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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 10:31

Vous rêvez de publier ce roman qui fera enfin de vous l'être respecté riche et célèbre que vous avez toujours été intérieurement mais que par bête jalousie les autres se refusent à voir ? Les moyens de communications modernes n'ont pas de secret pour vous, et en outre, vous avez horreur de faire des photocopies ? Alors les lignes qui suivent vont peut-être changer votre vie…
Comme vous le savez sans doute, la famille Bouygues (les deux frères Martin et Olivier, maintenant que papa Francis a passé l’arme à gauche) est depuis des décennies honorablement connue pour encourager le développement des Arts et de la Culture sur notre bonne terre de France.
Cette prestigieuse mission ne date pas d'hier, souvenez-vous : déjà, en 1987 les modestes maçons rachètent à l'Etat la première chaîne de télévision pour en faire le temple de l'érudition et du raffinement que l'on sait. Mais le fait d'avoir hissé la petite lucarne à un niveau d'exigence encore jamais atteint ne suffit pas à ces insatiables défenseurs de la culture pour tous.
Un jour, lors d’un conseil d’administration particulièrement soporifique, Martin lève subitement les bras en l’air et s’exclame : « Et si nous lancions un grand concours de roman ? » Tout le monde autour de la table se tourne alors vers le trublion tout en fronçant les sourcils, tandis que son frère Olivier traduit à haute voix l’opinion générale : « Mais ça va nous rapporter quoi ? ». Olivier forme alors un rond avec la bouche, regarde ses ongles, passe un doigt nerveux entre le col de sa chemise et son cou légèrement moite puis écarte les mains en signe d’impuissance… L’incident est clos et la séance se poursuit.
Mais peu avant midi, au moment où tout le monde s’apprêtait à descendre à la cantine (il y avait ce jour-là spaghetti bolognaise), Martin pousse à nouveau un cri : « Attendez ! Le roman… Le roman du concours… Y’aura du sms dedans, et même du langage chat ! Ca sera dans le règlement ! Obligatoire ! On organise le tout en passant par la fondation Bouygues Télécom, et on se fait au passage un maximum de pub ! Alors qu’est-ce que vous pensez de ça ? »
Présentée ainsi, l’idée séduit aussitôt les administrateurs et il leur apparaît bientôt comme une évidence que la création littéraire en France a bien besoin de soutien. C’est vrai, il y a eut quoi depuis Balzac, en fait ? Pas grand-chose. Heureusement que Bouygues est là pour redonner à notre pays la place qu’il mérite dans le paysage littéraire mondial.
Aussitôt décidé, aussitôt mis en branle, le grand concours voit le jour…
Il faut reconnaître que les Bouygues ne font pas les choses à moitié : publication du lauréat chez Calmann-Lévy, prix de 10 000 euros…Obscurs mais talentueux auteurs, ici se joue votre destinée littéraire !  D’autant qu’il suffit d’envoyer par mail un simple document word et le tour est joué !
Afin de remplir le fameux document, étudions ce que dit le règlement du concours : « Peut concourir toute œuvre de fiction inédite, écrite en langue française, et dont le langage SMS et des messageries instantanées constitue un élément déterminant de la trame narrative. Tous les genres sont acceptés : roman psychologique, roman d’amour, drame social, comédie de mœurs, roman policier, science-fiction, à l’exclusion du genre pornographique ou érotique » (J’ajouterai pour ma part le roman historique.).
Certes le délai (31 août 2007) parait un peu court pour se mettre à la rédaction d’un roman, même bourré de séances de  chat  et de texto abscons. Mais avec le talent qui vous caractérise, ce n’est pas vraiment un problème. Et puis pour la trame, il vous suffit de reprendre « Les liaisons dangereuse » et de remplacer les lettres calligraphiées par des écrans plats.
Attention toutefois : Martin et Olivier ne sont nés de la dernière pluie, et le règlement stipule expressément que « l’Auteur doit faire preuve de qualités d’expression littéraire et de créativité »
D’ailleurs, pour prouver que tout cela n’est pas de la rigolade, on apprend sur la page web dédiée que l’événement a pour but, entre autres, d’assurer la «  promotion de la langue française ».
Tro dla bal !
Pour une prochaine édition, et pour rester dans le même esprit, nous suggérons aux frères Bouygues de promouvoir les arts du spectacles en organisant, par exemple, un concours de pets.


