vaguement quelque chose, mais quoi exactement ? Heureusement, le "Guide de la 27e foire du livre de Brive" sorte de trombinoscope who's who est là pour me renseigner. Et quelle n'est pas ma stupéfaction de constater que ma modeste personne se trouve à quelques mètres de KENZA !!! Oui... Kenza... Vous ne voyez pas ? Le Loft... Mais enfin, si : le LOFT !!!! Si vous ne voyez vraiment pas, c'est que vous le faites exprès ou que vous n'y connaissez vraiment rien en littérature contemporaine (comme Kenza, quoi). Un peu plus loin, se trouve Denis Tillinac, un peu plus loin encore Jean-Louis Debré, très rock'n'roll avec son djin informe de jardinier du dimanche, porte-feuille en cuir marron dépassant de la poche arrière (ne me demandez pas ce qu’il a écrit…). Et puis juste à côté de moi, Bertina Heinrichs, auteur de "La joueuse d'échec". Pas de doute, on est bien dans le "train du livre" également appelé "le train du cholestérol" par ses contempteurs/détracteurs, on ne sait pas trop. Sans doute dans l'idée de tuer un peu du temps qui nous est imparti, le monsieur affable et encravaté juste devant moi décide d'engager la conversation. Il se trouve qu'il est l'éditeur de Kenza, la George Sand du vingt-et-unième millénaire citée plus haut, mais aussi de Jacques Pradel, qui vient de sortir "Saint-Exupéry, l'ultime secret ". Je m'étonne : quel rapport entre l'homme de la supercherie de Roswell (entre autres casseroles médiatiques) et l'aviateur français ? Réponse : Pradel aime beaucoup l'aviation, d'ailleurs il a son brevet de pilote de coucou et... voilà, quoi. Oui, mais quand même, mener une enquête pour retrouver le pilote de la luftwaffe qui a abattu Saint-Exupéry durant la guerre, c'est un sacré travail de fourmi, ça prend un temps fou non ? Oui, et c'est pour cela que le livre est cosigné avec un journaliste, Luc Vanrell. Pressentant que l'homme cherche à m'embobiner avec de vaines ratiocinations, je m'empare de la bouteille de Bordeaux disposée devant nous et menace de lui fendre le crâne avec s'il ne passe pas aux aveux. Il hésite, je le menace alors de lui commander une seconde part de choux farcis aux ris de veau et au foie gras, il abdique sans condition : en fait, le nom de Jacques Pradel sur une couverture est bien plus vendeur que celui d'un journaliste ignoré du grand public, aussi talentueux soit-il. Et puis signer un contrat avec l'ex-animateur télé, s'est s'assurer d'un service après-vente de haute volé, avec passage à la télé/radio, articles dans les journaux et tutti quanti. Non pas que l'homme fascine à ce point les médias: il en fait tout simplement partie depuis plusieurs décennies, et à ce titre, leurs portes lui sont grandes ouvertes...
Pour être vraiment juste, on se doutait un peu de ce genre de pratique. Cela étant, en avoir la confirmation fait toujours plaisir.
Mais tous ces bavardages m'ont presque fait oublier une des principales raisons qui ont motivé mon déplacement à Brive : rencontrer Frédéric Beigbeider pour qu'il puisse enfin me dire de vive voix tout le bien qu'il pense de moi. L'envie combinée de griller une cigarette et de satisfaire quelque besoin naturel me donne l'occasion toute trouvée pour partir à sa recherche. Un wagon... deux wagons... toujours pas de Frédo... Qu'à cela ne tienne, je m'arrête entre deux pour satisfaire mon besoin de fumée. Tout en allumant mon clope j'avise à deux pas un grand gaillard d'environ 195 centimètres : c'est Jean Teulé. Je lui fais aussitôt part de mon admiration pour son album de bande dessinée/reportage photo "Gens de France" auquel l'émission Streap Tease a tout piqué. Le bonhomme est très simple et gentil, il pourrait pourtant avoir la grosse tête avec la palanquée de bouquin qu'il vend depuis quelques années, mais non, il discute gentiment et me demande même la raison de ma présence dans ce train. Je lui parle de "Comment devenir", il fait "Ah oui ! Ah oui !" comme s'il l'avait lu, ce qui fait toujours plaisir même si d'évidence tout cela ne lui dit absolument rien. Et puis il ajoute : "C'est la première fois que vous prenez le train du cholestérol, alors ?" Et en désignant la drôle de cigarette qu'il tient à la main : "C'est aussi le train du pétard, parfois !". Vraiment sympathique.
Mais tout cela ne me dit pas où est Frédéric Beigbeider...
Je retourne à ma place. Le temps passe gentiment, et le haut parleur finit par annoncer une arrivée imminente en gare de Brive. Les choses sérieuses vont vraiment commencer...

 

Suite au prochain billet.


Où te caches-tu, mon Frédo ?

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 22:58

Comme le New York Time l’annonçait récemment, je m’apprête à participer à la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde qui se tiendra les 7, 8 et 9 novembre prochains. Durant ces trois jours j’aurai l’occasion de m’asseoir sur une chaise, derrière une table sur laquelle seront vraisemblablement empilés les exemplaires de mon ouvrage « Comment devenir un brillant écrivain » qui n’auront pas encore trouvé d’armoire normande à caler. Fort heureusement, la durée de ces épreuves se limitera à deux heures par jour, en fin d’après-midi, ce qui me laissera un temps vacant assez considérable dans une ville inconnue où par ailleurs je ne connais personne. Je disposerai donc de tout le loisirs nécessaire pour fureter à droite, à gauche (selon l’agencement des allées) au milieu de ce salon du livre qui, dit-on, est en importance le deuxième de France après Paris. On annonce du beau monde - Frédéric Beigbeider, Amélie Nothomb, entre autres- et peut-être aurais-je la joie de partager ma modeste chambre d’hôtel avec l’un d’eux (j’avoue que je préférerai nettement Beigbeider, il paraît que Nothomb ronfle comme une chaudière mal entretenue, c’est Beigbeider qui me l’a dit).

