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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 13:23

Il y a quelques jours, vous aviez pu découvrir sur ces pages le tout nouvel opus de Martine intitulé « Martine écrit un roman grâce à Aloysius Chabossot ».
Il s’agissait bien évidemment d’une blague (je le précise pour les lecteurs naïfs, il y en a plus que l’on ne croit).
Cette aimable supercherie était rendue possible grâce à un site, http://martine.logeek.com/ qui proposait  aux internautes de créer, loin de tout esprit mercantile, une couverture de Martine « pour rire ».
« Proposait », car depuis quelques jours, le site n’est plus disponible. En effet, les éditions Casterman (éditeurs de Martine) se sont émues de ce soudain engouement pour les aventures apocryphes de notre jeune péronnelle. Dans leur immense bonté, les boss de Casterman ont renoncé au procès (ils sont vraiment sympathiques) mais ont tout de même signifié au créateur du site en question qu’il était fort malvenu de jouer ainsi avec la propriété intellectuelle. Résultat : le site est définitivement fermé.
Cette délicieuse anecdote nous apprend deux choses :
Déjà, que la série « Martine » ce monument  de conformisme, véritable anti bible du féminisme, même le plus modéré, continue de paraître, et vraisemblablement, d’être acheté. Mais mon Dieu, par qui ? Qu’il existe encore aujourd’hui des parents qui achètent ce genre de littérature à leurs enfants laisse pantois…
Ensuite, qu’on ne doit pas rigoler avec le sacro-saint droit d’auteur, même si l’entreprise incriminée ne rapporte strictement rien au créateur du site, et que la seule finalité est juste de s’en payer une bonne tranche.
Bref, on ne plaisante pas avec Martine.
Toutefois, étant donné le nombre de « fausses Martine », générées grâce au site maudit, qui peuplent actuellement des dizaines de milliers de blogs français, nous souhaitons bonne chance à Casterman pour laver définitivement l’affront porté à leur délicieuse héroïne.

En attendant, « Martine écrit un roman grâce à Aloysius Chabossot » reste toujours disponible dans les meilleures librairies…

martine-pas.jpg

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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 18:15
Le tout nouveau BEST SELLER
d'Aloysius Chabossot 
sortira le 3 janvier 2008
(vers 10h15)


1e-couv-chabossot.jpg
                                                                                                                                                                        
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 14:03

Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, dans leur dernier opus consacré aux aventures de Martine , ont décidé de plonger leur sympathique et délurée héroïne au cœur des affres de la création littéraire. L’espiègle demoiselle (qui ne doit pas être très éloignée des premiers symptômes de la ménopause, tout de même) a fait appel pour réaliser son projet à un personnage dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est l’homme de la situation.

Un grand merci à Gilou et Céçél pour cet aimable coup de pouce !

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 10:06

C’est bien beau d’être édité, mais encore faut-il, pour que le bonheur soit complet, que le livre se vende. Pour arriver à leur fin, bon nombre d’écrivains ont recours à des astuces éculées qui ne trompent plus personne depuis belle lurette : vaines polémiques fabriquées de toutes pièces, déclarations tonitruantes sur quelque sujet sensible et, last but not least, squattage éhonté des plateaux télé, de l’émission culinaire au journal de 20 heures.

 

Krystian Bala a pour sa part élaboré – à son corps défendant, précisons-le - un procédé dont l’ingéniosité laisse pantois. Sachez toutefois que si vous êtes tentés de suivre son exemple, il vous faudra faire montre d’une patience à toute épreuve, d’un certain sang-froid et d’une dose de bêtise somme toute conséquente.

 

Voici donc l’histoire.