Martin B : "Je kif tro la litératur, ça rass"
Toutes les infos : http://www.animations2.bouyguestelecom.fr/mecenatlitteraire/
 
 
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Published by Aloysius Chabossot - dans Actualité littéraire
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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 16:22

Evelyne Thomas a été durant de longues années l'animatrice comblée d'une émission culturelle intitulée "C'est mon choix" où, devant un parterre de fin connaisseurs, quelques courageux quidams venaient faire la démonstration de leur singularité ("Je vis avec un cochon, et alors?", "J'adore manger mes crottes de nez, ça te pose problème?").

Mais les dirigeants de France 3, jugeant probablement l'émission par trop élitiste, décident un beau jour de la supprimer sans autre forme de procès. C'est le tollé général : pétitions dans les milieux intellectuels, violent pamphlet de Bernard Henri Lévy contre "la censure de la culture à la télévision", grève de la soif de Boris Eltsine. Mais hélas, rien ne parviendra à ébranler l'insolente arrogance des petits marquis de France 3 dont l'âme est avant tout acquise au grand capital.
Depuis ce scandaleux évincement, rares ont été les occasions d'entendre à nouveau la douce voix d'Evelyne et de se régaler de ses pertinentes analyses, parfois traversées par l'éclair fulgurant d'un concept aussi novateur qu'intellectuellement ébouriffant.
Nous étions même à deux doigts de l'oublier complètement lorsque la nouvelle est tombée, brutale et sèche, sur nos téléscripteurs : Evelyne Thomas écrit un roman !
Les sinistres adorateurs d'une littérature empaillée et désuète qui nous rebattaient les oreilles avec leur Yourcenar, leur Sarraute, leur Duras, vont devoir ravaler leur morgue : Evelyne Thomas écrit un roman !
Mais pourquoi avoir attendu un âge si avancé avant de se laisser aller au démon de l'écriture ? Quoique n'ayant pas la réponse, Evelyne tient à nous rassurer :" L'écriture, c'est ma passion d'origine, une passion enfantine, pour ne pas dire infantile". Comme son style ? Nous avons hâte de le découvrir !
Afin de calmer un peu notre curiosité, l'ex-animatrice nous livre les clés de son projet romanesque : "je ne sais pas du tout vers quoi je vais. Je sais juste que ce sera un roman."
Cette certitude est à n'en pas douter la marque des grands écrivains, ceux qui, guidés par l'ineffable étoile de la littérature, savent précisément où leur plume les mène. En effet, de nos jours, combien de personnes aux motivations mal définies se mettent à leur table de travail avec l'intention d'écrire un roman policier, et se retrouve finalement avec un manuel de jardinage ?
Même si un certain flou semble encore subsister autour de l'intrigue, des rebondissements, des personnages, du nombre de chapitres et d'autres petites choses secondaires, le projet est cependant en bonne voie, d'autant qu'Evelyne s'impose visiblement un rythme de travail draconien :"Ça vous prend comme ça et vous vous mettez sur votre ordinateur". On peut dire ainsi que cette période relativement très calme d'un point de vue professionnel tombe à pic : comme chacun le sait, les longues journées de désoeuvrement sont propices à la création.
J'imagine que l'arrivée prochaine d'Evelyne Thomas dans le paysage littéraire français vous transporte dans des sphères d'excitation que vous n'auriez jamais rêvé d'atteindre auparavant. C'est tout à fait normal. Cependant, il va falloir vous montrer patient : Evelyne, en artiste libre et rebelle n'a donné aucune date de publication. Mais qu'on se rassure : elle n'aura aucune difficulté à trouver un éditeur, tant ses éblouissantes prestations télévisuelles ont marqués les esprits. Souhaitons du fond du coeur que la version papier soit à la hauteur de la version cathodique.