Bref, tout ça pour dire que ce petit séjour pourrait donner lieu à un compte rendu distrayant.

Reste à savoir si cela intéresse quelqu’un… D’où ma question : dois-je me munir de mon crayon et de mon calepin pour me rendre à Brive ?

Pour répondre, le « sondage » se trouve dans la colonne de gauche.


Foire de Brive : une foule impatiente
se presse auprès des vedettes de l'édition

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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 19:48

Le 8 octobre, un modeste ouvrage tiré d'entrée de jeu à 150 000 exemplaires envahira dans la plus grande discrétion les étals des libraires. "Ennemis publics" (c'est ainsi qu'il se nomme) est cosigné par deux grands écrivains/cinéastes de notre temps, Michel Houellebecq et Bernard-Henry Lévy. Il s'agit d'un échange de lettres, envoyées par la poste entre janvier et août 2008. Le blog "Comment écrire un roman", usant de ses multiples appuis dans le monde de l'édition, a pu s'en procurer un exemplaire. C'est donc avec une fierté sans nom que nous vous proposons d'en lire en exclusivité quelques "bonnes feuilles".

 

(Je ne tiens pas à m'étendre davantage sur les moyens qui m'ont permis d'entrer en possession du précieux document. Sachez seulement que la fille de ma nourrice est femme de ménage chez Flammarion).

 

3 janvier 2008

Mon Nanar-Riri,

Je ne sais pas ce que tu as fait pour les fêtes de fin d’année, mais pour moi, le réveillon du Nouvel An a été assez calamiteux. J’avais invité ma mère, qui avait accepté, mais finalement elle a téléphoné vers 20 h 30 en annulant tout et en me traitant de sale petite chiure d’avorton de mouche à merde. Du coup j’avais acheté beaucoup trop de moules, et je n’ai d’ailleurs pas eu le courage de les cuisiner. Par contre, j’ai vidé les 3 bouteilles de vin blanc qui faisaient partie de la recette. Ensuite je me suis affalé devant les programmes débiles de la télé irlandaise pendant que Clément, mon fidèle compagnon à quatre pattes me léchait les orteils. C'est la femme de ménage qui m'a réveillé le surlendemain. Quand elle a vu l'état du tapis et du canapé, elle m'a aussitôt demandé le doublement de son salaire. Les Irlandais sont des cons.

Sinon, je repars demain en Espagne pour finir mon film. J'espère qu'il sera aussi réussi que le tien, mais j'en doute un peu. En vérité, ce travail m'ennuie et j'essaie de m'en débarrasser comme je peux. J'écris des morceaux de dialogue sur des bouts de serviette en papier que je donne aux comédiens juste avant de tourner, je filme des paysages un peu au hasard. En fait, je mise essentiellement sur le montage pour donner une cohérence au tout. Dommage que Louis de Funès soit mort, je lui aurais bien donné un petit rôle.

Je te claque des bises mon Nanar-Riri, et à bientôt !

 

10 janvier 2008

Mon Michou,

Si ça peut te consoler, mon réveillon, bien que d'un autre genre que le tien, ne restera pas gravé dans les annales de ma pittoresque existence. Quelle idée de vouloir à tout prix célébrer ces évènements qui n'en sont plus depuis longtemps, dans la mesure où ils se reproduisent chaque année avec la monotonie du métronome ! Je veux parler des calamités calendaires que sont Noël, le Nouvel An, ou  la parution d'un de mes pamphlets. Que tout ceci est lassant ! Bref, j'avais donc invité pour l'occasion une soixantaine d'intimes dans mon 400 mètres parisiens, il y avait là tout ce que la capitale compte d'esprits forts et indépendants, comme PPDA, Nikos, Patrick Lelay etc. Le repas était servi par de petits Afghans en tenue folklorique que j'ai fait rapatrier pour une bouchée de pain , tout cela s'annonçait sous les meilleurs auspices jusqu'à... Ah ! mon Michou, tu ne mesures pas toujours la chance qui est tienne de posséder un petit compagnon fidèle, docile, et surtout qui n'essaie pas de chanter en espagnol engoncé dans une robe fourreau parfaitement ridicule. Toi, heureux homme, tu as Clément, moi hélas, j'ai Arielle... Nous en étions au deuxième plat de viande lorsque mon épouse, visiblement sous l'emprise de l'alcool, s'est mise en tête de "ravir l'assistance" (ce sont ses mots) en poussant la chansonnette. A peine avait-elle entamé "Besame mucho" qu'Alain Minc, qui s'était mis minable dès l'apéritif, s'est précipité à ses côtés en entamant une danse du ventre tout à fait hors de propos, la chemise sortie et la cravate nouée autour de la tête. Dès le début du deuxième couplet, il était rejoint par Jack Lang et Jean-Marie Bigard qui n'ont rien trouvé de mieux que d'exhiber leurs attributs génitaux en chantant "Tiens voilà du boudin". Arielle l'a très mal pris et de rage a planté une fourchette à huitres qui traînait par là dans la zigounette de l'ancien ministre. S'en est suivi une certaine confusion. Certains ont cru qu'il s'agissait du signal pour une partouze générale et ont commencé à se déshabiller, d'autres, révulsé par l'accent épouvantable de mon épouse, ont préféré quitter les lieux avec force cris et vociférations. Profitant du désordre, mes petits serviteurs afghans en ont profité pour se sauver avec l'argenterie et le manuscrit de mon dernier pamphlet non encore paru (heureusement, nous l'avons retrouvé dans la cage d'ascenseur. Dans leur fuite, ils avaient dû le laisser échapper).