 

En 2000, le torchon brûle entre Krystian et sa femme. Non contente de lui servir des nouilles à l’eau un repas sur deux, elle s’adonne aux joies de l’amour physique avec un autre que lui. Krystian a beaucoup de mal à accepter cette situation, d’autant qu’il n’y a même pas de ketchup à la maison pour agrémenter ses pâtes. Aussi décide-t-il de suivre sa femme, affublé d’une fausse barbe et de lunettes de soleil. Bien que sa filature soit régulièrement entravée par les badauds qui, persuadés d’avoir affaire au guitariste de ZZ Top, lui demandent des autographes, il réussit néanmoins à identifier son rival, un homme d’affaires polonais de Wroclaw (j’ignore absolument tout de cette petite ville sans aucun doute charmante, mais ce genre de détail insignifiant fait toujours bien dans un article).

 

Le mari bafoué est bien décidé à donner une bonne leçon à ce paltoquet, mais, doté dès son plus jeune âge d’un naturel doux et affectueux, il n’a jamais pu se résoudre à faire lui-même du mal à autrui. Aussi engage-t-il des tueurs à gages chargés de faire passer le goût de la polissonnerie à l’homme d’affaires priapique. Krystian ayant opté pour la « formule complète – satisfait ou remboursé », le malheureux amant est enlevé, torturé pendant trois jours et finalement jeté à l’eau (alors qu’une bouée de type « Canard » lui avait toujours été nécessaire pour accomplir quelques brasses). Résultat : il meurt.

 

Une fois débarrassé de son encombrant rival, Krystian tente de reconquérir son épouse volage à grand coup de bouquet de marguerite et de restau chinois (formule gastronomique). Malgré les efforts dispensés, la belle reste impassible, et finalement, c’est le divorce.

 

Bien sûr, la justice polonaise émet quelques soupçons à l’encontre de notre ami, mais faute de preuve, son inculpation tombe à l’eau (sans mauvais jeu de mots, vous me connaissez). Tout un chacun plongé dans une situation identique sombrerait vraisemblablement dans l’alcool, la drogue ou le tiercé. Krystian, pour sa part, se contente d’écrire un roman qui va relater dans les moindres détails toute cette sordide histoire. Malin comme un singe, il change le nom des protagonistes afin de brouiller les pistes, et envoie le manuscrit à une maison d’édition, qui le publie en 2003. De l’art d’accommoder les restes, en quelque sorte.

 

Comment a-t-on a eu vent des ressemblances entre l’affaire Bala et le roman, je ne saurais vous le dire avec précision (explication plausible : un juge aurait lu le livre, ou un greffier, ou le gardien du palais de justice de Wroclaw). Toujours est-il que la procédure est rouverte illico presto, et cette fois-ci, Krystian en prend pour son grade : 25 ans fermes !

 

Cette incroyable histoire va-t-elle faire exploser les ventes du roman ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais c’est une probabilité qui doit être envisagée sérieusement.

 

Une chose est sûre : notre romancier va faire des envieux chez ses codétenus avec tous les kilos d’orange qu’il va pouvoir s’offrir grâce à ses droits d’auteur.

 

Pour autant, cher auteur en devenir, est-il vraiment nécessaire de se laisser aller à de telles extrémités pour accéder à la notoriété ?

 
Prenez plutôt exemple sur Patricia Parry qui, si elle truffe ses romans de cadavres salement amochés, n’en reste pas moins une personne sociable, équilibrée et digne de confiance.

 

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Krystian Bala : "J'ai dû merder quelque part, mais où ?"

 

 

     (source : Patricia Parry/AFP)

