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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 15:55

Je reprends donc mon analyse, là où je l’avais laissée.

 

J'me balade dans les grandes surfaces
J'ai pas assez mais faut payer

Soit un Damien Saez se baladant dans une grande surface. Pris d’une soudaine fringale, il s’empare d’un paquet de barquettes « Trois châtons » et d’une canette de Coca-cola « Zéro », pour un total de 2,20 euros. Sachant que notre imprévoyant chanteur ne possède en tout et pour tout au fond de ses poches que 95 centimes d’euros, pourra-t-il franchir les caisses sans provoquer le courroux  des vigiles ? Sa détermination à payer – et ce malgré un manque de liquidité avéré -suffira-t-elle à amadouer les cerbères à la solde de la grande distribution ? Vous argumenterez vos réponses, et poserez les opérations qui vous auront menées à votre conclusion.


Je cours au gré des accessoires
Et des conneries illimitées

Si, au hasard d’une de vos pérégrinations en grande surface, vous tombez sur un type courant à perdre haleine au rayon « Conneries illimitées », ne vous inquiétez pas davantage, il s’agit tout simplement de Damien Saez qui fait ses courses. Si vous êtes d’un naturel bienveillant, vous pouvez éventuellement lui refiler en douce quelques centimes d’euros afin qu’il puisse enfin assouvir son envie de barquettes trois chatons sans risquer la correctionnelle. Mais il n’est pas certain qu’il accepte votre aumône : Damien est un rebelle.


Les gens parlent mal les gens sont cons

Là encore, ma grand-mère aurait été en parfaite communion d’esprit avec notre poète, du moins en ce qui concerne la première partie de son assertion. Pour ce qui est de la seconde, elle se serait probablement abstenue, de peur de se retrouver en flagrant délit de contradiction avec la première. Mais ma grand-mère n’a jamais rien compris à la poésie.

Cela dit, Damien se montre très courageux, car « les gens », ça fait tout de même beaucoup de monde si on y réfléchit bien. D’autant qu’à la réflexion,  il semblerait, selon toute logique, que ce vaste groupe d’individus englobe de fait tous les fans de Damien. Et même…même… NON !!!!


Au moins tout aussi con que moi

SI !!!! Damien en personne ! Non seulement notre irascible ménestrel  se positionne ouvertement dans le camp des cons, mais en plus, il se place à leur tête, en se définissant, dans une sorte d’éclair de lucidité autocritique, comme leur mètre-étalon à tous. Toutefois, dans un accès de pudeur et de modestie mélangées, il ne s’autorise pas à s’en proclamer le roi.


A se faire mettre à s'faire baiser

Je connais mon Damien, quand il commence à utiliser un langage cru faisant explicitement référence au sexe, c’est qu’il est très en colère


Sûr à s'faire enfanter
Des bébés par des hologrammes

On comprend mieux son irritation : il est bien gentil, cet hologramme, mais est-ce lui qui va payer les frais d’accouchement ? (Rappelons que Damien n’a que 95 centimes d’euro en poche).


Des mots d'amour par satellite

Une fois j’ai reçu un mot d’amour par satellite, mais après vérification je me suis rendu compte qu’il s’agissait de Raël me proposant d’entrer dans sa secte moyennant une ponction mensuelle de 99% de mon salaire. J’ai refusé, il parait que la cantine n’est pas terrible, et les chambres sont sales.


Mais ces connards ils savent pas lire

Souvenez-vous : les gens sont cons. Or les connards ne savent pas lire. Donc les gens ne savent pas lire. Damien étant un gens, il ne sait pas lire. Et s’il ne sait pas lire, il ne sait pas écrire non plus. Mais ça, on l’avait déjà compris depuis longtemps.


Ils savent même pas se nourrir
Des OGM dans les biberons
Ouais c'est tant mieux ça fera moins con
Quand ils crèveront en mutation
Des grippes porcines sur des cochons

Damien met ici le doigt (ou toute autre partie un tant soit peu oblongue de son anatomie) sur un sujet important : la mal bouffe. Tel un Jean-Pierre Coffe sous cocaïne, il dénonce avec rage l’enchaînement macabre qui nous conduit tous au néant en passant par d’abominables souffrances : au début, inconscient qu’on est, on met des OGM dans notre biberon, et on se retrouve quelque temps plus tard avec une bonne grippe porcine de derrière les fagots. Pour ma part, une telle perspective me glace les sangs, et me donne envie d’arrêter le biberon dès aujourd’hui. . Heureusement, Damien panse nos plaies par anticipation en nous assurant que le moment venu, « ça fera moins con ». Bon, je n’ai pas tout compris, mais peut importe après tout : il ne faut jamais cracher sur une occasion de faire moins con, surtout lorsque c’est Damien qui propose.