Bref, mon Michou, une année qui débute fort mal... Heureusement, il reste quelques jours avant 2009 pour se rattraper ! LOL PTDR !!!!

Bises à toi, caresse à Clément.

 

 

 Plusieurs mois ont passé...

 

25 aout

Kikou Nanar-Riri !

 As-tu enfin réglé ton problème de verrue plantaire ? Tu sais que ce n'est pas sérieux de laisser traîner ça, ce n'est pas faute de te l'avoir répété. Quand je travaillais au ministère de l'Agriculture, j'avais un collègue qui avait le même problème et qui a laissé trainer. Eh bien, tu me croiras si tu veux, mais le mal petit à petit a gagné du terrain et au bout de 6 mois, son corps en était entièrement recouvert, tout le monde l'appelait la framboise. Il a fini par démissionner, ou il s'est suicidé, je ne sais plus.

Pour changer de sujet, j'ai présenté mon film dans divers festivals. En général, les critiques ont la même réaction que moi lorsque je l'ai monté, ils s'endorment assez vite. Mais ce que je trouve malhonnête de leur part, c'est qu'ils le descendent dans leurs torchons gauchistes, alors qu'en réalité, ils ne l'ont même pas vu. Les critiques sont vraiment des cons. Je redoute un peu la sortie en France. Heureusement, avec le paquet de pognon que vont me rapporter nos lettres une fois éditées, je vais pouvoir limiter la casse. Sinon à quoi ça servirait que je m'exile dans un pays de cons roux et alcooliques pour échapper au fisc ? lol !!!!!! :))))

Tiens aujourd'hui j'ai acheté un nouveau four à micro-onde, savais-tu maintenant qu'ils sont équipés d'une télécommande ? C'est bien pratique, tu peux lancer le chauffage de l'eau pour le café en restant assis sur ton canapé. Remarque, pour aller le chercher il faut toujours se lever, c'est donc pas un progrès aussi décisif que ça. Ils sont cons ces fabricants d'électroménagers.

Bon, je ne sais vraiment plus quoi te raconter alors je vais arrêter pour aujourd'hui (je crois que j'ai mon quota de signes. A ce propos, tu ne trouves pas que 350 pages de nos conneries ça fait un peu trop ? Il est quand même gonflé Flammarion ! )

Je te bécote, mon Nanar-Henri, tiens bon la rampe !

 

30 août

Ma Michette,

Comme j'envie ta vie parfois, faite de petites joies, de petits ennuis, de petits tracas, de petits....., enfin faites de petites choses très simples et facile à comprendre. Alors que moi, éternel otage du tourbillon sans fin de l'histoire, je n'ai de cesse de me battre avec toute la force de ma conviction pour qu'enfin triomphe la Vérité (J'en parlais l'autre jour à Arielle, elle m'a aussitôt inscrit à un cours de karaté. Ma femme est divine).

Sans doute as-tu vu, à la télé, que les choses s'envenimaient en Georgie, le conflit gronde, la menace enfle, ça va pas du tout. Il fallait faire absolument quelque chose. J'y suis donc allé. Enfin, jusqu'à la frontière parce qu'après la route était trop défoncée pour la limousine. Mais bon, une fois grimpé sur le capot ,muni d'une bonne paire de jumelles on voyait très bien aussi. En quelques minutes, avec l'extraordinaire capacité de conceptualisation (on dit ça ?) qui me caractérise, j'avais tout vu, et surtout, tout compris. Je suis rentré aussi sec à Paris, et pendant qu'Arielle me confectionnait une omelette aux herbes (mon plat préféré) j'ai écrit un papier cinglant intitulé "Choses vues" que j'ai aussitôt envoyé au monde, enfin, le journal. Je peux te dire que la réaction ne s'est pas fait attendre. Il paraît que Poutine a fait traduire mon article en russe, à la fin il est devenu tout vert et à pris son téléphone en tremblotant.  Et le lendemain, c'est bien simple, il n'y avait plus un char en Georgie.C'est comme ça qu'il faut les traiter, les Russkofs : si tu leur montres pas qui c'est le patron, ils s'imaginent que tout est permis. Enfin, je te raconte ça, mon Michou, mais ça doit te passer bien au-dessus de la cafetière, dans ta lointaine et calme Irlande !

Bon, vivement que cet échange de courrier stupide s'achève car je ne sais vraiment plus quoi te raconter. Nous sommes tellement différents, tous les deux !

Poutou ma Miche, et à très bientôt pour le lancement de notre livre commun ! lol Au fait, il parait qu'ils veulent appeler ça "Ennemis publics"... Dire que ces mecs sont payés pour trouver des titres...