Les propos de Madame Thomas cités ici proviennent de là :  http://www.dhnet.be/culture/television/article/175509/je-ne-suis-pas-une-ex-je-suis-une-future.html



Evelyne Thomas : c'est son choix d'écrire un roman,
c'est notre choix de ne pas le lire


 

 

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 19:03

Grâce à la sagacité de Marc Galan, nous connaissons enfin toute la vérité sur l’affaire du roman écrit sur un portable, du moins concernant les chiffres de vente mirobolants annoncés sur le site Rue 89. Visiblement le journaliste, emporté par un enthousiasme bien pardonnable, a confondu le classement dudit roman et le nombre d’exemplaires écoulés. Ce qui nous ramène à une réalité nettement moins glorieuse : le livre, vendu à une vingtaine d’exemplaires (on arrondit), arrive en dix-neuf millième position (à peu près) parmi les quelques dizaines de milliers d’ouvrages proposés.

Plutôt que de ricaner bêtement (je viens juste d’arrêter), réfléchissons un peu : puisque la moyenne des ventes sur le site est de 2, une vingtaine de bouquins, c’est déjà tout à fait honorable. Et puis il y a une chose qu’on ne peut pas lui enlever, à Roberto : à moins d’une révélation de dernière minute, son roman, il l’a quand même bien écrit sur un téléphone portable !
Alors moi je dis : Roberto, chapeau ! 
Ne lisant pas l’italien, ni dans le texte ni ailleurs, je ne lirais donc pas votre roman. Doutant que durant les 50 prochaines années un traducteur digne de ce nom daigne se pencher sur votre œuvre, je ne lirais pas votre roman, jamais. 
Mais est-ce si grave ? Le seul fait de penser que vous existiez, fier et courageux petit Roberto, suffit à m’emplir de bonheur. Je vous imagine, assis sur votre banquette de train, tout occupé à taper vos phrases à l'aide de vos doigts gourds, et ça pendant 17 semaines, tous les jours (sauf les week-end).
Décidemment, vous êtes un exemple et un espoir pour tous les auteurs en devenir. Ainsi, l’imagination qui leur fait parfois cruellement défaut pour construire une histoire trouvera sans doute mieux à s’employer dans la recherche d’un lieu incongru pour la rédiger. Le reste ne sera que formalité.
Et dans un futur que j’espère proche, nous pourrons enfin nous écrier : « Qu’importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon » !

 

 nokia8800.jpg

Prochainement, les oeuvres complètes de Roberto
 disponibles dans la Pléiade

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28 juillet 2007 6 28 /07 /juillet /2007 20:12
A la vue des statistiques de fréquentation qui s'écroulent régulièrement en période de week-end, nous en concluons que les personnes qui fréquentent ce blog sont, outre de futurs auteurs talentueux, de petits polissons qui surfent sans vergogne pendant les heures de travail. Soyez toutefois rassurés : loin de moi l’idée d’aller les dénoncer à leur responsable hiérarchique que je ne connais pas et dont la société ne me dit rien qui vaille particulièrement.
Plus simplement, cela me fait penser à cette nouvelle lue aujourd’hui sur rue89 : un Italien a mis à profit le temps de trajet pour se rendre à son travail afin d’écrire un roman de science-fiction. A l’arrivée la chose, écrite sur un mobile durant 17 semaines, ne compte pas moins de 317 pages. Jusque-là, pas de quoi s’émouvoir, si ce n’est de l’incroyable abnégation qu’il a fallu pour taper ces milliers de signes sur un clavier mesurant à peine quelques centimètres carrés. Cela devient plus étonnant lorsque l’on sait que le roman en question, publié sur lulu.com, s’est écoulé à plus de 19 000 exemplaires… Chiffre faramineux puisque les ventes moyennes pour un ouvrage tournent autour de…2.
S’agit-il d’une habile campagne de pub orchestrée par le site ? Difficile de le savoir en l’état actuel des choses. Car enfin, qu’est-ce qui a bien pu pousser tous ces gens à acquérir ce livre ? Le fait qu’il ait été écrit dans les transports en commun ? Comme gage de qualité, on peut trouver mieux…
Et comment s’est organisé le buzz autour de cette histoire ? On se perd en conjectures…
Cependant, si cette information s’avère exacte et totalement dénuée d’arrière-pensées manipulatrices, il faut bien avouer que cela pourrait faire des émules auprès des auteurs en devenir.
En effet, pourquoi ne pas écrire votre roman en nettoyant la vaisselle, ou en conduisant votre voiture ? Ou tout bêtement durant votre travail, suivant en cela la technique appliquée avec le succès que l’on sait par Boris Vian pour L’écume des jours ?
Cela ouvre des perspectives, n’est-il pas ?
D’autant que, selon toute évidence, le lecteur semble se ficher pas mal du contenu.
Nous attendons donc avec une grande impatience le livre qui sera vendu orné d’un joli bandeau rouge avec écrit dessus en lettre blanche : « Ecrit dans les WC ».