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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 20:55
Eduardo Pisani… ce nom évoque sans doute quelque chose aux plus perspicaces d’entre vous. Oui, mais quoi exactement ? Un designer ? Un couturier ? Une marque de pâte ? Inutile de vous gratter la tête jusqu’au sang, je vous donne la réponse : Edouardo Pisani, c’est ce brave garçon qui a connu  son quart d’heure de gloire pour avoir chanté une de ses compositions, « Je t’aime le lundi », dans une émission de petites annonces de la chaîne câblée CTV en 1995.
La séquence, plutôt pathétique, est aussitôt reprise par le Grand Zapping de Canal +, suivie immédiatement par les autres chaînes, toujours aussi promptes à se démarquer de la concurrence. Un producteur esthète repère aussitôt le potentiel artistique qui jaillit littéralement de tous les pores de notre ami transalpin, et lui fait enregistrer un disque qui le propulse sur le champ au panthéon de la chanson française, à droite de Jacques Brel et à gauche de Carlos.
Hélas, la roue tourne, comme on dit, et pour Edouardo, on peut même ajouter qu’elle tourne à la vitesse d’une formule 1 lancée à plein régime sur le circuit de Daytona Beach. Résultat : le brave garçon retourne bien vite à la case « Anonymat », sans passer par la case « prison »,  certes, mais c’est tout de même bien injuste.
Parfait.
Vous êtes sans doute en train de vous demander ce que vient faire cette lamentable histoire dans un blog qui s’est jusqu’à présent toujours distingué par son esprit de sérieux, sans jamais sombrer dans la gaudriole chère à un Pierre Assouline, pour ne citer qu’un exemple.
Et puis surtout : quel rapport avec la littérature ?
Nous y venons justement (mais lentement, car nous avons nos rhumatismes qui nous rappellent à l’ordre. Vieillir n’est pas drôle, mais vous le saurez bien assez tôt).
Donc, la grande nouvelle :
Edourdo Pisani sort le 16 novembre 2007 un roman, sobrement intitulé "Signe particulier Edouardo".
Pris d’une soudaine euphorie, vous vous mettez à tourner en rond autour de votre table de salon tout en cherchant votre portefeuille ? C’est normal, le titre a été choisi avec un soin méticuleux par une horde d’experts en marketing pour déclencher dans l’instant qui suit sa lecture un acte d’achat aussi intrépide qu’irraisonné chez tout consommateur normalement constitué. Cela dit, il va falloir être patient, chers petits amis, le 16 novembre c’est pas tout de suite.
Pour tromper votre attente, voici quelques biscuits que vous pourrez grignoter à loisir jusqu’à la date fatidique.
Tout d’abord, vous pouvez rendre une petite visite au site de l’éditeur (non, ce n’est pas de l’auto-édition) à cette adresse : http://www.editionsbdl.com/PISANI.html. Là vous découvrirez une présentation du livre, ainsi qu’une biographie succincte de notre homme, sans doute rédigée par la même horde citée un peu plus haut. Un petit extrait, pour vous mettre l’eau à la bouche :
« Il est célèbre en France pour sa chanson Je t’aime le lundi qui fait désormais partie de la mémoire de la chanson française… »
Qu’est-ce que je vous disais ?

« Il jouit, depuis cette époque, d’une grande popularité et d’une forte cote de sympathie auprès du public. »
Si vous n’étiez pas au courant, c’est que vous êtes le dernier des has-been, excusez-moi.
La présentation du livre possède également quelques moments d’authentique bonheur, dont voici un petit aperçu :
« Bien entendu on pense à Houellebecq en lisant ses lignes d’un italien exilé à Paris depuis 20 ans »
Comme vous pouvez le constater, on apprend des choses insoupçonnées sur les origines italiennes de Michaelo Houllebecqui.
Mais ce n’est pas tout ! Car Eduardo possède un vrai site à lui, entièrement dédié à la promotion de son livre. Et là, je dis chapeau Monsieur Pisani. Une telle sobriété, une telle humilité, cela force le respect. Mais foin de mots, le mieux est encore de vous y rendre, et de constater par vous-même :
 http://www.eduardopisani.com/
Juste une petite citation, tout de même : « Pisani a appris à rédiger dans la langue de Molière grâce à la lecture des poèmes de Michel Houellebecq. »
Quand on connaît les poèmes de notre ami Michel, on ne peut pas rester insensible à une telle assertion : s’il existait encore quelques esprits circonspects concernant l’intérêt d’un tel ouvrage, je pense que leurs dernières défenses viennent de tomber, définitivement.
Pour ma part, je ne regrette qu’une chose : que le Pisani ne soit pas sorti à temps pour figurer sur la liste du Goncourt.
PISANI.JPG
(Remerciements à Charles Marcel qui m'a communiqué cette magnifique info)



