De gauche à droite : ma Miche, mon Nanar-Riri

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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 19:35
Il arrive parfois, au gré de pérégrinations somnambulesques sur la toile, que la providence place sur notre chemin une imposante pépite littéraire sur laquelle - aveugles que nous sommes - nous nous empressons de trébucher. Mais tandis que la plupart poursuivent leur chemin en sautant sur un pied tout en se massant l'orteil endolori, je préfère pour ma part m'asseoir afin de tranquillement soulager ma douleur des deux mains. Et pendant que mes doigts experts s'affairent à masser mes appendices onglés, j'observe la pépite susnommée tout à loisir.
 Aussi l'autre jour suis-je tombé sur CA. Passé la première douleur, essentiellement visuelle, qu'entraine une observation prolongée de la couverture, j'ai décidé, la curiosité prenant finalement le dessus sur l'appréhension, de poursuivre ma visite. Voici donc relaté dans ces pages le récit véridique de mon étrange périple au pays d'Eddy Magior et de son mystérieux créateur, J-P Bâchet (à ne pas confondre avec le chanteur mort à grandes dents, Pierre Bachelet).

"Eddy Magior à l'école des puissances du néant"... Que voilà donc un titre prometteur ! Serait-on en présence d'un violent pamphlet battant en brèches les fondements des grandes écoles nationales , l'ENA, Sciences Po, les Mines ?
Point... Mais quoi alors ?
Bon, le néant, on voit vaguement ce que c'est : rien ou vraiment pas grand-chose. Alors apprendre au détour d'un titre que le néant possède ses propres puissances, c'est déjà un choc, mais savoir que ces mêmes puissances distillent leur enseignement au sein d'écoles dument organisées, avec probablement un système de contrôle continu sanctionné par un examen en fin d'année scolaire, ça nous laisse totalement pantois. Les sens à vif, je cherche à en savoir plus sur ce fameux roman. Je finis par tomber sur un résumé de l'histoire. Dès la première ligne, un trouble indéfinissable s'empare de moi :

"Un jour le pire se produisit. Pourtant, ce n’était que le commencement des phénomènes étranges."
 Le pire ne serait donc pas le pire ? Il y aurait encore plus pire que le pire ? Des phénomènes étranges, par exemple ? Mais quelle en serait l'horrifique teneur ?

"Les ampoules se mirent à claquer, des choses bizarres se multiplièrent ! "
Dame, effectivement ! Une ampoule qui claque, c'est déjà terrible, car la plupart du temps il fait nuit et on réalise subitement qu'on a oublié d'en acheter au Shopi samedi dernier (jour des courses). Mais DES ampoules qui claquent, alors là.... Il n'y pas de mots pour décrire une telle abomination, le plus horrible étant qu'on va être obligé de finir la partie de petits chevaux à la lueur vacillante d'une pauvre bougie, puis se cogner dans les murs en allant se coucher.
Quant aux choses bizarres qui se multiplient, déjà grandement éprouvé par la sortie de l'album de Carla Bruni et la grossesse de Rachida Dati, je préfère ne pas y penser. Le reste du résumé est à l'avenant, et rien que d'y songer j'ai les poils de l'avant-bras droit qui se dressent comme une forêt d'aiguilles à tricoter (j'ai un système pileux assez développé).
Mais qu'aperçois-je juste en dessous ? Un extrait du roman. Prenant mon courage à deux mains, je me lance:

"Soudain, trois corneilles leur bec ouvert, arrivèrent en rase-mottes tout près des nénuphars, des déflagrations retentirent, à la surface de l'eau, là où leurs pattes la touchaient. , et leurs corps se dilatèrent jusqu'à multiplier leur volume par sept. Une fois cette dimension atteinte, toutes éclatèrent et explosèrent. Leurs organes furent propulsés jusqu'à trois mètres de distance de la flore aquacole où elles avaient éprouvé cette métamorphose fatale.
-Quelle chose ahurissante !, constata Eddy, sur ses gardes. "

On comprend que Eddy soit sur ses gardes. Cette histoire de grenouilles vertes qui se dilatent jusqu'à atteindre 7 FOIS leur volume... En plus juste après elles éclatent et elles explosent. C'est-à-dire qu'elles ont le choix, soit l'éclatement, soit l'explosion, ce qui, vous en conviendrez, laisse peu de chance à l'épanouissement futur de cette sympathique colonie de batraciens. Mais c'est ainsi que les choses se passent dans l'univers impitoyable d'Eddy Magior (impitoyable également pour les règles de concordance des temps, comme vous aurez pu le remarquer avec ce passage d'ores et déjà fameux : "Étrangement, les grenouilles vertes ne sautaient plus mais, au contraire, s'attardèrent sur leurs larges feuilles).

Dès lors la question se pose : mais qui est l'auteur ? Marc Lévy en pleine descente d'acide ? Christine Angot sous influence Doc Gynéco ? Rien de tout cela, puisqu'il s'agit de J-P Bâchet (je sais, je l'ai dit en introduction, mais j'ai oublié de me relire).

Mais qui est J-P Bâchet ? Sur ce point le site reste évasif, voire contradictoire.
D'un côté on trouve :

"J.-P. Bâchet est apparu au XXe siècle quelque part dans la Voie lactée. Il a toujours désiré dans sa réapparition, signer son époque, avec l’étoile scintillante le guidant sur son chemin intérieur."

De l'autre on peut lire :

"J.-P.Bâchet est né à Montargis, dans le Loiret, en France. Il est issu d’une fratrie de sept enfants. Il a quitté l’école de bonne heure et il a commencé à travailler très tôt. Travail : employé dans différents petits boulots de 16 à 21 ans. Entre dans une compagnie aérienne internationale qui lui permet d'explorer la planète."

Ainsi, Montargis dans le Loiret se situerait "quelque part dans la Voie lactée", à moins que ce ne soit le contraire.  Et l'on peut quitter tôt l'école et s'adonner à de petits boulots dans cet endroit de l'univers ?
Le mystère rôde, la confusion est à son comble.
Une chose est claire cependant, et nous pouvons l'affirmer sans risque de nous tromper : J-P Bâcret a bel et bien signé son époque avec l'étoile scintillante qui le guide sur son chemin intérieur.