 

Oh non l'homme descend pas du singe
Il descend plutôt du mouton
Oh non l'homme descend pas du singe
Il descend plutôt du mouton

Oui, vous avez bien lu (ne dites pas le contraire, ça serait vraiment faire preuve de mauvaise volonté vu que c’est écrit deux fois). Damien glisse négligemment au détour de sa chanson une révélation qui va révolutionner toute l’histoire de l’humanité, pas moins. Fruit de longues années de recherches en laboratoire, notre chanteur est en mesure de nous révéler les véritables origines de l’homme. Et soudain, la vérité nous apparaît, aveuglante dans toute son éclatante évidence : Les preuves d’un coup se bousculent, innombrables : Ne dit-on pas : frisé comme un mouton ? Et n’a-t-on pas, tout comme nos ancêtres bovidés, des ongles ? Ne nous exclamons-nous pas face à une évidence par trop avérée : « Bééééé oui ! » ?

 

Il parait qu'il faut virer les profs

Oui, pourquoi ça serait toujours aux élèves de se faire virer ?


Et puis les travailleurs sociaux
Les fonctionnaires qui servent à rien
Les infirmières à 1000 euros
Faut qu'ça rapporte aux actionnaires
La santé et les hôpitaux

Damien président !


Va t'faire soigner en Angleterre
Va voir la gueule de leur métro

Et pour ma part j’ajouterai : va te faire soigner dans le métro en Angleterre, et là, tu vas comprendre.


Faut qu'on se fasse une raison
On a loupé nos transactions

Là, j’avoue encore que, malgré trois nuits de chatroulette intensif (et une rencontre avec un Darth Vador exhibitionniste affublé d’un sabre laser incrusté à même le corps),  je n’ai pas bien compris le sens de ces vers.


On s'est laissé prendre le cul
Par nos besoins nos religions

Là, éventuellement, on pourrait probablement trouver un début de sens, s’il n’y avait la présence de ce « cul », sans doute là pour assurer la rime avec « religion ».


Il faut foutre les portables aux chiottes
Et des coups d'pioche dans la télé

Oui, mais pas tous en même temps, sinon ça va tout boucher, et alors là on sera drôlement embêté, vu qu’on pourra même plus appeler le plombier. Pour la télé, vu que tout le monde ne dispose pas d’une pioche à portée de main, pourquoi ne pas la casser en lui donnant de violent coup de portable ? On ferait ainsi d’une pierre deux coups, et on éviterait les problèmes de canalisation.


Faut mettre les menottes
A chaque présentateur du JT

C’est une belle idée, mais qui reste hélas symbolique, vu qu’aujourd’hui, les présentateurs du JT ne tournent plus les pages avec leurs mains, ils ont un prompteur. Cela dit, vu qu’une ligne plus haut on  a tous cassé nos télés, les présentateurs peuvent bien présenter leur journal avec un cabillaud coincé entre les fesses, on s’en fiche pas mal.

 

J'accuse !
Au mégaphone dans l'assemblée
J'accuse ! J'accuse ! J'accuse !
Au mégaphone dans l'assemblée

Donc Damien accuse, mais pas n’importe où : dans un endroit hautement stratégique, là où il faut si bon vivre, le mercredi après-midi, après un bon gueuleton bien arrosé, lorsque l’esprit de nos députés s’avachit mollement entre les vapeurs d’alcool et les remugles d’entrecôte sauce marchand de vin.

Dommage, si je n’avais pas tout récemment cassé ma télé à coup de portable, j’aurai guetté son apparition sur la Chaine parlementaire.

 

 

 "J'accuse", c'est "l'homme pressé" de Noir désir en moins bien avec

des paroles pourries chantées par une chèvre qui aurait le nez bouché"

Un fan

 

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Published by Aloysius Chabossot - dans Le coin du musicologue
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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 15:04

Que m’apprend-t-on ?

 Damien Saez vient de sortir un nouvel album ? Enfin ! Le messie est revenu, et avec lui son lot de bonnes paroles caustiques et poétiques.