La nouvelle villa Médicis
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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 15:45

Je suppose que si vous lisez ce blog, c’est que (outre votre volonté farouche de devenir un grand romancier grâce à quelques conseils avisés) votre vie sociale est réduite à sa plus simple expression et que la presse quotidienne ne s’émeut guère de votre petite existence (sauf le jour où vous cambriolerez une banque). Il est donc fort à parier que vous ne faites pas partie de la caste aussi médiatisée que lucrative des « fils de » ou « fille de ».  Et que par conséquent ce post ne vous concerne d'aucune manière.

Pour autant, vous êtes autorisé à en lire la suite (ne me remerciez pas).
En général, quand on est « fils/fille de » et que l’on a quelque velléité d’écriture, on ne met pas bien longtemps à se faire publier. C’est le cas, entre autres, de la bien-nommée Mazarine Pingeot, progéniture longtemps cachée de François Mitterand, qui commet régulièrement des petits romans inoffensifs mettant en joie son éditeur , non pas leur qualité mais par leurs chiffres de vente tout à fait raisonnables.
Serait-il possible de vendre encore plus ? Bien sûr, en couplant un nom connu avec un fait divers récent, en l’occurrence l’affaire Courjault, du nom de cette brave femme qui a cru bon de mettre ses bébés au frais dans le congélateur.
On notera la réactivité tout à fait hors norme de Mazarine pour s’emparer de cette histoire et en tirer une fiction. En quelques mois, le manuscrit était bouclé : c’est ce qu’on appelle avoir de l’inspiration.
Cela dit, c’est son droit le plus strict, d’autant que, d’après les quelques personnes « autorisées » qui ont lu la chose, de nombreux éléments s’écartent de la trame originale.
Mais pour que la manœuvre soit finalement vraiment rentable, il est nécessaire de créer la polémique, voire dans le meilleur des cas un petit scandale. Ca, c’est le rôle de l’éditeur et de son service communication, qui vont s’ingénier à semer le doute sur la filiation réelle ou supposée entre la réalité et la fiction. Par exemple, dans l’argumentaire envoyé récemment aux journalistes, on trouve en conclusion cette phrase : « Fiction ou fait divers ? Pari risqué, pari réussi ».
Ensuite, il n’y plus qu’à attendre que le petit landernau littéraire se mette en branle, puis que la nouvelle se propage auprès du grand public, et qu’in fine les personnes concernées par ce fait divers réagissent par voie de presse, finissant ainsi par lui octroyer un caractère exceptionnel qu'il était loin de mériter.  
C’est aujourd’hui chose faite, avec le lancement d’une pétition initiée par la famille Courjault, qui entend s’opposer à la publication du roman, prévue le 20 août. Et l’on parle déjà de procès, qui si tout va bien devrait se dérouler bien après la sortie du livre…
En littérature, plus un roman est attaqué et plus il se vend, et ce faisant, les Courjault - innocents engrenages de la machine à faire du bruit pour rien - ne réalisent sans doute pas qu’ils sont les meilleurs propagandistes de Julliard, auquel ils font –cerise sur le gâteau –économiser une coquette somme d’argent en campagne publicitaire.
Mais gageons que ce petit pactole habilement épargné servira à subventionner la découverte de nouveaux auteurs…