Une jaquette que ne renieraient
pas les éditions de Minuit
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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 23:24
Comme certains ont pu le constater, nous avons mis en ligne un sondage  dont les résultats, d'une  rigueur scientifique incontestable, sont tout à fait passionnants.
Même si on peut leur faire dire ce qu'on veut, les chiffres ne mentent pas. Nous vous les livrons donc, sans fard aucun, à votre sagacité.





Sondage Blog-It Express
Ecrire un roman...

 

50% J'y pense (et puis j'oublie)
8.33% C'est trop dur
29.16% C'est déjà fait
4.16% Ca sert à rien, les éditeurs sont tous des pourris
8.33% Ca sert à rien, personne ne lit

48 personnes ont répondu
Sondage réalisé avec Blog-It Express. dont les scientifiques ont veillé
jour et nuit pour recueillir vos réponses.
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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 18:58

Vu hier soir (normalement je devrais écrire « j’ai vu… », mais je ne peux  résister à la tentation de me faire passer pour un diariste distingué,  ce genre de personnage qui a « vu » la veille au soir des choses extravagantes et dont le plaisir secret – qui peut s’apparenter à  la masturbation –est d’en retranscrire les moments les plus pétillants dans un style où le détachement feint le dispute à l’élégance raffinée)
Donc, vu hier soir « Les sœurs fâchées » sur France 2, en short sur mon canapé avec un bol de chipsters à portée de main (bon, ça calme tout de suite)
Loin de moi l’idée de me recycler dans la critique de cinéma dont la blogosphère regorge d’abondance (« trop cool ce film, et les effets spéciaux trop forts » etc). Je me contenterai juste de dire que ce long métrage est de toute évidence trop cool, bien que souffrant manifestement d’un budget « effets spéciaux » comparable au PIB de l’Ouzbékistan.
Une fois les considérations cinéphiliques  réglées, abordant enfin le vif du sujet : « Les sœurs fâchées » est, pour tous les auteurs en devenir, une véritable incitation à envoyer des manuscrits aux maisons d’édition.
Je m’explique.
Catherine Frot (enfin, son personnage), provinciale bon teint telle que l’imagine le petit monde du cinéma (anticoupe de cheveux, vêture fonctionnelle, accent du terroir et naïveté à tout crin) « monte à la capitale » avec un double objectif : revoir sa sœur qu’elle a un peu perdue de vue (autant dire que cet objectif, du moins dans le cadre restreint de ce modeste article, ne retiendra pas plus avant notre attention), et se rendre au rendez-vous que lui a fixé un éditeur.
Et c’est là, bien sûr que ça devient intéressant. Vous l’avez compris, même si vous n’avez pas vu le film (si vous l’avez vu et que vous n’avez toujours pas compris, consultez au plus vite) : Catherine, esthéticienne au Mans, a écrit un manuscrit qu’elle a aussitôt envoyé aux maisons qui comptent sur la place de Paris. Résultat : un entretien chez Grasset (on voit la plaque en cuivre sur la porte, briquée de frais au Mirror) dont l’objet véritable semble échapper à tous les protagonistes (mais en fait, c’est pour le suspense !)
Voilà qu’arrive le dernier tiers du film et nous retrouvons  notre Catherine, toujours aussi empotée, enfin reçue par ce que l’on pourrait identifier comme un directeur littéraire (raies sur le côté, veste pied-de-poule, foulard autour du cou), lequel lui fait, après quelques politesses d’usage (« les onze personnes du comité de lecture ont aimé votre roman. Enfin non : certaines l’ont adoré ! »), signer un contrat en bonne et due forme, là, sur le coin du bureau.
Imaginez un peu le bonheur de notre amie mancelle ! Et la surprise des auteurs en devenir qui frisent la crise d’apoplexie devant leur petit écran : Ainsi donc, ça se passe comme ça ! Crénom, mais c’est donc pas aussi compliqué qu’on le dit alors ! Evelyne, sors-moi mon manuscrit pendant que je réserve mon billet de train pour Paris ! Comment ça lequel ? Mais « Le rossignol se cache pour chanter » ! J’en ai pas écrit d’autre de toute façon…
Gageons que dans les jours qui viennent (et les mois prochain, pour ceux qui, portés par une folle espérance, ont commencé le premier chapitre hier soir) les éditions Grasset  et consorts vont devoir faire face à une arrivée massive de manuscrits qu’ils ne sauront, comme d’habitude, pas où ranger.
Bien fait pour eux !