Mais si l'auteur s'affirme comme un des maîtres du mystère, il se trouve être également un cador de première bourre en ce qui concerne le marketing littéraire. Un coup d'oeil à la page "Vidéo" suffit pour s'en convaincre. Là, l'auteur en personne explique en 6 langues différentes et dans une mise en scène qui ferait passer Orson Welles pour un Max Pécas de bas étages les raisons pour lesquelles il est impératif d'acheter son roman.

La version française, la plus sobre.

Ne reculant devant aucun sacrifice, J-P installe pour chaque vidéo un décor adapté au pays concerné : pâtes à la carbonara et bandana à la Berlusconi pour l'Italie, chapeau à large bord pour le Mexique, chapeau melon pour l'Angleterre... Le public international est particulièrement choyé.
 L'effort est d'autant plus méritoire que notre auteur ne semble pas particulièrement familiarisé avec les subtilités des langues présentées. Mais ces petites imperfections de prononciations sont largement compensées par une force de conviction sans pareille qui entraîne l'internaute fasciné à cliquer fébrilement sur le bouton "Commander le livre".
Ils sont d'ailleurs visiblement nombreux à être tombés sous le charme irrésistible d'Eddy Magior, et quelques-uns parmi les plus enthousiastes n'ont pu résister à la tentation de laisser un petit mot dans la partie "Avis des lecteurs". Plusieurs styles de fanatiques inconditionnels sont représentés :

Le fonctionnel
"Un livre dans l'air du temps car la jeunesse accepte l'irruption du merveilleux dans l'univers quotidien.." Le paroxystique "Le suspens maintient le lecteur dans un état inimaginable. Ce livre m'introduit dans des situations mystérieuses et inédites, pour un premier roman"

Le flagorneur
 "Vos héros sont attachants et vivent des aventures extraordinaires dans un cadre qui ne peut qu’exciter l’imagination."

 Le mystique
"Vous savez, ces entités appartenant à un autre plan de réalité, qui s'immiscent peu à peu dans le notre par le recours à des "signes" qui possèdent leur cohérence interne mais dont la signification nous échappe. Nous sommes en danger, nous devons nous convertir. Lisez et croyez, c'est le seul chemin. Utilisé conformément au mode d'emploi, Eddy Magior est sans danger."

Le sibyllin
"Publier un livre, obtenir la reconnaissance des Lettres, voilà le rêve d'un grand nombre d'écrivains en herbe. Il y a ceux qui restent au stade du rêve, et d'autres qui passent à l'action, pour le meilleur et pour le pire. Avec Eddy Magior à l'école des puissances du néant, nous sommes là face au .."

L'ingrat
"Eddy Magior à l'école des puissances du néant une sorte de pâle copie d'un célèbre sorcier britannique où, reclus dans son château familial ( les parents ont gagné au loto...), le petit Eddy se rend compte des pouvoirs magiques qu'il détient et va en user pour défaire le mal. Un vrai moment d'anthologie avec des phrases nanar cultissimes, et son style affreux. Un chef d'oeuvre dans le genre mauvais. Si vous avez trop d'argent et aimez les nanars, c'est l'occasion..."

Doté d'une vision à très longue distance, et face au succès très prévisible que son roman va rencontrer à l'échelle mondiale, J-P a déjà prévu toute éventualité. Ainsi sur la partie "Don", juste au-dessus d'une fenêtre Paypal et Allopass (on a le choix) voici ce qu'on peut lire :

"Faire un don pour Eddy Magior
Je désire réaliser le tournage d'un film Cinéma & Télévision sur l'aventure d'Eddy Magior à l'école des puissances du néant."

Ainsi, si Steven Spielberg passait dans le coin, il pourrait en un simple clic et moyennant une somme qu'il aura lui-même choisie, acquérir les droits d'adaptation d'Eddy Magior pour le cinéma. C'est simple, pratique et terriblement efficace.
Alors, Eddy Magior digne successeur d'Harry Potter sur les étals des libraires et les écran de cinéma ? A n'en pas douter, car comme il est dit en page d'accueil du site officiel : J.-P. Bâchet dévoilera d’autres aventures d’Eddy Magior pour ses groupies du monde entier.

La saga ne fait que commencer, pour le plus grand plaisir des petits et des g
rands !


J-P, quelque part dans la Voie lactée




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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 22:03