Avec une fébrilité difficilement contrôlable, je bondis sur mon clavier et pars à la recherche du tout dernier message adressé aux foules incultes par le plus grand visionnaire de tous les temps après Didier Barbelivien. A peine la requête lancée, l’écran de mon PC se couvre de réponses du genre « Damien Saez : découvrez son nouveau clip » (Waow !) ou « Damien Saez : premier extrait de son nouvel album, j’accuse »  J’accuse ? Ca n’a pas déjà été pris par Zola, ça ? Oui, mais là, attention, c’est quand même d’une autre trempe. Réalise un peu, me dis-je, c’est DAMIEN SAEZ  qui accuse, et pas  un vulgaire petit scribouillard du XIXe siècle en mal de reconnaissance. Tu sens la différence ? (me dis-je toujours).

Oui, je la sens bien.

Donc, Damien accuse, et je peux vous dire que ça fait très, très mal. Mais bon, puisque ses paroles, de par leur complexité symbolique et leur incomparable richesse lexicale, sont loin d'ête à la portée du commun des mortels, et puisque, par ailleurs, vous êtes cons (ce n’est pas moi qui le dis, c’est Damien, dans sa chanson, alors commencez pas !)  tout cela mérite une petite explication de texte afin de profiter dans les meilleures conditions de toute la puissance subversive de son message.

Cette analyse, ami, m’a demandé des semaines de travail, de longues après-midi à la bibliothèque de Beaubourg (plus précisément  juste en face, au Starbucks coffee), a entraîné des nuits entières d’insomnies (que j’ai passées sur chatroulette pour tuer le temps).  J'attends donc en retour un minimum de respect.

Merci.

 

J’accuse

Faut du gasoil dans la bagnole

Ah ! Dès le premier vers je retrouve mon Damien, avec son bon sens issus du terroir solidement chevillé au corps. C’est tout bête, mais à force de le vivre quotidiennement, on finirait presque par l’oublier : pour qu’une voiture fasse ce pour quoi elle a été conçue (c'est-à-dire rouler), il faut mettre du carburant dans son réservoir.


La carte bleue dans la chatte

J’avoue que ce vers m’a valu ma première nuit d’insomnie (et une rencontre avec un ours priapique sur chatroulette). Une carte bleue, on voit bien ce que c’est, mais en ce qui concerne  la chatte, deux explications s’offrent à notre sagacité. Une chatte, cela peut-être la femelle de cet animal domestique bien connu, de l'ordre des carnassiers digitigrades, qui squatte les fauteuils les mieux rembourrés dans les appartements de petites mamies acariâtres. Or il découle d’une observation attentive de l’un de ces spécimens qu’aucune ouverture n’a été prévue sur l’ensemble de sa physionomie pour recevoir une carte bleue (sauf à considérer qu’une carte bleue pourrait prendre la forme d’un suppositoire). Nous voilà donc contraint de porter notre attention sur le deuxième sens du mot : chatte, sexe de la femme. Et là, force est de constater que si la configuration des lieux se porte plus à l’introduction d’une carte bleue, l’action n’en sera pas moins entachée de caducité, dans la mesure où rien n’a été prévu pour taper son code secret. Je me vois donc dans l’obligation d’avouer que la signification de ce vers, malgré mes efforts, reste obscure.


Faut de la dinde pour noël

C’est vrai, la dinde à Noël, c’est sympa, mais un peu bourratif toutefois. Du reste, ce n’est pas une nécessité absolue, et il n’est pas interdit d’innover un peu  afin de sortir des sentiers battus de cette sacro-sainte fête familiale aux conventions ultracodées : pourquoi ne pas tenter les ris de veaux fourrés au foie gras ?

 

Faut bronzer pendant les vacances

C’est préférable, sinon à quoi bon partir en vacances ? Encore qu’aujourd’hui, avec toutes ces séances d’UV proposées à prix cassé, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver, entre l’honnête vacancier et le vil tricheur. Et les choses se complexifient encore un peu si l’on songe à ces gens partant  3 semaines à Ploumenec et qui reviennent blanc comme des éviers. Nous vivons une époque où la confusion est reine, Damien l’a bien compris. 


Faut du forfait faut du forfait
Pour oublier la solitude

Il est vrai qu’une fois arrivé sur les pistes de ski, après 45 mn de navette et qu’on réalise qu’on a oublié le forfait au châlet, on se sent bien seul.