catherine-frot.jpg"Toi aussi, deviens un auteur publié et célèbre grâce à Grasset"

 
EDIT : Faut-il y voir un lien de cause à effet ? Le blog a reçu aujourd'hui deux fois plus de visite que les jours précédents. Dingue, non ?

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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 00:18

De tout temps, les éditeurs ont dû pour dénicher la poule aux oeufs d'or se débrouiller avec les seules armes dont ils pouvaient disposer : leur flair, leur intuition, ou appelez ça comme vous voulez. Pour la petite histoire, ce sont sans conteste possible ces inestimables facultés qui ont poussé Gutemberg, afin de lancer sa petite entreprise, à imprimer un bouquin  qui avait depuis belle lurette fait ses preuves, et dont les auteurs ne risquaient pas de venir lui rebattre les oreilles avec d’agaçantes histoires de royalties.

Mais depuis l’invention du vénérable barbu allemand, les choses ont bien évolué. Pourtant, si le marché du livre est aujourd’hui caractérisé par une concurrence effrénée et des marges de manœuvre artistiques de plus en plus exsangues, le flair et l’intuition restent encore les seuls outils disponibles pour tenter de décrocher la timbale (et en attendant le jack-pot, de continuer à payer les traites). Résultat : en gros, 90% des bénéfices des maisons d’édition sont générés par seulement 10% des titres. Que d’énergie dépensée en pure perte, que d’arbres sacrifiés sur l’autel de la production à outrance !
Pour un « les Bienveillantes », pour un « L’élégance du hérisson », combien de romans obscurs aussi vite imprimés que répudiés s’en iront nourrir l’infâme pilon ?

Mais toute cette tambouille aux relents quasiment préhistorique ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir, puisque qu'une technique révolutionnaire vient de faire son apparition aux Etats-Unis, pays de l'optimisation  triomphante.

En effet, pourquoi s'embêter à prendre des risques inutiles, alors que les mathématiques, habillement mixé avec un peu de science économique, peuvent déterminer LE type de livre que les foules s'arracheront? C'est exactement ce que propose Media Predict , un site spécialisé dans ce qu’on appelle les “marchés prévisionnels”: des sortes de bourse dans lesquelles les participants parient avec de l’argent fictif sur tout un tas de choses... dont des projets d'édition. Tout le mécanisme repose sur l'idée que l'avis de milliers de quidams sera de toute façon plus proche de la réalité que les prévisions d'une poignée d'experts. Saugrenu ? Pas tant que ça, puisque Simon & Schuster la grande maison d’édition New Yorkaise a passé un accord (et sûrement pas à l'aide d'argent fictif) avec Media Predict afin de détecter le bouquin qui cassera la baraque.

Bon, c'est vrai, jusqu'à présent, aucun best-seller n'est encore sorti de cette marmite prospective, et il est encore temps de se moquer à bon compte. Mais souvenez-vous : dès lors qu'un juteux bénéfice se profile à l'horizon, les Américains ne lachent pas le morceau et finissent pas réussir. Il y ont mis le temps, mais ils ont fini par y marcher, sur la lune !