Le Salon du livre, c’est un peu comme le salon de l’agriculture, sauf que les produits du terroir sont remplacés par des livres, et les bovidés/ovidés parqués dans des étables de pacotilles par des auteurs assis à des tables, occupés à griffonner sur la page de garde de leur chef d’œuvre des choses absconses destinées à des personnes qu’ils ne connaissent même pas.
Cette vision à la froideur clinique mais néanmoins frappée au coing du bon sens m’est tout simplement dictée par une pratique assidue dudit salon durant de longues années. Néanmoins, cette fois-ci cet événement mondain revêtait un caractère inédit et puissamment euphorisant dans la mesure où je me trouvais pour la première fois à la place de la vache placide qui meugle en regardant passer les badauds.
J’arrivais donc sur les coups de 14h, accompagné de la pétillante Victoria Canard qui m’avait fait l’honneur de sa lumineuse présence, et me dirigeais vers l’entrée VIP, brandissant à qui voulait la voir la fameuse carte d’accréditation sur laquelle étaient inscrites en lettres capitales : « Professionnel ». Avisant une file d’attente longue comme un bras de mer, je glissai à Victoria : « Vous allez voir, grâce à mon passe-partout de professionnel, nous allons passer devant tous ces manants ! » Et je partais aussitôt dans un rire démoniaque dont certains se souviennent encore, les poils du coup tout hérissé et la peau de poulet sur les bras.
En fait, non. Il s’agissait de la queue des professionnels, que nous rejoignîmes, contraints et la tête basse, un peu honteux de nous être gaussés du bas peuple dont – il fallait s’y résoudre - nous faisions bel et bien partie.
Je vous passe les détails (le monsieur de la sécurité refusant obstinément  de laisser entrer Victoria sous le fallacieux prétexte qu’elle n’avait pas d’invitation, j’ai dû traverser tous le salon en courant pour lui en trouver une) nous finissons par arriver sur le stand Milan, où je prends place à ma table, une pile de mon ouvrage soigneusement rangée devant moi.
Et puis j’attends…
Comme il fallait s’en douter, la patience de Victoria Canard atteint rapidement ses limites et c’est comme hypnotisée qu’elle se dirige vers la boulangerie « Chez Paul » que la providence a eu soin de placer à quelques enjambées de notre stand.
Sur ces entre faits une demoiselle se présente à moi (dont hélas, trois fois hélas, j’ai oublié le nom) et sort de son sac un exemplaire de mon ouvrage. Inquiet je m’enquiers de savoir si elle l’a volé, mais elle me rassure aussitôt : elle l’a acheté il y a quelque temps déjà, et l’apporte exprès pour que je gribouille dessus.
« Voilà une séance de dédicace qui commence bien » me dis-je. Las, Victoria revenue entre-temps de son expédition boulangère me glisse à l’oreille que Marc Lévy, Anna Gavalda et Harlan Coben viennent d’arriver (ils sont drôlement bien renseignés chez Paul). En quelques minutes, les travées se vident et ne restent bientôt plus, en guise de chaland, que quelques papiers gras mollement agités par l’air conditionné. Connaissant le peu d’intérêt que les papiers gras portent en général aux séances de dédicace, je me dis cette fois-ci que l’affaire est bien mal engagée. Contre toute attente, deux jeunes hommes, l’air cependant soupçonneux, marquent un arrêt devant ma table. Désignant la couverture du livre, l’un d’eux demande sur un ton suspicieux : « C’est sérieux ?» A peine ai-je le temps de déclamer la première phrase de mon argumentaire que Victoria s’écrie, la bouche pleine de sandwich jambon-gruyère : « Ché vachement drôle ! ».Les deux la regardent… puis se regardent.
Puis nous tournent le dos et se dirigent d’un pas dédaigneux vers le stand de Pif-Gadget qui propose des abonnements tout à fait compétitifs à l’occasion du salon.
J’émets prudemment quelques doutes quant à la pertinence de cette intervention, mais Victoria n’en n’a cure et continue, imperturbable, de dévorer son sandwich.
Le temps s’égrène lentement…
Une dame me sort des ma torpeur en me secouant l’épaule : « Dites, c’est pour les enfants, ce livre ? », mais un grossier personnage lui passe devant et demande à brûle-pourpoint : « Vous pouvez m’indiquer le stand de Marc Lévy ?». Poliment je lui réponds que non, mais que je peux lui indiquer l’accueil qui pourra lui indiquer où se trouve le stand de Marc Lévy.  Je m’apprête à me rendormir lorsque qu’une annonce retentit dans les haut-parleurs du salon « En raison d’une vérification technique, nous prions nos aimables visiteurs de se diriger vers la sortie la plus proche ». Dans un éclair de lucidité salvateur, je comprends sur-le-champ que cette prétendue « vérification technique » n’est rien d’autre qu’une terrifiante alerte à la bombe, et qu’on va tous mourir. Mu par un admirable instinct de survie, je prends Victoria Canard par le bras et nous courrons ainsi durant 50 minutes en direction de la porte de Versailles, avant de nous réfugier dans une sanisette Decaux juste à côté du périphérique. Vers 21 heures, estimant que le risque est suffisamment éloigné, je risque une tête à l’extérieur. Tout paraît normal. Lorsque je veux informer Victoria Canard que nous sommes enfin hors de danger et que nous pouvons rejoindre en toute quiétude la bouche de métro la plus proche, je m’aperçois qu’elle a disparu.
 

Elle refuse depuis de me parler, et j’ai appris par hasard qu’elle allait se rendre le week-end prochain au salon de l’érotisme avec un certain Maurice S.

  ac-au-salon2-copie-1.jpg

  Impossible de repartir avec une lampe, elles étaient vissées aux tables.

_______________________________________________________________________________________

Trêves de plaisanterie, un grand merci à tous ceux qui sont venus me voir :

 

-         Inconnue (si vous passez dans le coin, rappelez-moi votre nom !)

Antonia (qui fréquente le site, mais n'ose pas poser de commentaire... Allez Antonia, lancez-vous !)

-         Guiseppe Salamone (merci encore pour le café !)

-         Mélodie (qui ne connaissait pas le livre avant de venir au Salon !) (Mélodie et non pas Mélody... Merci Victoria...)

-         Stéphane Lavaud (le seul, le grand, l’unique)

-         François Martini, romancier (son site : http://fr.martini.free.fr/livres/index.html)

-         Lucile (qui n’a pas été sélectionnée pour un concours de nouvelles, mais qui le sera sûrement pour le prochain !)