Faut des gonzesses à la télé

Il est effectivement tout à fait impératif que l’espèce féminine, qui compte un nombre non négligeable de spécimen reparti sur l’ensemble de la planète, soit équitablement représentée sur les chaînes de télé, y compris la TNT. Et si possible en maillot de bain.


Ouais faut des pilules pour bander

Cela peut, dans certains cas, s’avérer utile. A noter cependant qu’en se concentrant très fort, on peut parfois arriver à des résultats encourageants sans aucune aide médicamenteuse.


Faut du gazon dans les tabacs

Deuxième nuit d’insomnie…  Impossible d’identifier l’origine de cette revendication. J’ai eu beau organiser une dizaine de radio-trottoirs, personne n’a jamais émis le souhait de voir pousser du gazon dans les bureaux de tabac. Remarquez que cela pourrait être joli, mais nécessiterait beaucoup d’entretien pour un résultat somme toute insignifiant.


Il faudrait arrêter d'fumer

Je sais, Damien, je sais. Eh bien, tiens, je te fais une promesse : j’arrêterai de fumer lorsqu’il y aura du gazon dans les bureaux de tabac.


La salle de sport sur des machines

Je pense qu’il s’agit là d’une licence poétique, car en général, les machines, genre tapis roulant et vélo qui n’avance pas, sont DANS les salles de sports, et non pas SUR.


Faut s'essouffler faut s'entraîner

Je suis bien d’accord, ça ne peut pas faire de mal.


Faut marcher dans les clous

Là, par contre, je dis non, et tous ceux qui, une fois dans leur vie, auront  par coupable inadvertance marché dans des clous, seront d’accord avec moi.


Faut pas boire au volant

Ce vers a été écrit par Monsieur Raoul Deligneux, vainqueur d’un grand concours de slogan organisé par le Prévention Routière en 2009. Le règlement stipulait que « le gagnant verrait son slogan figurer en bonne place dans une chanson de Damien Saez ». Pour la petite histoire, ils avaient pensé au départ à Miossec, mais en se rendant à la signature du contrat,  il a été contrôlé à 3,5 g par la gendarmerie. Quoi qu’il en soit : Bravo, Raoul Deligneux !


Faut dépenser les ptits sous

En achetant le Cd de Damien pas exemple. Non, je plaisante.

 

Faut du réseau pour les enfants

Vous savez comment sont les enfants d’aujourd’hui : sans une bonne connexion internet, ils sont perdus.


Faut ressembler à des guignols

Je me souviens, ma grand-mère me disait ça quand j’avais 16 ans, et que mes goûts vestimentaires étalaient à la face congestionnée du monde petit-bourgeois toute la violence et la révolte qui grondaient au sein de mes jeunes entrailles : « Ben dis, tu ressembles à un vrai guignol, là-dedans, c’est-y pas malheureux tout de même ! ». Ma grand-mère aurait été d’accord avec Damien.


Faut que tu passes à la télé
Pour rentrer dans les farandoles
De ceux qui ont le blé

Ce n’est pas toujours nécessaire. Je me souviens d’une fois, c’était à une fête de la moisson dans la Haute Nièvre, et sur la place du village une grande farandole caracolait entre les différents stands d’art africains et de dégustation de tartiflette tout en chantant « C’est nous qu’avions le blé, c’est nous qu’avions le bon blé, ho là ! ». Eh bien je n’ai eu aucune difficulté à me faire accepter dans la ronde, alors que, notez bien, je n’étais jamais passé à la télé. Bon, c’est peut-être un exemple trop personnel pour être vraiment valable.

 

A suivre...

 

damien16

Damien accuse les fabriquants de sangles de guitare

 

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Published by Aloysius Chabossot - dans Le coin du musicologue
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 16:18
Il s'agit d'un texte inachevé rédigé par Théophraste Chabossot une nuit d'illumination.
Cela n'a rien à voir, une nouvelle fois, avec la littérature.


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Published by Aloysius Chabossot - dans Le coin du musicologue
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 09:44
En hommage au King de la Pop, la rediffusion de l'une de ces plus célèbres prestations.
Pour ceux qui pensent connaître, cliquez tout de même sur "lecture".



Incontestablement, tout cela n'est pas du meilleur goût, mais à vrai dire, et pour en rajouter une couche, je m'en tamponne le coquillard. Cette vidéo me fait rire presqu'autant que le chat qui joue du bontempi
Et c'est le plus important !

Mais... mais... (allez-vous me dire) quel rapport avec la littérature ?

Aucun !