 
Mazarine a-t-elle envoyé son premier roman
 par laposte ou l'a-t-elle déposé à l'accueil 
pour économiser les frais de timbre ?

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 16:12
Loin de moi l’idée de faire la publicité de qui que ce soit mais je dois aujourd’hui parler d’un site qui va sans doute ravir tous les écrivains dont le lectorat avoisine le zéro. Et qui va peut-être éviter à certaines personnes parmi les plus ingénues de se faire soutirer un bon gros paquet d’euros par quelque éditeur-faisan.
Hormis son appellation qui prête à rire, le site Lulu.com possède la particularité d’offrir un service d’édition qui n’assure que le strict minimum, mais qui s’en acquitte sans entourloupe, et ça c’est la grande nouveauté.
En gros, vous mettez votre document en page puis vous transmettez le fichier doc ou pdf au site qui se charge de l’imprimer et de vous l’envoyer. C’est tout. Si votre texte est bourré de fautes, tant pis pour vous.
Les avantages : pas de contrats stupides à signer (vous restez propriétaire des droits de vos chefs d’œuvres), pas d’avance (les exemplaires sont imprimés à la demande).
Je n’ai pas pu encore le constater par moi-même, mais le travail fourni semble correct, même si le papier est franchement trop blanc pour nos yeux habitués aux nuances ivoire de l’édition française
A titre d’exemple, un livre de 150 pages vous coûtera, port compris, un peu plus de 7 euros.
Vous pouvez par ailleurs créer en ligne votre « vitrine » ou seront exposés et mis en vente vos romans ou autres.
Pour ceux qui pensent que l’on va s’arracher leur production, vous pouvez également augmenter le prix de vente de afin de réaliser un bénéfice sur chaque exemplaire. Réfléchissez toutefois avant de démissionner de votre travail dans le but de vous investir corps et âme dans votre nouveau métier de romancier.
Le site compte à ce jour plus de 800 000 membres (ça en fait des écrivains en devenir !) mais le nombre moyen d’impression par livre se limite à deux… (L’auteur lui-même et sa grand-mère ?). Mais foin de moquerie : quoiqu’il en soit, la solution ravira sans doute ceux dont le rêve est de voir leur nom imprimé sur une jaquette, mais qui pour ce faire refuse de manger des pâtes à l’eau pendant un an.
 
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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 18:51

Après les conseils d'Hemingway, voici ceux de Stéphane Lavaut qui, s'ils ne sont pas tout à fait aussi célébres, n'en sont pas moins pertinents. Voici donc ces conseils , accompagnés du mail d'introduction que nous avons reçu.

 

Bonjour,

Je viens de lire les 10 conseils d’Hemingway pour être un grand écrivain.

Fort de ma longue expérience littéraire ( j’ai déjà écrit une nouvelle et commencé sept romans dont l’un dépasse tout de même les 42 pages), je me propose de rajouter les cinq qui ont fait de moi ce que je suis. Je suis persuadé que vous en saisirez toute la pertinence.

 

Salutation,

Stéphane Lavaud

  

1 : Ne rien lire d’autre que sa propre prose.

En effet, pourquoi lire l’œuvre d’un autre alors que si l’éditeur a préféré le publier plutôt que vous, c’est qu’il a mauvais goût.  Et puis pourquoi donner de l’argent à des inconnus alors qu’eux, ne vous jamais verseront un centime ? A l’extrême limite, si vous désirez absolument le dernier livre de Machin, volez-le.