-         - Sébastien Fritsch, romancier (« le sixième crime », « le mariage d’Anne d’Orval »)

http://sebastienfritsch.canalblog.com/

 

Je sais qu’il y en a eu quelques autres, mais ma mémoire brinquebalante me fait défaut. N’hésitez pas à vous manifester !

 

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 19:44
J'ai été interrogé par Thomas Chauvineau de France Inter samedi dernier dans le cadre  de l'émission Eklectic. Ce grand moment de bonheur radiophonique (je m'avance un peu, je n'ai évidemment pas entendu le résultat)  passera sur les ondes  samedi 23 à 11 heures. Enfin, à peu près... En fait je crois que c'est plus près de la fin de l'émission, c'est-à dire midi... En fait j'en sais rien...

En fait, ça n'a pas beaucoup d'importance !


EDIT :
Si vous avez malheureusement raté ce moment  inoubliable, voici l'occasion de vous rattraper à bon compte :  cliquez ICI pour télécharger le fichier RAM  de l'émission (il faut realplayer ou mieux : Windows Media Classic).

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 17:14

Ce blog va bientôt franchir le cap du 1000e commentaire. Pour fêter dignement cet événement qui ne se reproduira plus jamais (un peu comme le passage au troisième millénaire, mais en plus grandiose), la direction commerciale a décidé de frapper un grand coup (et accessoirement les esprits) en offrant – j’espère que vous êtes assis – un exemplaire du livre « Comment devenir un brillant écrivain… » à l’heureux auteur dudit 1000e commentaire. 

Mais ce n’est pas tout ! (restez assis) : cet exemplaire sera dédicacé, avec un petit mot d’accompagnement charmant du genre « A ma grande Louloutte, ton grand polisson » (s’il s’agit d’une femme) ou bien « A mon vieux copain de régiment » (s’il s’agit d’un homme). 

Toutefois, afin de prévenir toute tentative de s’octroyer ce somptueux prix par des procédés douteux, nous avons été dans l’obligation de rédiger un règlement, court certes, mais inflexible : 

Art 1 : Il est interdit d’user du procédé dit du « com en rafale ». Tout contrevenant serait immédiatement sanctionné avec la plus grande barbarie. 

Art 2 : Le contenu du commentaire doit obligatoirement répondre aux critères de compréhension communément admis : syntaxe, sens, etc. Par exemple : « Geuuuuh ! » ne peut être accepté comme valide. Par ailleurs, il doit présenter un intérêt minimum. Par exemple : « J’ai gagné, là ? » n’est pas valable. 

Art 3 : Toute tentative de basse flagornerie ou de grossière intimidation entraînera la disqualification du candidat.

 
Bonne chance à tous !



Mao_book.jpg
Cet homme pense avoir gagné.
Il s'est pourtant fait berner par une vulgaire contrefaçon.

EDIT : CONCOURS GAGNE PAR MAUDIT-BIC le 12/02/08

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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 15:49

Samedi après-midi, je me suis rendu à la grande librairie parisienne « Gibert Jeune » afin de constater si mon opuscule s’y trouvait en bonne place (ou plus modestement, s’il s’y trouvait tout court).
Pour l’occasion, je m’étais adjoint la présence rassurante – quoique parfois un peu encombrante -de mon frère Théophraste (il faudra un jour que je vous parle de lui plus en détail).

 

Ainsi flanqué de cet incomparable soutien, j’explorais un par un les rayons, l’œil aux aguets, la narine frémissante, mais toujours emprunt de cette dignité dont Victor Hugo en exil a fait sa marque de fabrique lorsqu’il posait seul, cheveux aux vents et regard perdu sur son rocher de Guernesey. On ne pouvait hélas pas en dire autant de Théophraste qui exsudait de tout son être une euphorie brouillonne et tapageuse frisant la camisole de force, soulevant chaque pile de livre avec une précipitation hystérique comme un enfant excité soulèverait un par un les galets de la plage à la recherche d’un hypothétique crustacé, ponctuant chacune de ses déceptions (et elles furent nombreuses) d’un cri déchirant et lugubre. Résultat, nous fûmes assez rapidement pris en filature par deux vigiles au physique imposant qui nous observaient de loin, les sourcils froncés, tout en chuchotant dans leur talkie-walkie avec des airs de conspirateurs tchétchènes.
A l’issue d’une longue quête qui serait tout à fait fatigante de narrer ici, nous finîmes toutefois par atteindre le Saint Graal, que les employés de la maison avaient modestement disposé sur une table émanant de toute évidence d’un magasin d’origine suédoise bien connu. Le livre était bien là, en cinq exemplaires, occupant un angle et menaçant à chaque instant de tomber dans le vide sous la pression des autres opuscules peuplant tant bien que mal le même espace confiné. En contemplant ce désolant spectacle, je ne pus m’empêcher de penser au « Radeau de la Méduse » et je me dis in petto, tout en massant pensivement ma barbe auguste, que l’affaire n’était pas gagnée.
C’est alors que Théophraste, qui se pique d’être un commercial de génie, tout ça parce qu’il a vendu pendant 3 semaines des chaussettes sur un marché de banlieue, m’empoigna par les épaules et entreprit de me crachoter dans les oreilles l’idée qui venait de traverser son esprit embrumé. Voilà, me dit-il en substance, il suffit de se poster à côté de la table, et de faire semblant de lire un exemplaire du livre tout en riant à gorge déployée. Cet habile stratagème* ne manquerait pas, selon lui, de piquer la curiosité du chaland qui dès lors n’aurait de cesse de s’emparer du chef-d’œuvre ainsi mis en lumière et de courir à la caisse ventre à terre. Théophraste était visiblement très satisfait de son idée, comme en témoignaient la suractivité globulaire de ses yeux et le mince filet de salive qui s’écoulait de chaque côté de sa bouche purpurine. Je m’empressai toutefois de tempérer son ardeur en émettant quelques réserves sur l’efficacité du projet, dont « à la louche » j’évaluai les chances de réussite à un peu moins d’une sur un million. Tandis qu’il se lamentait bruyamment de mon manque d’enthousiasme sous l’œil de plus en plus soupçonneux des deux vigiles, j’entrevis un quidam qui baguenaudait autour de la sainte table, puis qui contre toute attente s’empara de mon livre et s’abîma aussitôt dans la lecture de la quatrième de couverture. Au bout de moins de temps qu’il n’en faut à une Ferrari pour parcourir un cent mètres, il reposa l’objet d’un air carrément dédaigneux et poursuivi son chemin au milieu des rayons, la mine goguenarde et le pas innocent. C’en fut évidemment trop pour Théophraste dont l’émotivité de demoiselle combinée à une capacité de pondération comparable à celle du taureau débouche parfois sur des réactions inconsidérées. Après avoir pris un élan raisonnable, il sauta sur notre infortuné ami, le plaqua au sol et commença à lui marteler le crâne de ses deux poings velus. C’est précisément le moment que choisirent les vigiles pour intervenir. Hurlements, tables renversées, os qui craquent sinistrement, femmes enceintes qui s’évanouissent : la suite de l’histoire s’avère un peu confuse à narrer. J’imagine qu’entre-temps le directeur du magasin, soucieux de la bonne tenue de son établissement avait alerté les forces de l’ordre puisqu’une cohorte de cerbères uniformisés a rapidement fait irruption sur les lieux du chaos avant que de s’emparer sans la moindre délicatesse de nos personnes pour nous déposer lourdement dans une fourgonnette garée en bas du boulevard.