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Published by Aloysius Chabossot - dans Le coin du musicologue
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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 10:08
Vous êtes des milliers chaque jour à me demander de réintégrer sur ce blog deux chansons qui avaient fait il y a quelques mois de cela une rapide apparition dans le "Blog-it Express".
Ayant reçu, au milieu des supplications quelques menaces de morts, et n'étant pas d'un naturel très courageux, j'ai donc décidé d'accéder à la demande générale.



Nous avons tout d'abord Jean Dupont avec "Titi reviens".
Qui est Jean Dupont ? J'ai tenté de mener ma petite enquête, et je suis allé sur les pages blanches. Il en existe 37 à Paris. Peut-être que notre Jean est un de ceux-là ? Peut-être qu'il s'agit d'un pseudo ? ("Jean Dupont" est l'exemple de recherche donné par les pages blanches...). Bref, le mystère reste entier...
En attendant, il reste son chef-d'oeuvre, "Titi reviens" charge virulente et acide contre la société de consommation qui marquera d'une pierre blanche la chanson française dès que tout le monde l'aura au moins entendue une fois.





Ensuite, Urbanus, jeune belge barbu, nous propose une balade buccolique avec sa fiancée, qui finira hélas tragiquement (la balade et la fiancée). En ce qui concerne l'accompagnement musical, on est dans la lignée des grands slows de l'été haut-de-gamme, comme "Hôtel California", "Capri, c'est fini" ou "les roses blanches".


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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 11:46

Je fais partie de ceux qui pensent (nous sommes 47) qu’il existe une chanson adaptée à chaque occasion de la vie,  que cette  occasion soit triste ou gaie. Et lorsque nous écoutons cette chanson, au hasard d’une programmation radiophonique ou dans un supermarché de banlieue, elle contribue comme par magie à regonfler d’espoir notre petit cœur d’enfant (ou à le gonfler encore plus, c’est selon). Pour ne vous citer qu’un exemple, il m’est arrivé une fois, il y a bien longtemps, de perdre sur une plage du sud de la France une bonne amie prénommée Aline (en fait, je m’étais endormi sous le parasol et lorsque je me suis réveillé, elle n’était plus là. J’ai appris, mais bien plus tard, qu’elle était partie prendre des leçons de natation avec un de ces gommeux bodybuildés et imberbes qui se font pompeusement appeler « maître-nageur ». Le plus étonnant dans cette histoire est qu’elle se piquait d’être vice championne de la Creuse en 400 mètres nage libre. J’ai parfois du mal à suivre la logique féminine).
Inquiet, je pars bien évidemment à sa recherche, et bientôt ma quête me mène devant la pizzéria-friterie de la plage, plaisamment nommée « Chez Luigi », au moment précis où le juke-box qui équipait cet endroit se met à jouer « Aline », du grand chanteur néo-romantique Christophe. Là, pétrifié par l’émotion, je reste, les bras ballants, les pieds tremblotant dans le sable, à écouter les paroles, tandis qu’un caniche abricot, ayant probablement confondu mon mollet avec un réverbère, entreprend de se soulager sur mes tongs achetées de la veille…
Bon, je réalise que ce n’est pas un bon exemple, vu que juste après j’ai voulu me suicider en tentant de m’introduire dans le four à pizza de chez Luigi.
Je pense cependant que vous avez compris le principe.
Mais il arrive parfois que pour une occasion donnée, on soit impuissant à la trouver, cette fameuse chanson. Pourtant on sait qu’elle existe (enfin, les 46 qui pensent comme moi savent qu’elle existe). Elle est là, tapie quelque part au fond d’un garage, sous la forme désuète d’une galette de vinyle noir, ou encore pire, étalée sur une musicassette  poussiéreuse se languissant dans la boite à gants d’une Simca Gordini… Elle est peut-être là, à deux pas (mon voisin à une Simca Gordini). Mais comment le savoir ?
Et puis un jour, alors que l’on espérait plus, elle apparaît, au détour du hasard, et sa puissance évocatrice que l’outrage du temps a miraculeusement épargnée (en général c’est un vieux machin) submerge votre âme et s’empare de votre corps( surtout si la musique est entraînante).
C’est précisément ce qui m’est arrivé il y a peu.
Voilà, un jour, j’étais au téléphone depuis une petite heure avec Victoria Canard, occupé à l’entretenir de ma passion pour les renoncules (comme vous les savez, la renoncule est un genre de plante herbacée, annuelle ou vivace, de la famille des Renonculacées qui regroupe près de 1 500 espèces à travers le monde, c’est absolument fascinant) lorsque soudainement elle me raccroche au nez… Interloqué, à la limite de l’hébétude, je fixe mon combiné le regard empli d’une légitime incompréhension. Il est vrai que Victoria Canard possède son petit caractère, mais tout de même ! Pourquoi tant de haine ? Je raccroche le téléphone et me mets à tourner en rond autour de ma table de salon. « Bon sang » me dis-je à moi-même, mais pas trop fort pour ne pas me réveiller, « Bon sang, il doit exister une chanson sur le raccrochage au nez qui serait sans doute à même de m’indiquer la voie à suivre dans cette terrible épreuve… Oui, mais où ? »
Cette quête infernale, mes amis, a duré un an. Douze longs mois durant lesquels j’ai vécu un véritable calvaire : je ne mangeais pas, je ne dormais pas, je  ne regardais plus la télé, à part « Question pour un champion ». Et puis un beau jour, alors que je m’étais résolu à devenir une loque humaine (j’étais à deux doigts de m’inscrire à l’UMP), la délivrance arriva enfin, le sauveur s’appelait Frédéric Chawa. Ne me demandez pas qui est Frédéric Chawa. Eventuellement demandez-lui directement. Mais sait-il lui même qui il est ? Mais trêve de balivernes philosophantes, passons à l’essentiel.
Sur une musique dont l’apparente rusticité contribue  à magnifier le propos en lui offrant un écrin de bois brut (avec de-ci de-là quelques échardes), Frédéric Chawa venge définitivement en deux petites minutes toutes les personnes ayant été victime un jour ou l’autre d’un raccrochage au nez. Et c’est le cœur serré et les yeux révulsés par l’émotion que nous entonnons avec lui la question qui taraude chacun d’entre nous : « Mais qu’est-ce que c’est ces façons-là ? »