 

2 : Ne faire lire votre œuvre qu’à des gens susceptibles de l’apprécier

Dites-vous bien une chose : toute remarque négative de la part d’un tiers quant à la qualité de votre manuscrit ne peut signifier que trois choses :

a : qu’il ne vous aime pas

b: qu’il vous jalouse

c : qu’il vous en veut.

Ne perdez pas votre temps à essayer d’illuminer la conscience de ces béotiens. Faites plutôt lire votre œuvre à des gens dignes de confiance ; Un ami qui vous doit de l’argent, vos gamins à l’approche de Noël, l’un de vos subordonnés à qui vous avez promis une promotion, un éditeur qui publie à compte d’auteur , etc…

 

3 : Piller

Pourquoi vous casser la tête – ainsi que votre dos - à pondre 300 pages alors que d’autres l’on déjà fait? Servez-vous. Prenez un paragraphe  de « Notre -Dame de Paris », un autre de Stephen King, deux, trois phrases piochées dans du Tolstoï ou du San-Antonio, remuer bien, changez Esmeralda pour Britney, l’invasion des larves sanguinaires venues de l’espace par la rougeole de petit dernier, Situez l’action dans une cité HLM à Sarcelles plutôt que dans les steppes de Sibérie et transformer votre flic érotomane en un plombier astigmate. Et voila. Non seulement, vous aurez écrit un livre en un minimum de temps mais de plus, vu que tout ce que vous avez recopié a déjà été publié, personne ne pourra dire que c’est impubliable.

 

4 : Harceler les éditeurs

Tout écrivain amateur ou confirmé (A part peut-être Marc Levy ou Bernard Werber), sait que les éditeurs sont des démons aux cœurs d’une noirceur abyssale, qu’ils savent à peine lire, sont âpres aux gains et n’ont aucune sensibilité artistique. C’est pourquoi, il n’y a aucune hésitation à avoir. Harcelez- les.

Une fois l’œuvre de votre vie envoyée, (quelquefois même avant),  appelez-les. Biens sûr, ils  prétexteront que votre appel est inutile mais faites en fie. N’oubliez pas, ce sont des fourbes. Ensuite rappelez les régulièrement. En général, une dizaine de fois par jour suffit mais une fois toutes les demies heures peut être un plus. Si vous arrivez à obtenir le numéro personnel du Directeur de Publication, c’est encore mieux. Rien de tel qu’un coup de fil à trois heures du matin pour raviver votre image dans sa mémoire.

Bombarder leurs messageries de mails. Avec un simple copier/ coller vous êtes en mesure d’envoyer 19 mails/minute.

N’hésitez pas à leur envoyez du courrier. Alternez le chaud et le froid. Tantôt une lettre d’admiration, tantôt une de menaces ou d’insultes, une boite de chocolat ou une douille de 357 magnum, du parfum pour leur femmes, une fiole de cyanure, etc.

Attention toutefois à ne pas trop en faire. Un éditeur qui se terre au fin fond de l’Amazonie où dans une maison de repos ne vous servira à rien. 

 

5 :  Prenez-vous au sérieux

Chassez le doute de votre esprit. C’est bien vous l’Ecrivain du siècle. Le fait que vous n’ayez pas encore reçu le prix Nobel de littérature n’est dû qu’à un complot organisé  par une société secrète aux mains d’une dizaine d’écrivaillons à succès, ou à une erreur de la poste. Vous êtes un génie. Comportez vous comme tel.

Donnez des conseils à tout le monde mais n’en acceptez aucun. Parlez le plus souvent possible de vous, de ce que vous faites mais toujours en prenant l’air sombre et mystérieux du poète maudit. Méprisez les vulgaires, adulez les puissants. Expliquez à votre entourage d’un air exaspéré que la création exige un minimum de confort et qu’ils doivent  tout faire pour vous le procurer. D’une manière générale, ayez un caractère épouvantable. Vous en avez mérité le droit.

 

 

           Un dernier conseil s’est imposé à moi alors que j’écrivais ce mail :

           - Ayez des enfants en bas âge.

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