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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 12:13

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 11:54
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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 19:13

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 14:15
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 13:58
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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 11:02

Installé à mon bureau depuis 8h30, je n’ai toujours pas le début de l’ombre d’une vague trame qui me permettrait enfin d’écrire la première phrase du grand roman que je porte en moi. Car c’est une certitude, il est en moi, mais je ne sais pas où précisément. Taquin, il m’accompagne dans tous mes déplacements, mais se refuse à montrer le bout de son nez. Par exemple, ce matin dans la cuisine, il était là quand j’ai préparé mon cacao. Et quand je suis retourné m’asseoir, il était toujours là, naviguant probablement entre mes pieds et le sommet de mon crâne. Si seulement Dame Inspiration pouvait me rendre visite, ce serait tout de suite plus facile pour le débusquer. Mais elle doit sans doute à l’heure qu’il est se tartiner d’huile d’olive pure sur une quelconque plage de la Costa Brava Tout cela est décidemment très énervant D’ailleurs, je m’énerve: je lève les bras et je crie :

« Où es-tu, Dame Inspiration ? »

.Pour toute réponse, on toque à la porte du bas. J’ose à peine y croire… Serait-ce Elle ? Je me penche à la fenêtre de mon bureau et j’aperçois en contrebas l’espèce de salade grisâtre qui tient lieu de chevelure à Madame Caillaux.

L’effet est saisissant.

Avec son index recroquevillé, elle toque une nouvelle fois :

« Monsieur Chabossot ? Vous êtes là ? ».

Je me retranche précipitamment de ma position comme un Bernard-l’Hermite effrayé par un mérou et, le dos collé au mur, hors de vue de qui que ce soit dans cet univers et ses alentours proches, je retiens ma respiration.

« Monsieur Chabossot ? J’ai croisé votre frère qui m'a affirmé que vous étiez chez vous… Je suis à deux doigts d’être inquiète, sachez-le ».

Je décide de descendre lorsqu’elle remplace son index recroquevillé par la crosse de son parapluie.

En désespoir de cause, je la reçois dans la cuisine tout en me tamponnant l’œil gauche avec un gant de toilette humide (le dernier coup de parapluie a hélas raté sa cible initiale). Sous prétexte qu’elle a été durant les années 50 trésorière de la section locale de la Croix Rouge, elle insiste pour s’occuper de mon œil endolori, mais je refuse avec la dernière énergie, et lui accorde 5 minutes, pas plus, pour m’exposer son problème.

- Voilà, Monsieur Chabossot, c’est rapport à mon roman. Vous vous souvenez sans doute que mes héros doivent se rendre sur la planète Colthègor, située non loin de Neptune

- Cela fait partie des choses que l’on n’oublie pas, Madame Caillaux.

- Vous vous souvenez également que la fusée qu’ils empruntent fonctionne au butane. Aussi, je me demandais, combien de temps sera nécessaire pour atteindre Colthègor, sachant d’une part qu’il y a 4 millions et 650 milles kilomètres entre la terre et Neptune, et d’autre part que le butane n’est pas nécessairement le carburant le plus performant pour ce genre d’entreprise ?

Tout en la guidant habilement vers la porte de sortie, je lui conseille de changer soit de planète, soit de moyen de transport car dans l’état actuel des choses, ses héros seront tous réduits en cendres avant même d’avoir posé le pied sur Colthégor, ce qui serait – j’ajoute - fort préjudiciable, non seulement pour eux, mais aussi pour l’histoire de la littérature à venir.

Sur ces quelques mots affables,je tente de refermer la porte derrière Madame Caillaux  mais la bougresse qui n’est pas née de la dernière pluie , a plus d’un tour dans son sac, et en tant que vieux singe, ce n’est pas à elle qu’on va apprendre à faire des grimaces : elle coince son pied dans l'entrebâillement et continue de pérorer.

« Que pensez-vous du méthanol ? Ou de l’hydrogène liquide, plutôt ? En tout cas, pas de gas-oil, au prix où il est ! »

Mon regard, plus précisément la moitié de mon regard, se perd dans l'horizon lointain constitué essentiellement de pavillons de banlieue en meulière ou briquettes rouges. C'est là que j'aperçois la masse imposante de Théophraste qui ondule sur le trottoir, les bras chargés d'un volumineux carton. Il finit par arriver devant le perron, tout essoufflé, rougeaux et brillant de sueur, un sourire de satisfaction béate accroché à ses grosses lèvres caoutchouteuses.

"Je te présente Romuald "dit-il en soulevant le couvercle du carton avec des airs de conspirateur d'opérette. Le susmentionné Romuald, une sorte de rat géant à tête de castor dégénéré, tout à fait répugnant dans son ensemble, s'extirpe de sa prison comme un diable de sa boîte et entreprend aussitôt de labourer le jardin en effectuant des huit dans tous les sens.