D'autant que nous arrive, provenant d'une autre sphère créative, une autre information qui ne fait que renforcer nos craintes. Même s'il s'agit ici de cinéma, le 7ème art entretient trop de liens intimes avec la littérature pour ne pas y trouver un parallèle troublant. La société Epagogix (américaine, mais fallait-il le préciser ?) s'est spécialisée dans les estimations de box-office en fonction d'un scénario donné, et propose grâce à un logiciel habillement programmé d'apporter des modifications à l'histoire afin d'optimiser les bénéfices. "L'interprète", film de Sydney Pollack, a bénéficié de cette formidable technologie. La première version du script avait été taxée d’ « européenne » par la machine, et les résultats estimés ne s'élevaient qu'à 33 malheureux millions de dollars. Après quelques judicieuses retouches apportées par Sidney Pollack lui-même afin de l'américaniser, les résultats ont soudainement grimpé à 69 millions de dollars (pas loin du chiffre final réalisé par le film, en fait !). Mais le logiciel avait suggéré d'autres "améliorations qui n'ont pas été retenues : une meilleure utilisation du bâtiment des nations unies, et c'était 5 millions de bonus, un partenaire du héros plus jeune et éventuellement de couleur, et c'était 12, 5 millions dans la cagnotte ! En fait, on se rend compte que plus il y a des stéréotypes dans le scénario, et plus il a de chance de plaire au grand public. Et moins il y a de place pour la création, l'imagination et le risque.

Une menace pour notre bon roman français ? L' "exception culturelle" de notre beau pays saura-t-elle se montrer assez vivace pour résister au calibrage mercantile ? L'avenir nous le dira.

En attendant, je vais tenter de télécharger ce fameux logiciel sur emule !

Gutemberg.jpg"C'était mieux avant"



(source : http://pisani.blog.lemonde.fr/2007/07/10/litterature-et-marches-previsionnels/)

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28 août 2007 2 28 /08 /août /2007 12:07
Une rentrée littéraire sans polémique, c’est comme une belle fille qui lui manquerait un œil, comme aurait dit mon grand oncle Théophraste. En 2006, on s’en souvient, Jonathan Littell et ses « Bienveillantes » avaient été l’objet de toutes les controverses (Y’a des erreurs historiques, c’est même pas lui qui l’a écrit, c’est imprimé trop petit et y’a même pas d’image, etc). Pour cette année, on commençait à se languir quand soudain la polémique a enfin pointé le bout de son nez. Ainsi le cru 2007 aura un fort arrière-goût de plagiat, sur fond de concurrence larvée entre deux auteures éditées par la même maison : Camille Laurens et Marie Darrieussecq.
Concrètement, l’une reproche à l’autre de lui avoir piqué le sujet d’un roman, Philippe, écrit en 1995, où elle racontait à la première personne la mort de son bébé mort peu de temps après sa naissance.
Dans un article joliment intitulé « Marie Darrieussecq ou le syndrome du coucou » (La Revue littéraire, no 32, automne 2007). elle exprime tout le mécontentement qui l’habite,et affirme avoir relevé dans Tom est mort, le roman de Darrieussecq, de nombreux éléments qui attestent du plagiat: « phrase ou idée, scène ou situation, mais aussi rythme, syntaxe, toujours un peu modifiés mais manifestement inspirés de mon épreuve personnelle et de l'écriture de cette épreuve. ». Pour appuyer sa thèse, elle cite même des exemples, comme celui-ci : "Je ne suis pas le corps, je suis la tombe." (Philippe) ; "Sa terre natale, moi. Moi, en tombe." (Tom est mort).
Pour ce qui est du plagiat, les tribunaux trancheront. Mais inutile d’être spécialiste de la propriété intellectuelle pour deviner que Camille Laurens a toutes les chances de se voir déboutée avec des « preuves » aussi peu convaincantes. Rappelons qu’en droit français, les idées ne sont pas protégées, et seule la copie servile encourt les foudres de la justice.
Mais pour le moment Camille Laurens ne parle pas de procès, car le problème est ailleurs. « Tom est mort pose la question de l'obscénité et du cynisme » écrit-elle. En fait, elle reproche tout bonnement à Darrieussecq de ne pas avoir vécu directement, comme elle, la mort d’un enfant .Et lui refuse ainsi le droit d’en tirer une fiction. Et elle ajoute pour asseoir son propos dans un cadre plus large que la littérature a une exigence de vérité.
En dehors de la réelle douleur que peut ressentir un auteur de se voir déposséder d’une histoire qu’il tient – à tort – pour strictement personnelle, on est en droit de juger l’argumentation un peu fallacieuse. Mais là où l’affaire prend tout son piquant, c’est quand Darrieussecq, jointe au téléphone par Le Monde, se justifie en arguant du fait que ses parents ont, eux aussi, perdu un enfant ! Ce qui l’amène à conclure : Je ne suis pas moins légitime comme soeur que comme mère endeuillée.
On reste pantois devant un tel raisonnement. Que faut-il comprendre précisément ? Que l’auteur doit nécessairement trouver dans son histoire familiale une quelconque légitimité à traiter d’un thème ? A ce compte, cela ne fait pas beaucoup d’écrivains légitimes en circulation !
Et à l’aune de cette thèse, il serait grand temps de reconsidérer le cas Littell, cet infâme usurpateur qui a eu l’outrecuidance d’écrire « les bienveillantes » sans que lui, ni même un quelconque membre de sa famille, ne soit un bourreau nazi…
Quoiqu’il en soit, l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens (POL) a déjà tranché et choisi son camp : dorénavant il ne publiera plus les textes de Camille Laurens.
Parce qu’elle vend moins que Darrieussecq ?