 

Pour écouter "Ne raccroche pas", cliquez sur ce téléphone.

 


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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 08:38

Face à la demande générale (une personne) j'ai décidé d'ouvrir une nouvelle rubrique, "le coin du musicologue". Certains diront que tout cela n'a que peu à voir avec l'écriture d'un roman. Certains auront sans doute raison. Mais certains ne sont pas obligés de lire, et peuvent passer leur chemin d'un air dédaigneux. Pour tous les autres (au moins une personne, donc) : bienvenue dans cette nouvelle rubrique !


Le 19e siècle a eu Arthur Rimbaud, les années 80 Rony Emanuel.
Rony, Belge de naissance, a commencé très tôt sa carrière, sans doute pour disparaître plus vite. Et force est de constater que, dès 1981, on perd sa trace une bonne fois pour toute. Est-il, à l’instar de son illustre prédécesseur, parti en Ethiopie revendre des armes aux autochtones, où s’est-il plus modestement reconverti dans la gérance de superette aux envions d’Anvers… Nul ne le sait.
C’est bien dommage, car « Disco laser » laissait présager d’une belle carrière. Un peu comme s’il était conscient qu’il livrait là son chant du cygne, Rony laisse sans aucune retenue éclater tous ses talents : mélodie envoûtante, paroles qui laissent entrevoir une sensibilité à fleur de peau, le tout enveloppé d’une rythmique implacable et littéralement hypnotisante.
Rony chante les déboires amoureux du laideron acnéique au cœur trop tendre qui convoite la plus belle fille de la soirée (alors qu’il aurait été plus simple, et sans doute plus efficace de convoiter un laideron acnéique de sexe féminin, cela existe). Las, la belle ne cesse de jouer l’indifférente tout en tournoyant tel un derviche sur la piste de danse illuminée. Pourtant, Rony avait sorti le grand jeu en lui proposant de lui offrir un café crème (il avait économisé la monnaie du pain spécialement pour l’occasion). Mais rien n’y fait, et Rony se retrouve seul et stupide au milieu de la piste de danse. Toutefois, contre toute attente, la demoiselle sans doute prise de remords accepte finalement de rire et de danser avec notre héros, en lui précisant cependant qu’elle ne l’aime pas. Rony, bon bougre dans le fond, semble s’en contenter, et la chanson s’achève somme toute sur une note d’optimisme bienvenue et relativement euphorisante pour tous les laiderons acnéiques au cœur trop tendre.


  Pour écouter, "Disco Laser" cliquer sur cette boule à facettes

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