- Il est mignon, n'est-ce pas ? me dit Théophraste en me regardant avec cette expression stupide qu'arborent les pères dans les maternités. Madame Caillaux qui depuis l'exhibition du curieux animal est restée muette, décide enfin de s'exprimer. Elle hurle tout d'abord puis prend ses petites jambes malingres à son cou décharné, direction le portail. Ignorant superbement l'effroi de la veille femme, Théophraste n'a d'yeux que pour son nouvel ami : "Romuald ! Romuald ! Viens ici mon pépère!" Le monstre, tout a son travail de destruction, semble tout à fait sourd aux injonctions de son maître.

"C'est normal, précise mon frère d'un ton docte, il n'est pas encore habitué à son prénom".

Je préfère m'abstenir de tout commentaire, retourne dans mon bureau et m'assois devant ma feuille toujours aussi immaculée. Encore une journée de fichue, j'en ai peur.

 

Là devrait se trouver une réflexion profonde sur l’existence, mais rien à faire, je ne trouve pas.

 

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 17:01

Lundi 28 juillet

 

Après une nuit agitée (les moustiques sont revenus avec la chaleur et j’ai encore oublié d’acheter une bombe. J’ai donc dû exterminer à la main les trois spécimens extrêmement pugnaces et belliqueux qui batifolaient sournoisement dans l’espace aérien de ma chambre, et ce jusqu’à une heure indue), je me léve à 8h15, puis après un bon bol de cacao, je m’installe à mon bureau dans le but d’y écrire un nouveau roman (la rentrée littéraire est pour bien tôt, et il est grand temps que je me mette au travail).

Sur les coups de 10 heures, alors que j’entame mon troisième crayon à papier (avec les dents) mon frère Théophraste passe sa grosse tête molle d’indigent intellectuel par l’entrebâillement de la porte. Une grande ligne profonde lui barre le front, ses yeux éprouvent la plus grande peine à se fixer sur un point précis : il est manifestement soucieux.

-         Aloysius, je suis allé sur les statistiques du blog tout à l’heure. Les chiffres sont alarmants. Les internautes quittent le navire et pour te dire les choses crûment, on n’est pas loin du naufrage. Et les recettes publicitaires vont suivre le même chemin, fatalement. Il faut se ressaisir, Aloysius, mettre des photos d’Amélie Nothomb ou de Marguerite Yourcenar nues, trouver un truc pour remonter la pente sinon on fonce droit dans le mur !

Je l’interromps d’un signe de la main et l’informe dans la foulée que le blog ne contient plus aucune publicité depuis des mois, en conséquence de quoi il est devenu bien illusoire d’en attendre un quelconque revenu. La tête toujours coincée dans l’entrebâillement de la porte, il digère lentement la nouvelle. Le silence s’installe à nouveau, je peux enfin reprendre le machouillage de mon crayon, mais la trêve s’avère de courte durée.

-         Aloysius…

-         Quoi encore ?

-         Si on achetait un petit animal de compagnie ? Je m’ennuie ici, et ça m’occuperait bien de remplir sa gamelle et de caresser son doux pelage, ou son plumage, je ne sais pas encore. Et puis je lui enseignerai des tours et si j’ai le courage je lui apprendrai à parler et les télévisions japonaises feraient la queue devant le pavillon pour le filmer et je…

-         Fais ce que tu veux, mais fiche moi la paix, j’ai un roman à écrire.

La porte se referme aussitôt, mais il est trop tard, l’apparition inopinée de mon frère a eu raison de ma concentration. De rage je jette mon crayon à moitié mâché dans la corbeille à papier et décide pour me calmer un peu d’aller acheter une livre de carottes chez M. Evrard, l’épicier.

En chemin, je tombe sur Mme Caillaux, qui a entreprit il y a quelques années d’écrire un roman de science fiction. Cette opulente épopée, prévue en plusieurs volumes a pour objectif de raconter les aventures d’une poignée de pionniers embarquées dans une fusée carburant au butane en partance pour Cothégor, une planète de couleur lie de vin issue de l’imagination détraquée de Mme Caillaux et située juste à droite de Neptune. Pour l’instant, sa bande d’aventuriers remplit les formalités d’aéroport. Il faut dire qu’elle n’en n’est qu’à la page 4. Peu importe. Ce qui m’importe en revanche, c’est que Mme  Caillaux ne cesse de me demander des conseils sur la marche à suivre pour mener à bien sa mission, qui n’est pas de rejoindre Colthégor mais de pondre ses ineptes billevesées manuscrites. Détail aggravant : les effrayantes œillades de diplodocus énamouré qu’elle me lance en me parlant de son projet. Pris au dépourvu, je mime une extinction de voix et rentre chez moi à toutes jambes, sans avoir acheté mes carottes.

 

Là devrait se trouver une réflexion profonde sur l’existence, mais je n’ai rien trouvé qui n’est déjà été dit, et de manière bien plus gracieuse.

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