Marie Darrieussecq : elle fait rien qu'à copier


Sources : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-946764@51-946803,0.html

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16 août 2007 4 16 /08 /août /2007 17:22

Attention, moment historique. Vous vous apprêtez à lire un article dont la dimension prophétique ne cessera de croître au fil des années. Bientôt, lorsque le peu de cheveux qui vous reste auront définitivement désertés votre crâne,  vous vous souviendrez que tout a commencé ici. Et de votre voix chevrotante vous déclarerez alors fièrement à vos petits enfants béats d'admiration : "J'y étais!"
Jason Epstein... Ce nom ne dit sans doute rien à personne pour le moment, mais l'invention du brave homme qui se cache derrière cet anodin patronyme risque de provoquer bientôt une véritable révolution dans le monde de l'édition. Un peu comme Gutenberg , toute proportion gardée, bien sûr. Mais quelle serait donc la machine infernale capable d'un tel bouleversement ? Eh bien, j'ai un peu honte de l'avouer, mais il s'agit d'une imprimante.
Mais attention ! Un modèle bien particulier, capable de vous pondre un pavé de 500 pages broché avec couverture quadri en quelques minutes seulement, le tout pour une somme dérisoire en regard des prix prohibitifs habituellement constatés chez les imprimeurs-escrocs qui sévissent sur Internet et ailleurs. Soudain, des perspectives inconnues s'ouvrent à vous, n'est-il pas ? Pour être tout à fait précis, il en existe deux, selon que vous êtes un honnête auteur en devenir à l'ego systématiquement bafoué par les maisons d'édition classique, ou bien un malfaisant prêt à bondir sur toutes les opportunités dès lors qu'elle vous procurent un peu de liquidité à moindre frais (cela dit, les deux ne sont pas incompatibles).
Si vous appartenez à la première catégorie, l'intérêt d'une telle invention vous saute évidemment au yeux : devenir votre propre éditeur, sans passer par un comité de lecture (corrompu comme chacun le sait) ni aucun intermédiaire prompt à vous pomper un maximum de pognon en profitant de votre crédulité. Fini les stocks acheté à prix d'or qui encombrent les couloirs de votre appartement, maintenant le livre sera fabriqué à l'unité, et vendu directement du producteur au consommateur, comme les fruits et légumes sur le bord des routes ! Comme chez lulu.com , avec cependant un contrôle de la qualité plus rigoureux, pas de délais d'attente ni de ponction effectuée sur la marge des bénéfices.
Maintenant, si vous faites partie de la catégorie des malhonnêtes sans scrupules, vous avez sans doute, vous aussi, votre petite idée... Combien coûte un best-seller -(vous savez, ces trucs que les gens s'arrachent pour la simple raison que les gens se les arrachent) acheté en librairie ? Une bonne vingtaine d'euros. Et si, grâce à la machine de notre ami Jason, vous étiez en mesure de le proposer à des acheteurs sans scrupules pour la moitié de son prix, dans une édition ressemblant étrangement à l'originale... Evidemment, vous rejetez violemment cette éventualité car si vous lisez cet article, c'est que vous êtes foncièrement honnête, loyal et droit. Mais tout le monde n'affiche pas, loin s'en faut, votre probité sans faille...