 

Nous passâmes donc, mon frère et moi, le reste de la journée et toute la nuit au commissariat du Vème, dans une sorte de cellule dépourvue du confort le plus élémentaire mais en contrepartie plaisamment fréquentée. Nous fîmes ainsi la connaissance de Gustave, un homme charmant quoiqu’un peu négligé et dont le dernier moment de lucidité devait remonter à l’élection de René Coty. Il y avait également Madame Gisèle, une femme d’un certain âge dont la contemplation du maquillage nécessitait le port de lunettes de ski, avec laquelle nous avons longuement disserté sur l’affaire des surprimes américaines et de sa désastreuse influence sur l’économie mondiale.

 

 En résumé, j’ai passé un excellent week-end.

 

Pour ce qui est des ventes du livre, j’ai appris de source sûre que Stéphane Lavaud s’en était procuré un exemplaire. J’ignore toutefois s’il l’a payé ou plus simplement volé. Mais qu’importe, c’est un excellent départ.

 
 
 
 

* private joke

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Le celèbre magasin est depuis ce week-end fermé pour rénovation.
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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 19:40
Ceci n’est pas à proprement parler un « billet » ou un « article » - comme vous voulez – mais bel et bien une réclame tout à fait inutile et superfétatoire dont le seul but est de rappeler à l’internaute volage la sortie imminente du livre finement intitulé « Comment devenir un brillant écrivain alors que rien (mais rien) ne vous y prédispose ».
Je sais pertinemment qu’en cette période de l’année – synonyme pour les uns de plantureuses agapes, pour les autres de soirées à déprimer devant Tf1 un plateau repas posé sur les genoux – que vous avez bien autre chose à penser (Pour les uns : parcourir frénétiquement les allées de Carrefour, regard fou, poignées crispées sur la barre du caddie, à la recherche de la dernière dinde disponible. Pour les autres : trouver la meilleure façon de mettre fin à ses jours sans trop déranger les voisins (les heureux acquéreurs de la dernière dinde carrefourienne)).
En somme, bien peu de client potentiel pour le livre cité plus haut.
Mais peu importe ! Car si ce modeste opuscule se vend pathétiquement mal, j’aurai eu au moins l’avantage et la fierté de devenir le premier « auteur de guide pratique » maudit. Eh oui ! En règle générale, le français est friand de ce genre de petites choses qui sont censées apprendre tout un tas de trucs dans la décontraction la plus totale, et les quelques milliers d’exemplaires écoulés sont le plus souvent la règle dans ce genre d’opération, que ce soit pour « Comment faire l’amour à une femme sans qu’elle appelle la police » ou bien « Comment planter un clou sans partir sur-le-champ aux urgences ».
Aussi comprenez-moi bien : il ne s’agit en aucun cas d’une incitation d’achat. Du reste, l’argent que vous aurez perfidement soutiré à votre vielle tante à moitié gâteuse à l’occasion des ces « fêtes de fin d’année » trouvera sans aucun doute un meilleur emploi dans l’acquisition d’un robot mixeur-épluche-patate, d’une série de casseroles bulgares en émail imputrescible, d’un portable à écran 16/9ème son surround dolby stéréo, bref, n’importe quoi sauf ce genre de livre ridicule fabriqué qui plus est avec du bois d’arbre de la forêt.
Néanmoins (comme dirait une personne chère à mon cœur) je vous livre ci-dessous le lien des sites honteusement commerciaux qui le proposent à la vente, car après tout, vous faites ce que vous voulez, et puis de toute façon, je ne vous connais même pas.


ICI


LA

  (disponible le 3 janvier (et normalement le 4 aussi))

dedicace.jpg













Non, il n'y aura pas de séances de dédicace.

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