Dès lors, le processus est engagé et le déroulé de l'histoire pas bien difficile à imaginer :
Première phase : les petits requins qui ont accès à l'imprimante magique raflent la mise, mais leur victoire est de courte durée, car...
Deuxième phase : l'imprimante de Jason se démocratise à grande vitesse en diminuant et sa taille et son prix d'achat (il est vrai que pour l'instant, elle coûte très cher et ne pèse pas moins de 700 kg...). Résultat : de plus en plus de monde peut se l'offrir.
Phase finale : tous les livres, nouveautés ou pas, se retrouvent sur le net où chacun peut les télécharger illégalement, et les imprimer chez lui avec une qualité quasi professionnelle.
Cela vous rappelle sans doute quelque chose ? C’est normal.
Les éditeurs, jusqu'à présent épargnés, risquent en effet de se retrouver confrontés aux même problèmes de piratage que leurs confrères de l'industrie du disque. Et il est fort à parier qu'ils proposeront les mêmes solutions : lutte (inefficace) contre les pirates, téléchargement payants, etc.
Pourquoi tout cela va inéluctablement arriver ?
En vertu de ce que j'appellerai "le syndrome du moulin à café" : tout produit commercial est tôt ou tard rendu caduque par un produit qui annule tout simplement sa raison d'exister. Quel rapport avec cet ustensile rustique ? J'y viens. Jusque dans les années 60, les grandes marques d'électro-ménager fabriquaient des moulins à café, car le café était vendu en grain, et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais un jour, un visionnaire à la solde de Jacques Vabre ou tout autre fabriquant de café a décidé de le vendre DEJA moulu : l'arrêt de mort des moulins venait d'être signé.
Le même phénomène s'est récemment produit pour le disque : le consommateur ne voit plus l'utilité d'acheter ces disgracieuses rondelles de plastique dans la mesure où la musique peut se trouver ailleurs, et gratuitement de surcroît (ce qui, notez bien, n'a jamais été le cas du café).
Il est à parier que le livre n'échappera pas à la terrible malédiction du moulin, avec les conséquences dramatiques que l'on devine : les éditeurs ne servant plus à rien licencieront à tour de bras et finiront par disparaître comme les dinosaures en leur temps… Parallèlement, les droits d'auteurs se réduiront à l'état d'une peau de chagrin, et Marc Lévy sera contraint de vivre dans un deux pièces à Nanterre… Et alors que les musiciens sauvent actuellement les meubles grâce aux revenus que leur assurent les concerts, les écrivains n'auront pas d'autre recours pour subvenir que de se livrer à d'infamantes lectures publiques dans les MJC de banlieue. Imaginez le drame pour un Philippe Sollers, par exemple, qui n'a jamais pris le RER de sa vie.
Alors, combien de temps avant que l'apocalypse technologique ne ravage nos verts pâturages littéraires ? Les paris sont ouverts.



Jason Epstein : Marc Lévy ne lui dit pas merci


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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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